II. Les dispositions physiologiques
Ici, l'on vise les altérations subies par l'enfant
aussitôt après l'accouchement, si pour une femme avoir une
grossesse est aisé car pouvant se réaliser en un petit temps,
l'accouchement par contre est un événement qui s'accompagne des
douleurs, parfois atroces. Parmi les dangers qui dominent le déroulement
d'un accouchement, et dont les conséquences peuvent être
néfastes pour l'enfant, il convient de souligner la dystocie osseuse.
Celle-ci est un ensemble des difficultés ou
complications de l'accouchement liées à l'étroitesse ou
à la déformation du bassin, tandis que la dystocie dynamique
consiste dans les anomalies de la contraction de l'utérus remplissant
alors mal son rôle d'ouverture du col utérus et de la
poussée du foetus.
S'agissant des événements postérieurs
à la naissance et susceptibles d'aggraver certaines anomalies chez
l'enfant, il y a lieu de mentionner: les troubles du premier
encéphalique, le dressage et l'entrainement des enfants à
l'alcoolisme par des parents ainsi que les maladies telles que la syphilis, la
tuberculose et la débilité motrice.
B. Les causes exogènes
Les causes exogènes sont celles qui se situent dans le
milieu où vit l'individu, dont l'action agit perpétuellement sur
son esprit sa personnalité en transformation constante, qui lui
proposent de multiples occasions de délinquance et peut-être
même l'exemple contagieux d'actes antisociaux impunis et admis par
l'entourage.
Il s'agit des causes externes à l'individu. Elles
peuvent être soit politiques, soit économiques, soit sociales,
soit enfin culturelles. La société de consommation est
incontestablement plus criminogène que les sociétés
anciennes. Dans un village le sujet vit dans un milieu entouré des
siens, les moyens qui sont offerts lui permettent de attendre ses
idéaux, dans une telle société, il y'a peu de
délinquants56.
Par contre dans une grande agglomération, il est
proposé à ses habitants des modèles de conduites
contradictoires, ils sont en face d'une réalité
hétérogène : milieu familial, scolaire, et professionnel,
chacun de ces milieux est normatif et il s'y développe un modèle
de conduite. Tout cela place l'individu devant un dramatique problème de
choix, il résulte de
56 KANIAMA CISHUKU, op.cit, p. 34.
19
cette association différentielle de sérieuses
difficultés d'adaptation qui expliquent la conduite
criminelle57 .
1. Les causes politiques
a. Les guerres et affrontements politiques
Toute inquiétude ou toute agitation politique interne
ou externe entraine fatalement un déséquilibre de conscience et
une augmentation de délinquance, de même les accrochages
continuels entre politiciens finissent par banaliser les crimes crapuleux.
La guerre, par exemple, provoque un
déséquilibre social, car les soldats mobilisés abandonnent
leurs familles pour se rendre au front, leurs épouses restent seules et
sont généralement contraintes de travailler pour nourrir la
famille, et pendant ce temps, les enfants sont abandonnés à
eux-mêmes. C'est cet état de choses qui explique l'augmentation de
la criminalité féminine et juvénile pendant la
guerre58.
Il convient également de noter qu'à l'occasion
d'une révolution ou d'un bouleversement politique, se commettent
très souvent des crimes politiques ou de droit commun qui
caractérisent cette période de crise, les gens peuvent avoir pour
motif la simple intention de se venger ou d'exprimer leur sentiment de haine,
de jalousie ou de xénophobie, c'est le cas du génocide
perpétré au Rwanda en 1994, ainsi que de la guerre civile qui a
eu lieu sur le territoire de la RDC en août 199859.
b. Les trafics d'influence et interventions des
autorités pendant les poursuites des "Kuluna"
De plus, l'effort que fournit la Police dans la
répression des « Kuluna » est parfois
amenuisé, voire même découragé par les interventions
intempestives et illégales des autorités, politiques,
administratives, judiciaires ou militaires.
En effet, il n'est pas rare que les autorités
administratives ou politiques demandent et obtiennent la mise en liberté
injustifiée de certains « Kuluna », pour des raisons
subjectives tenant à leurs liens de parenté ou d'amitié ou
à des considérations d'ordre politique. Cette attitude contra
legem est de nature non seulement à décourager les efforts d'une
Police déjà exposée à de nombreuses
difficultés, mais aussi à encourager le passage à l'acte
criminel. Ainsi, malgré la
57 KANIAMA CISHUKU, op.cit, p. 34.
58 P. AKELE ADAU, Cours de l'évolution
de la criminalité au Congo, Cycle doctoral, UNIKIN, Kinshasa,
2005-2007, pp. 9-11.
59 KANIAMA CISHIKU, op.cit, p. 39.
20
menace de la loi, un tel jeune ne peut pas être retenu
dans son entreprise car il sait pertinemment qu'in fine, un coup de
téléphone pourra déclencher sa libération.
c. Le déficit d'une politique d'embauche et
d'encadrement de la jeunesse
Les pouvoirs publics ne peuvent entreprendre une lutte
efficace contre la criminalité des jeunes qu'après avoir
déterminé juridiquement les contours de celle-ci il leur
appartient ensuite de choisir entre les divers modes d'encadrement; enfin
lorsque c'est à ces derniers que l'on a décidé de
recourir, encore convient-il de savoir les résultats qu'on peut en
attendre et décider en conséquence, de l'orientation à
leur donner.
La réaction sociale prend dans chaque pays et à
chaque époque des aspects juridiques particuliers et chaque Etat suit
une politique criminelle qui lui est propre. Cette politique criminelle, selon
le doyen Nyabirungu mwene Songa, n'est autre que l'ensemble des mesures,
à caractère pénal ou non, tendant à assurer la
protection de la société contre les activités criminelles,
déviantes et antisociales à aménager le sort des
délinquants, des déviants et des marginaux, et à garantir
les droits des victimes60.
Ce qu'on a appelé l'inflation pénale de notre
époque s'explique en partie par l'extension de l'Etat notamment dans le
domaine économique, l'incrimination pure ne saurait d'ailleurs suffire,
il faut que l'autorité sociale se fasse connaitre. De même, le
clivage est similaire sur les causes et les remèdes : les uns pensent
que la pauvreté résulte d'un manque d'intervention des pouvoirs
publics, les autres estiment au contraire que la meilleure façon de
lutter Contre la pauvreté est de laisser les institutions caritatives et
les âmes charitables agir61.
Puisque nous savons que la famille, en moralisant ses enfants,
en les maintenant dans le devoir, diminue la criminalité, elle ne doit
cependant pas tout faire pour la protéger. La politique criminelle est
basée sur trois axes, à savoir : la prévention, la
répression et le traitement des délinquants.
En effet, l'Etat ayant reçu de la part de la
société le monopole de répression et la mission d'assurer
à la population la paix et la sécurité, il exige de la
part de tout un chacun le respect des prescrits des lois établies, le
constat malheureux sur le terrain concerne l'existence d'une nouvelle forme de
la criminalité à grande échelle, l'oeuvre des jeunes
« Kuluna » qui terrorise des quartiers entiers.
60 R. NYABIRUNGU MWENE SONGA, Traité de
droit pénal général congolais, 2eme éd. E.U.A,
Kinshasa, 2007, p. 38
61 Idem.
21
De ce fait, le pouvoir public devrait en principe adapter la
réaction sociale à la hauteur de cette forme de
criminalité afin de dissuader les délinquants potentiel, il en
est ainsi par exemple de la multiplicité des audiences foraines sur le
lieu du crime. Nous pensons que cela aurait un effet intimidant sur les
potentiels délinquants62.
|