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La gestion systémique de la crise financière internationale de 2008: le cas de deux banques coopératives


par Nabila Ouchene
HEC Montréal - Master 2015
  

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Chapitre 1 : Revue de littérature

Les perspectives d'analyse de la gestion de crises et l'éthique coopérative d'une part, le modèle d'affaire des banques coopératives d'autre part, seront traitées après avoir introduit la gouvernance corporative et le contexte financier international dans lesquels évoluent les banques coopératives. En effet, le marché financier actuel est caractérisé par l'« effet de levier supérieur du capitalisme financier », mécanisme principal qui est à la base du système financier international. Il s'agit d'une forme de capitalisme de marché dont les capitaux et les flux de liquidités sont hautement concentrés au niveau de l'industrie financière depuis la fin des années 1980 (Nielson, 2010). Ensuite, nous exposerons une revue littéraire traitant des mécanismes qui ont conduit à la crise financière internationale de 2007-2008 et comment les banques coopératives ont en été affectés. En second lieu, nous verrons la gestion de crises, l'éthique coopérative et le modèle organisationnel des banques coopératives. Notamment, l'objectif principal de la revue de littérature est de mettre en lumière :

? le fonctionnement du marché financier international;

? les mécanismes de la crise financière et ses effets sur les banques coopératives;

? le modèle organisationnel des banques coopératives;

? les stratégies de la gestion de crises et l'éthique coopérative;

Le management et la finance sont des disciplines appartenant à une autre discipline académique bien plus large : la gouvernance corporative (Verstegen et al., 2010). La gouvernance corporative comprend les rôles, responsabilités et balance de pouvoirs entre les cadres supérieures, directeurs et les actionnaires (Verstegen et al., 2010). Les trois dimensions, loi, management et finance sont essentielles à la compréhension et la maîtrise de la gouvernance corporative et sont inter-reliées.

1.1 La gouvernance corporative

À cette section, nous allons d'abord introduire la gouvernance corporative sur laquelle est fondée toute organisation privée ou publique. Ensuite, nous présenterons la gouvernance coopérative et ses spécificités sur laquelle sont bâties les coopératives en général et les banques coopératives.

1.1.1 La gouvernance corporative

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prenantes de la firme » (Semmae, 2011, p.1). La gouvernance d'entreprise ou corporative est définie, selon l'OCDE, comme étant :

« [des] relations entre la direction d'une entreprise, son conseil d'administration, ses actionnaires et parties prenantes. Il détermine également la structure par laquelle sont définis les objectifs d'une entreprise, ainsi que les moyens de les atteindre et d'assurer une surveillance des résultats obtenus. Un gouvernement d'entreprise de qualité doit inciter le conseil d'administration et la direction à poursuivre des objectifs conformes aux intérêts de la société et de ses actionnaires et faciliter une surveillance effective des résultats obtenus » (Semmae, 2011, p. 1-2).

Par ailleurs, la gouvernance corporative peut être également définie selon une vision autre que celle actionnariale de la gouvernance telle que définie précédemment. En effet, selon une vision partenariale de la gouvernance, celle-ci peut être abordée comme étant une structure des droits et des responsabilités entre les parties prenantes d'une firme (Semmae, 2011)5. La gouvernance corporative est ainsi composée de trois formes de responsabilités : stratégique, fiduciaire et juridique.

La responsabilité stratégique est établie par l'agencement stratégique des rapports entre la direction, conseil d'administration, actionnaires et parties prenantes en vue de minimiser les conflits et maximiser la création de richesse. D'où la théorie d'agence qui représente un socle fondamental à la gouvernance corporative, du point de vue de la responsabilité stratégique, puisqu'elle permet d'illustrer la relation entre dirigeants et actionnaires afin d'expliquer des conflits susceptibles d'influencer la performance de l'organisation, appelés coûts d'agence (Semmae, 2011). La responsabilité fiduciaire est déterminée par la manière dont la sphère publique perçoit la valeur et la validité économique de l'organisation fondées sur la confiance. Ainsi, une compagnie ou entreprise se doit de maintenir sa responsabilité fiduciaire vis-à-vis des différentes parties prenantes, de sorte que ces dernières aient confiance en ses capacités à remplir ses engagements et obligations économiques (Hansell, 2003; Monks and Minow, 2003). La responsabilité juridique fait référence aux droits régissant les responsabilités entre les parties prenantes de la firme et les règlements issus des autorités ou institutions publiques que la firme doit appliquer. Cette responsabilité de la gouvernance corporative inclut également la notion de déontologie ainsi que l'éthique corporative.

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La gouvernance corporative du secteur bancaire est particulière car les banques sont soumises à une gouvernance dont les contraintes des mécanismes internes et externes sont plus accentuées. Ceci est lié à l'orientation de leurs activités caractérisées par les risques inhérents à leurs opérations financières (Semmae, 2011). En effet, les banques instaurent des mécanismes internes et externes dont l'objectif principal est de contrôler l'activité du dirigeant afin de mieux orienter « stratégiquement » son comportement dans le but de générer du profit. Les mécanismes internes sont relatifs à des dispositifs imposés par des réglementations d'ordre interne (contrôle interne, audit externe, chartes et statuts, etc.). Les mécanismes externes sont des règlements à caractère « juridique » le plus souvent issus d'entités et/ou autorités publiques nationales et internationales (Accords de Bâle (I; II; III)6, normes IAS/IFRS7, règles de transparence d'information financière, lois bancaires, autorités des marchés financiers, etc.) (Semmae, 2011). Cependant, à la différence des banques commerciales, les banques coopératives sont sujettes à une gouvernance corporative plus démocratique au niveau des dirigeants et des sociétaires tel que nous le verrons ultérieurement à la revue de littérature. De ce fait, ce type de gouvernance est plus axé sur les responsabilités fiduciaires et juridiques et/ou éthiques.

Le rôle éthique de la gouvernance consiste à encourager les aspirations profondes d'une communauté qui vise le « mieux vivre » et ce, en prenant en considération l'ensemble de valeurs telles que l'intégrité, le respect, la liberté, la prudence, l'équité, la solidarité etc. (Pauchant, 2008). L'éthique, émanant de la philosophie morale et la politique, demeure l'aspect de la gouvernance le moins développé comparé aux aspects fiduciaire, stratégique et juridique (Chait et al., 2004; Gold and Dienhart, 2007). En effet, dans le domaine scientifique de l'éthique, de nombreux auteurs ont une vue pluraliste de l'éthique (Airhart et al., 2002; Bevan and Hartman, 2008; Boisvert, 2007; Fontaine et Pauchant, 2008; Gibbs, 2003; Gold and Dienhart, 2007; Hinman, 1998; Philipps, 2008; Samuelson, 2006; Taylor, 1989). Dans un contexte de gouvernance, ces traditions morales influencent les perceptions et les décisions. Cependant, cette influence demeure cachée car ces morales sont fondées sur l'identité existentielle et la culture profondément ancrée chez les individus (Taylor, 1989). Ces différences entre les traditions morales deviennent particulièrement cruciales et marquées dans un contexte international, multiculturel et global. Cela suggère que les individus appartenant à différentes cultures auraient des principes moraux influencés par leur culture, mais ce domaine nécessite davantage de recherche académique (Robertson and Crittenden, 2003; Pauchant et al., 2007).

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