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La gestion systémique de la crise financière internationale de 2008: le cas de deux banques coopératives


par Nabila Ouchene
HEC Montréal - Master 2015
  

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3.2.2 La gestion de crise de Desjardins

Dans cette section, nous avons analysé les caractéristiques de gestion de crise de Desjardins sur la base d'une revue de presse comptant 40 articles selon les quatre niveaux du modèle de gestion de crise que sont l'individu, la culture, la structure et la stratégie organisationnelle.

3.2.2.1 La gestion de crise au niveau de l'individu

Lors de la crise financière 2007-2008, la banque coopérative québécoise a été particulièrement touchée par l'affaire du papier commercial adossé à des actifs (PCAA). La crise du papier commercial est en somme un gâchis financier de 32 milliards de dollars CAD dans lequel de grands établissements canadiens, tels que la Caisse de dépôt au Québec, la Banque Nationale et Desjardins, ont subit des pertes considérables lorsque la crise des subprimes s'est déclenchée aux États-Unis (Desjardins, 2009). Le PCAA était un placement à court terme, dont les rendements - légèrement supérieurs aux obligations gouvernementales - provenaient de dettes de cartes de crédit, de voitures de location, des prêts hypothécaires etc. Les choses se sont compliquées lorsqu'en été 2007, la crise des subprimes est survenue aux États-Unis. Les grands établissements financiers au Canada, ont commencé à « croire », pour une raison ou une autre, que le PCAA en question était lié à ces subprimes (Desjardins, 2009). Dès lors, s'en suit une crise de confiance sur le marché canadien où plus personne ne voulait du PCAA. Le problème est que lorsqu'il n'y a pas d'acheteurs qui ne veulent plus acheter le produit, sa valeur chute, d'où il devient difficile de le vendre et s'en libérer. Dès lors, pour sortir de cette impasse où beaucoup de sociétés et d'investisseurs étaient bloqués, les grands détenteurs de ce PCAA, comme la Caisse de dépôt et la Banque Nationale, ainsi que des banques étrangères (Deutsche Bank et UBS) ont décrété un moratoire. Les résultats de ce dernier ont confirmé que seulement 7 % du PCAA était lié aux subprimes (Desjardins, 2009), mais il était trop tard. Au total, 2000 investisseurs dont 100 sociétés et 1900 individus étaient coincés en raison d'une crise de confiance et panique sur le marché financier canadien. Au final, pour que le PCAA redémarre, il a fallu fondre les anciens titres et les convertir en obligations à long terme. L'opération s'est révélée difficile et complexe car il n'y avait pas que des dettes de cartes de crédit ou des hypothèques, mais aussi des credit defaults swaps, des produits dérivés extrêmement sophistiqués qui échappent à la réglementation : « c'était tellement complexe qu'il a fallu intégrer dans l'équipe des gens de toutes sortes de disciplines », disait Me Marc Duchesne, de Borden Ladner Gervais, le cabinet d'avocats qui représentait la firme de conseil Ernst & Young (Desjardins, 2009, p. 1).

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Deux plus tard, lors de la 5e édition du Rendez-vous de l'Autorité des marchés financiers, la présidente et chef de direction du Mouvement des Caisses Desjardins, Monique F. Leroux, livre ses réflexions personnelles sur la crise financière en déclarant qu' « à la réflexion et en bout d'analyse, l'élément central, celui qui fait la différence entre la bonne conduite des métiers financiers et les aventures difficiles, c'est la personne » (Canada Newswire, 2010, p. 1). Selon Monique F. Leroux, « c'est ainsi que le cadre d'interaction multipartite (les conseils d'administration, les directions, les autorités réglementaires, les organismes sectoriels, les gouvernements et les vérificateurs) permettra d'en arriver à un cadre prudentiel où la connaissance et l'intelligence de chacun permettra, dans une approche proactive, d'anticiper et d'éviter des crises et de renforcer la gestion prudentielle des institutions » (Canada Newswire, 2010, p. 1).

Au niveau de l'individu et existentiel en gestion de crise du modèle de l'oignon, peu de données ont été observées sur le rapport qu'a entretenu la banque coopérative Desjardins directement avec la crise financière. Contrairement au Crédit Agricole où l'on a pu observer plus de facteurs liés à l'individu et ses mécanismes de défense, le Mouvement Desjardins semble avoir été moins directement exposé à la crise financière au niveau existentiel. Nous discuterons davantage de ce point au prochain chapitre portant sur la discussion des données.

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