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Le droit à  l'intégrité physique et morale. Droit de ne pas subir la torture et autres peines ou traitements cruels, inhumains ou dégradants en RDC

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par Hippolyte LUABEYA Pacifique
Université de Kinshasa RDC - Diplôme (master) professionnel en droits de l'homme et en droit international humanitaire 2012
  

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B. Cas émanant des services d'immigration et de renseignements

1. Après avoir été débouté de sa requête tendant à obtenir le statut de réfugié politique aux Pays-Bas, M. Kinkela98 a été expulsé vers la RDC. Arrivé à Kinshasa, le 24 octobre 2003, il est aussitôt entendu sur procès-verbal par les

97 Idem

98 Pour ce cas, lire OMCT, Op-cit, p.53

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agents de la Direction générale de migration (DGM), avant d'être incarcéré et de faire l'objet de rançonnement en échange de sa libération. Dépourvu de ressources, M. Kinkela a été acheminé dans les cachots de l'Agence nationale des Renseignements (ANR), situés non loin des bureaux du Premier Ministre (actuellement occupés par le vice-Président en charge de la Commission Economique et Financière). Il y a été gardé à vue pendant quatre jours, où il a fait l'objet de vexations et d'insultes, accusé d'être rebelle, espion ou étranger. Les agents de l'ANR ont exigé de l'argent en échange de sa libération ; il a alors été obligé de vendre une partie de ses vêtements, grâce à son oncle que l'ANR avait contacté entre-temps. Le produit de cette vente lui a permis de verser soixante-dix dollars sur les deux cents cinquante exigés et ce, sans qu'aucune quittance ne lui ait été délivrée.

2. Général de brigade des FARDC, Monsieur OKITO99 fut enlevé de sa résidence sise avenue Bokasa n°44 par un peloton de la Police Militaire basée au camp Kokolo à 6 heures du matin sans mandat ni bulletin de service pour des raisons inavouées.

Il a fait l'objet de séquestration pendant neuf jours dans un des bureaux de ladite police, sans nourriture ni visite. Au dixième jour, il sera transféré à l'Auditorat Militaire de Garnison de la Gombe où il sera auditionné sous le RMP 3133/NKK/11 pour fait d'escroquerie. Il sera aussitôt transféré à la prison militaire de Ndolo avant d'être conduit à l'ANR deux semaines après.

A l'ANR, il sera également auditionné cette fois-ci sur les événements du 27 février 2011, attaque de la résidence du Chef de l'Etat, avant d'être détenu au secret et torturé durant neuf mois par ce service. Il a été présenté comme une des personnes qui auraient attaqué la résidence du chef de l'Etat.

3. Monsieur KAWAYA ZOBELE100 est un militaire des FARDC affecté à la Direction Sociale au Ministère de la défense. Il a été arrêté en date du 17 mars 2011 à son domicile sis avenue maman Yemo numéro 7 bis quartier Binza Ozone dans la commune de Ngaliema à 03 heures 20' par les éléments de la

99 Pour ce cas, lire ASADHO, Op-cit, p.8

100 Idem, p.9

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Garde Républicaine, ANR et de la PNC. Après avoir cassé la porte de sa maison, ils l'ont brutalisé avant de le conduire avec son épouse à l'ANR où il sera soumis aux actes de torture et détenu dans la cellule dénommée Guantanamo. Il a été interrogé à 23 heures par le Directeur des Renseignements au sujet de ses rapports avec ZAKO et son implication dans les événements du 27 février 2011.

Pour l'amener à avouer, ils lui feront voir les images horribles des plusieurs corps fusillés et dépiécés dans un album. En lui disant que tel était aussi le sort qui l'attendait s'il ne coopérait pas. Il a été blessé à la tête par administration d'un coup de fusil avant d'être complètement déshabillé dans le bureau du Directeur SAFARL. Ligoté, il a été arrosé abondamment avec de l'eau et contraint d'avouer qu'il était au courant de l'attaque du 27 février 2011 à la résidence du Chef de l'Etat.

4. Policier de l'unité Brigade de Garde Alpha, Monsieur KOPANI-MOKOTE101 a été arrêté en date du 10 avril 2011 vers 16 heures à l'Hôpital Maman Yemo où il se trouvait avec son épouse pour assister un de leurs enfants qui était malade, par les éléments de la PNC, de la Police Militaire et de la Garde Républicaine dont certains en civil. Ils étaient conduits par Monsieur MBEMBO.

