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La gestion systémique de la crise financière internationale de 2008: le cas de deux banques coopératives


par Nabila Ouchene
HEC Montréal - Master 2015
  

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1.5.4 De l'éthique coopérative

L'éthique coopérative peut être définie comme un « processus continu d'interrogations collectives visant à établir un choix de logique d'action dans laquelle vont s'inscrire les pratiques de gestion de l'entreprise » (Vendrame, 2006, p. 3). Cependant, définir l'éthique coopérative n'est pas une tâche aisée en raison de la pluralité de ses définitions dépendamment des auteurs et surtout du contexte historique et environnemental de cette dernière. Ainsi, l'historique de l'éthique coopérative devient nécessaire afin de comprendre ce concept (Vendrame, 2006). La naissance des coopératives en tant qu'organisations et donc de l'éthique coopérative sont une alternative au développement du capitalisme (Vienney, 1992-1993; Malo, 1981; Vendrame, 2006, Marango, 2002). D'autres tels que Desroches (1976), voient l'apparition des coopératives selon une approche utopique issue d'un projet imaginaire d'une société alternative qui prend sa source dans les idées de plusieurs utopistes comme Owen (Vendrame, 2006). Ainsi, ces buts communautaires utopistes se transforment en pratiques coopératives qui renouvellent le tissu social et émergent comme une alternative à l'entreprise capitaliste (Desroche, 1976). Les

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coopératives ont donc adopté la forme d'entreprise ayant un mode de fonctionnement d'entreprise, mais avec des règles particulières. Ces règles sont clairement explicitées par les principes coopératifs promus par l'ACI (Alliance coopérative internationale) qui forment dès lors l'éthique coopérative (Vendrame, 2006).

Vers la fin des années 1990, les écrits sur l'éthique coopérative ont commencé à augmenter en même temps que la littérature sur la responsabilité sociale de l'entreprise. Les ouvrages sur l'éthique coopérative se sont substitués aux traités de doctrine éthique (Malo et al., 2006). Pour plusieurs auteurs, en particulier contemporains, les principes coopératifs peuvent être le fondement de l'éthique coopérative (Champagne, 1988; Lacroix, 2002; Welty, 1985, Laflamme et Lorrain Cayer, 2004; Robinson et Seguin, 2005; Malo et al., 2006). En d'autres termes, les principes, coutumes, actions et valeurs du système coopératif forment l'éthique coopérative. Cette dernière peut être composée de dimensions « éthiques », mais qui peuvent varier en fonction du type de la coopérative et de son environnement (Malo et al., 2006).

En dépit de ces principes coopératifs et des règles composant l'éthique coopérative, les coopératives sont soumises à un processus de ré-identification et de transformation dans le temps selon leur environnement économique et social (Vendrame, 2006). En effet, la mutation de l'entreprise coopérative au groupe, puis du groupe coopératif à la holding affecte l'identité coopérative, ses valeurs et ses résultats ainsi que l'éthique coopérative (Koulitchisky et Mauget, 2001; Vendrame, 2006). Cette double crise identitaire et financière vécue ces dernières années par les coopératives dans plusieurs secteurs entraîne un risque de banalisation, une altération du processus démocratique et une remise en question des principes coopératifs (Vendrame, 2006). Cette transformation des coopératives fait émerger un nouveau paradigme axé sur les quatre éléments clés suivants : la loyauté, la recherche de sens et légitimité, la mobilisation par les valeurs et l'organisation apprenante (Côté, 2000; Vendrame, 2006).

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