WOW !! MUCH LOVE ! SO WORLD PEACE !
Fond bitcoin pour l'amélioration du site: 1memzGeKS7CB3ECNkzSn2qHwxU6NZoJ8o
  Dogecoin (tips/pourboires): DCLoo9Dd4qECqpMLurdgGnaoqbftj16Nvp


Home | Publier un mémoire | Une page au hasard

 > 

Bio-écologie des anophèles de part et d'autre de la falaise des Mbô et leur implication dans la transmission du paludisme d'altitude


par Billy TENE
Université de Yaoundé 1 - DEA 2007
  

précédent sommaire suivant

1.3.4.Les principaux vecteurs du paludisme au Cameroun

Au Cameroun, cinq espèces sont considérées comme vecteurs majeurs du paludisme. Il s'agit d'An. gambiae s.s., An. arabiensis,An. funestus,An. nili etAn. moucheti (Njan Nloga etal., 1993; Fontenille et Simard, 2004). D'autres espèces telles que An. paludis, An. pharoensis, An. hancocki, sont considérés comme des vecteurs d'importance locale car présents juste dans quelques régions (Fontenille etal., 2000; Antonio-Nkondjio etal., 2006). A ceux-ci s'ajoute An. ovengensis, découverte récemment au Sud Cameroun (Awono-Ambene etal., 2004).

Adapté de : Mouchet et Carnevale 1991

Figure 3 :Cycle biologique des Anophèles

b

a

Source : http://www.infoscience.fr/dossier/moustique/moustique_som.html

Figures 4 (a et b) :Anophèle femelle à jeun (a) et Anophèle femelle gorgée (b)

1.3.4.1. Le complexe Anopheles gambiae

Initialement considéré comme étant une seule espèce, An. gambiae s.l.est actuellement reconnu par tous les biologistes comme étant un complexe d'espèces. Il regroupe en son sein sept espèces bien définies dont la découverte a commencé lors d'études sur la transmission de gènes de résistance aux insecticides (Davidson, 1962 ; 1964) et dont les croisements produisent des mâles stériles (White 1985 ; Hunt et al., 1998).Ce sont :

- An. arabiensis Patton, 1904

- An. bwambae White, 1985

- An. gambiae sensu strictoGiles, 1902

- An. melasTheobald, 1903

- An. merus Doenitz, 1902

- An.quadriannulatus A Theobald, 1911

- An.quadriannulatus BHunt et al., 1998 (Mouchet et al.,2004).

Les espèces de ce complexe sont présentes dans les régions de forêt dégradées ou de savanes humides et occupent ainsi toute la ceinture équatoriale africaine.Au Cameroun, on les retrouve dans toutes les régions (Fontenille et al., 2000, Wondji et al., 2005).Les travaux de cytogénétique de Colluzi et al., (1979) ont permis de montrer que ces espèces sont génétiquement distinctes et caractérisées par des inversions chromosomiques stables associées à des adaptations aux conditions climatiques (aridité, température...).

Considérée comme « un des meilleurs, sinon le meilleur vecteur du monde » (Mouchet et al., 2004), An. gambiae s.s. est l'espèce la plus répandue de la planète. Les larves se développent dans les collections d'eau claires, peu profondes, ensoleillées et sans végétation. Ce sont par exemple des empreintes de pas, des traces de pneus de voitures, des flaques ou des rizières irriguées. Il a ainsi été démontré par Muirhead-Thompson (1945) en Sierra Leone que si l'on mettait de l'ombre sur un gîte de ponte, il n'était plus utilisé par les femelles de An. gambiae (Mouchet et al., 2004).Au sein de l'espèceAn. gambiae s.s., des travaux de biologie moléculaire ont permis d'identifier deux formes moléculaires : M et S (Della-Torréet al., 2000). Elles sont associées aux différentes formes chromosomiques de cette espèce et présentent probablement un isolement reproductif. En effet, aucun hybride M/S n'a été retrouvé dans la nature tant en Côte d'ivoire (Chandre et al., 1999)qu'au Burkina (Della-Torréet al., 2005) et au Cameroun (Wondji et al., 2005).C'est une espèce très anthropophile, avec des indices sporozoïtiques en général supérieurs à 3%. En journée, ces insectes se posent dans des gîtes de repos qui peuvent être soit des habitations (endophilie), soit sous des abris extérieurs (exophilie) tel que les arbres et arbustes, les hangars ouverts...

précédent sommaire suivant