Embarqué dans le coffre de la voiture, il sera conduit à l'ANR où il sera torturé pour dire où il cachait les armes. Pour ce faire, il a été déshabillé complètement et invité à voir les images des personnes horriblement exécutées dans un album photo. Conduit au camp Tshatshi, il sera menacé d'exécution à 03 heures du matin par le Major Arthur au cas où il ne montrait pas où il cachait les armes. Il sera également tabassé et contraint de signer sur les procès-verbaux dont il ignorait le contenu.

5. Monsieur ALLONGBANA MASSO102 est un militaire des FARDC affecté à la Force Navale, base logistique. Il a été arrêté en date du 13 avril 2011 à Boma dans la Province du Bas-Congo par les éléments de services spéciaux de la

101 Pour ce cas, lire ASADHO, Op-cit, p.10

102 Idem

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police. Ces éléments lui avaient ravi la somme de 800$ US, le téléphone portable, sa carte de service et d'identité militaire.

Afin de le contraindre à accepter qu'il était parmi les personnes qui avaient attaqué la résidence du Président de la République, il était resté ligoté pendant quarante huit heures et conduit à l'ANR fleuve à Kinshasa où il a été soumis à un interrogatoire très long et détenu au secret jusqu'au 29 mars 2012 avant d'être transféré au CPRK.

6. Après les élections présidentielles et législatives, les Congolais de la diaspora en Afrique du Sud, qui n'avaient pas accepté les résultats rendus publics par la CENI ont été carrément assimilés aux Bana congo par les autorités sud africaines. Ils ont été l'objet d'expulsion de l'Afrique du sud vers Lubumbashi, en RD Congo. Ils ont été directement mis en prison sans jugement par les autorités congolaises au motif qu'ils étaient en situation irrégulière en RSA. Depuis le mois de février 2012, ils n'ont pu recouvrer leur liberté provisoire qu'en début du mois de juin.

Il s'agit de trente personnes dont notamment: BAKARI WA LOMBO (Bukava), LOLA Michel Marc (Bukavu), KIZOS JUMA (Uvira), SHAMPENDIS (Uvira), NGOMBE MUTESA (Uvira), IRADI MUTABESHA (Katanga), Grippa NAMUGAJA (Sud-Kivu)103 etc.

Durant leur détention, ces personnes ont été l'objet d'actes de torture : coups de crosses de fusils, brutalités de tout genre, des menaces verbales et des coups de bottes.

7. Un groupe d'officiers des FARDC et de la PNC104 ont été arrêtés par la Direction Provinciale de l'ANR/Katanga entre le 23 et le 26 septembre 2011 avec le concours des éléments des FARDC et de la PNC, au motif qu'ils préparaient la sécession de la Province du Katanga. Ils ont été soumis à des atroces actes de torture pour les contraindre à avouer d'avoir préparé et organisé ladite sécession. Ils ont subi des coups des bottes et des crosses d'armes. Ils ont aussi été privés de la nourriture et de la visite familiale.

103 Pour la suite, lire ASADHO, Op-cit, pp.11-12

104 Idem, p.12

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Il s'agit de : Colonel KABUBA de FARDC (ex : Tigre venu de l'Angola), Colonel Silos des FARDC (ex : Tigre venu de l'Angola), Colonel Joël MANGENDA de la PNC (ex : Tigre venu de l'Angola), Colonel MWAKU Jean Marie de la PNC (ex : Tigre venu de l'Angola), Major MUKUTA des FARDC (ex : Tigre venu de l'Angola), Major NGAMBO André des FARDC (ex : Tigre venu de l'Angola), Capitaine TSHAPIA RUBEMB des FARDC (ex : Tigre venu de l'Angola), Capitaine ILUNGA LUBULA des FARDC (ex : tigre venu de l'Angola), Sous-lieutenant MUHIYA MUKALAMUSI de la PNC (ex : Tigre venu de l'Angola).

Ils ont été ensuite transférés à l'Auditorat Militaire où ils furent sommairement auditionnés avant d'être détenus à la prison de Kassapa. L'auditeur militaire auprès de qui ces actes de torture furent dénoncés est resté sans aucune réaction.

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"Il ne faut pas de tout pour faire un monde. Il faut du bonheur et rien d'autre"   Paul Eluard