CONCLUSION
En mettant un terme à cette étude
consacrée à la contribution à la lutte contre le
phénomène kuluna des enfants en conflit avec la loi dans la
ville-province de Kinshasa, il ressort que ce phénomène constitue
l'une des formes de la criminalité urbaine reconnue chez les majeurs et
les plus préoccupantes de la capitale congolaise, d'où à
ce jour, ce phénomène fait face dans le chef des enfants
particulièrement de 14 à moins de 18ans il est visible de dire
haut et fort la montée de ce phénomène n'est pas seulement
un problème de sécurité publique, mais également
une question sociale, économique et éducative qui interpelle
à la fois l'État, les familles et la société civile
car la loi portant protection de l'enfant n'est pas respectée dans son
entièreté.
Notre analyse a démontré que l'émergence
et la persistance des bandes de kuluna trouvent leurs causes dans la
pauvreté, le chômage massif des jeunes, la disintegration
familiale, l'absence de structures éducatives et de loisirs
adaptés, ainsi que dans la faiblesse du système judiciaire et
policier face aux réalités sociales, ces facteurs combinés
créent un terrain favorable à la marginalisation et à
l'adhésion des mineurs dans des groupes violents, la lutte contre ce
fléau ne saurait donc se limiter aux seules mesures répressives,
certes l'application de la loi reste nécessaire pour garantir la
sécurité publique, mais elle doit s'accompagner des politiques
publiques inclusives visant la prévention, la réinsertion et la
responsabilisation communautaire.
L'expérience démontre que l'approche
intégrée associant justice pour mineurs, programmes
d'éducation et de formation professionnelle, campagnes de
sensibilisation, ainsi que l'implication des leaders communautaires et
religieux demeure la voie la plus efficace pour endiguer durablement la
criminalité juvénile, la contribution à la lutte contre le
phénomène kuluna passe par: le renforcement des capacités
de la justice des mineurs et de la police spécialisée, la mises
en place de centres d'accueil et de réinsertion socio-professionnelle,
l'amélioration des conditions socio-économiques des familles, et
la responsabilisation de la communauté dans la prise en charge des
enfants vulnérables.
En définitive, l'éradication du
phénomène kuluna des enfants en conflit avec la loi exige une
volonté politique ferme et la synergie d'action de tous les acteurs:
pouvoirs publics, société civile, familles, communautés
locales et organisations internationales. C'est à ce prix que la
ville-province de Kinshasa pourra espérer offrir à sa jeunesse
des perspectives d'avenir meilleures, loin de la violence et de la
criminalité, et contribuer ainsi à la consolidation d'une
société plus sûre, plus juste et plus humaine.
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BIBLIOGRAPHIE
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