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Approche ethnopsychiatrique du malade réanimé : Réhabiliter l'esprit dans les pratiques de soins

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par Véronique DI MERCURIO
Université Paris 8 - Master 1 Psychologie Clinique 2007
  

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Facteurs d'agression corporelle

Les soins et examens du malade en réanimation sont particulièrement douloureux, intrusifs et invalidants et produisent des effets sur le psychisme (Cf. Annexe A). Les médicaments atténuant la douleur sont peu employés car ils inhibent les fonctions vitales et perturbent la récupération.

Les zones corporelles invalidées concernent la parole, l'alimentation, la motricité, les zones intimes. Le malade se retrouve donc totalement immobilisé et dépendant pour tout ce qui concerne sa survie et ses relations. Une rééducation avec l'aide d'un kinésithérapeute débute pendant l'hospitalisation en réanimation afin d'atténuer les séquelles futures, d'activer le tonus musculaire et améliorer le sevrage ventilatoire, rééduquer les actes nécessaires de marche, de déglutition et de parole, et quand c'est possible de mobiliser le malade dans un espace plus vaste que sa chambre pour « prendre l'air » et rompre l'isolement.

Un facteur particulièrement saillant : l'intubation trachéale

Nous avons remarqué que la ventilation mécanique par intubation trachéale était particulièrement invalidante pour les malades conscients car elle les prive des capacités de communication. De plus, le sevrage à ce soutien respiratoire représentait le critère essentiel vers une amélioration. La crainte essentielle des soignants concerne le retrait par le malade lui-même du tube trachéal ou « auto extubation ». Les malades expriment souvent avec des gestes ou des regards la demande de retrait de ce tube, qui les oblige à maintenir la bouche grande ouverte, desséchée et les prive de parole et de voix. D'autre part, la ventilation mécanique est très douloureuse et oblige les malades conscients à régler les mouvements de leur diaphragme consciemment sur le rythme du respirateur. Ce moment est vécu avec un fort sentiment de violence subie, « une lutte contre soi-même ».

Tandis que les études se sont surtout focalisées sur la perte de conscience des malades et ont mis sur le même plan les différentes effractions corporelles, nous avons surtout travaillé avec des malades conscients et anxieux quant à leur autonomie respiratoire pour lesquels ce soin semble lié à la souffrance psychique extrême exprimée.

C'est donc sur le plan de la respiration que nous allons porter notre intérêt et tenter une étude des relations psychosomatiques entre la fonction respiratoire, l'agression des voies orales et le traumatisme psychique.

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Rassembler les contraires c est creer l harmonie