Section 3. Stratégie pour l'éradication
du phénomène kuluna
Pour lutter contre le phénomène Kuluna
(banditisme urbain pratiqué notamment par les jeunes en conflit avec la
loi à Kinshasa), il est utile de proposer des perspectives à
court, moyen et long terme. Je vais structurer la réponse de
manière académique et ajouter quelques références
bibliographiques (articles, rapports et textes légaux.
Paragraphe 1. Perspectives à court terme
Pour la bonne lutte contre le phénomène kuluna
des enfants en conflits avec la loi il est essentiel de mettre ces perspectives
pour la bonne et efficace lutte contre ce fléau
· Mettre actions qui visent à répondre
rapidement à l'insécurité et à réduire
l'impact du phénomène kuluna des enfants via Renforcement de la
sécurité publique : augmentation de la présence
policière dans les zones à forte criminalité le dans toute
les commune de Kinshasa
· .Arrestation et réinsertion encadrée :
plutôt que l'incarcération massive, privilégier des centres
de rééducation adaptés aux mineurs
· Campagnes de sensibilisation communautaire : informer
les familles et les jeunes sur les conséquences juridiques et sociales
du phénomène Kuluna
· Justice adaptée aux mineurs : application stricte
de la Loi n°09/001 du 10 janvier 2009 portant protection de l'enfant, qui
exige des mesures éducatives plutôt que répressives.
Paragraphe 2. Perspectives à moyen terme
Ces mesures visent à s'attaquer aux causes sociales et
économiques du phénomène. Insertion
socio-économique : mise en place de programmes de formation
professionnelle et d'apprentissage pour offrir des alternatives
économiques aux jeunes désoeuvrés
· Réhabilitation scolaire :
réintégration des enfants déscolarisés dans des
programmes adaptés
· Programmes communautaires de prévention :
implication des leaders communautaires, ONG locales et églises dans des
projets de médiation et d'accompagnement psychosocial
· Renforcement des capacités de la justice des
mineurs : création de tribunaux spécialisés pour enfants
et formation des magistrats et policiers sur les droits de l'enfant.
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Paragraphe 3. Perspectives à long terme (5-15
ans)
Ces stratégies cherchent à éradiquer
durablement le phénomène en agissant sur les structures sociales
et politiques. Pour la bonne lutte contre ce phénomène
· Réformes structurelles contre la
pauvreté : lutte contre les inégalités sociales,
amélioration de l'accès à l'éducation gratuite et
obligatoire (ODD 4 et 16 - Nations Unies, 2015).
· Politiques publiques inclusives pour la jeunesse :
élaboration d'un plan national de prévention de la
délinquance juvénile
De la paix et citoyenneté : intégration dans les
programmes scolaires d'une éducation civique et morale orientée
vers la non-violence et la participation citoyenne). Le placement des jeunes en
institutions devrait n'intervenir qu'en dernier ressort et ne durer que le
temps absolument indispensable, l'intérêt de l'enfant étant
la considération essentielle.
Il faudrait définir strictement les critères de
recours aux interventions officielles de ce type, qui devraient être
limitées normalement aux situations suivantes: a) l'enfant ou
l'adolescent a enduré des souffrances infligées par ses parents
ou tuteurs; b) l'enfant ou l'adolescent a subi des violences sexuelles,
physiques ou affectives de la part des parents ou tuteurs; c) l'enfant ou
l'adolescent a été négligé, abandonné ou
exploité par ses parents ou tuteurs; d) l'enfant est menacé
physiquement ou moralement par le comportement de ses parents ou tuteurs; et e)
l'enfant ou l'adolescent est exposé à un grave danger physique ou
psychologique du fait de son propre comportement et ni lui, ni ses parents ou
tuteurs, ni les services communautaires hors institution ne peuvent parer ce
danger par des moyens autres que le placement en institution.
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