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Le droit à  l'intégrité physique et morale. Droit de ne pas subir la torture et autres peines ou traitements cruels, inhumains ou dégradants en RDC

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par Hippolyte LUABEYA Pacifique
Université de Kinshasa RDC - Diplôme (master) professionnel en droits de l'homme et en droit international humanitaire 2012
  

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§2. Le traitement des auteurs d'actes de torture en RDC

Le droit international prévoit clairement l'obligation pour les Gouvernements de poursuivre les personnes accusées de torture. Cette obligation existe quels que soient le lieu où le délit a été commis et la nationalité de la victime ou de l'auteur présumé. Les États sont donc tenus par le droit international d'enquêter sans délai et de manière impartiale sur toute allégation de torture109.

Force est de constater que bien que pénalisée, la torture reste pratiquée en RDC de manière récurrente ; et, comme le précisent les rapports de l'OMCT et de l'ASADHO, les auteurs des actes de torture bénéficient d'une totale impunité qui peut constituer de fait « une prime d'encouragement »110.

Sur cet aspect, l'ONG « Centre des Droits de l'Homme et du Droit Humanitaire » dans son rapport sur les tortures commises par l'ANR au Katanga note ce qui suit : « la torture est une des violations des droits humains les plus secrètes. Elle est généralement infligée à l'abri des regards et des efforts considérables sont souvent déployés pour dissimuler les éléments de preuve essentiels à la poursuite en justice des tortionnaires. Les investigations ne sont jamais menées ; lorsqu'elles le sont, elles sont souvent entravées par l'inertie, l'inefficacité, la peur ou la complicité des autorités chargées d'enquêter. La triste réalité est que la plupart des victimes d'actes de torture dans notre pays, en dépit des dénonciations sont victimes de déni de justice. Le fait que les auteurs de tels agissements ne soient jamais

109 Lire à ce sujet l'Article 5 de la Convention contre la torture, l'Article 4 de la Convention sur le génocide, l'Article 27 du Statut de Rome de la Cour pénale internationale; IRCT, Action contre la torture. Guide pratique du Protocol d'Istanbul à l'intention des avocats, 2ème édition, Copenhague, Scanprint, 2007, p.39

110 OMCT, Op-cit, p.63; ASADHO, Op-cit, p.13

111 CDH / Rapport intérimaire sur la torture à l'ANR / Katanga/ Juillet 2005, p. 23 cité par OMCT, Op-cit, p.63

112 CDH, Op.cit, p 17 cité par OMCT, Op-cit, pp.63-64

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inquiétés, crée un climat dans lequel ils croient qu'ils pourront toujours recourir à la torture et aux mauvais traitements sachant qu'ils ne seront pas arrêtés, poursuivis ni sanctionnés »111.

Ainsi, à titre illustratif, il a été cité le cas de MM. Juvénal Kitungwa Lugoma et Dieudonné Bamoina Baina Mboka de l'Union BAMOINA112. Le 25 mai 2004, le secrétaire général adjoint chargé de la jeunesse de l'Union Nationale des Fédéralistes Congolais, (UNAFEC), Juvénal Kitungwa Lugoma est arrêté et mis au cachot alors qu'il devait avoir un entretien avec M. Jules Katumbwe Bin Mutindi, Directeur Provincial de l'ANR / Katanga. Le 26 mai, ce fut le tour de Dieudonné Bamoina Baina Mboka, secrétaire permanent du même parti, d'être appréhendé par les agents de l'ANR, dans la commune de Lubumbashi.

Les deux personnes ont été auditionnées pendant plusieurs heures en rapport avec la marche de protestation organisée par leur parti le 17 mai 2004 à Lubumbashi contre la désignation de M. Urbain Kisula Ngoy au poste de Gouverneur de la province du Katanga. Les détenus avaient fait l'objet d'interdiction formelle de recevoir la visite des membres de leurs familles ou de leurs conseils sans omettre les actes de brutalité ou de traitements dégradants notamment le pincement des organes génitaux, des coups de crosse et privation de nourriture. Ils n'avaient droit qu'à deux minutes par jour pour faire leurs besoins naturels.

Au lieu de les déférer devant le magistrat pour leur permettre de présenter leurs moyens de défense pour les griefs mis à leur charge, le Directeur provincial de l'ANR/ Katanga les a transférés, le 27 mai 2004, au centre Pénitentiaire et de rééducation de la Kasapa où ils ont été détenus sans dossiers judiciaires. Ils ont été libérés trois semaines plus tard.

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Mais si les auteurs d'actes de torture bénéficient d'une impunité criante en RD Congo, quelles sont les voies de recours disponibles pour les victimes desdits actes ?

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"Il existe une chose plus puissante que toutes les armées du monde, c'est une idée dont l'heure est venue"   Victor Hugo