II. Causes socio-économiques
La doctrine admet donc que la crise économique est une
cause de la criminalité63. Des sujets
prédisposés à la délinquance profitent de cette
misère et de la pauvreté pour mettre leur instinct en oeuvre.
C'est ainsi qu'on se trouve devant deux paradoxes, d'abord historique et
ensuite géographique. S'agissant du paradoxe historique, il y a lieu de
relever que si la misère est une cause criminogène, la hausse du
niveau de vie devait entrainer une régression de la délinquance,
or la réalité est tout autre, car la prospérité
économique améliore certes le niveau de vie d'une part et
multiplie les occasions de la délinquance d'autre part64.
Tandis que le paradoxe géographique consiste dans le
fait que la criminalité ne se différencie pas en fonction du
standing résidentiel : zones riches ou zones pauvres. En effet, dans les
quartiers riches comme dans les quartiers pauvres, on retrouve la
criminalité, celle-ci est agissante tant dans les pays pauvres que dans
les pays riches. La pauvreté est l'insuffisance de ressources
matérielles, comme la nourriture, l'accès à l'eau potable,
les vêtements, le logement et des conditions de vie en
général, mais également des ressources intangibles comme
l'accès à l'éducation, à l'exercice d'une
activité valorisante.
Elle touche des personnes isolées ou des groupes et
populations entières dans certains pays en développement, des
analyses économiques et des débats portent sur la mesure de la
pauvreté, ses causes et les moyens à mettre en oeuvre pour
réduire cette pauvreté: économie du développement,
aide sociale, etc. La pauvreté, généralement non
désirable et génératrice des souffrances, prend un sens
différent, voire vertueux, dans un contexte religieux ou spirituel: de
pauvreté dans les ordres catholiques, renonciation aux biens
matériels comme condition d'écoute optimale de Dieu. Le
catholicisme, par exemple, effectue une distinction importante entre «
pauvreté » sous toutes ses formes.
62 R. NYABIRUNGU MWENE SONGA, op.cit, p.
38.
63 L. HULSMAN, Un paradigme criminologique, in
Le fonctionnement de la justice pénale, Ed. CNRS, Paris, 1979, p.
43.
64 Idem.
22
Elle est une des causes majeures de délinquance des
jeunes en bandes. On relève que dans la famille pauvre et monoparentale,
le taux de la délinquance est plus élevé que dans les
autres
familles, la famille telle que nous la connaissons est en
transformation depuis deux décennies. De plus en plus, des jeunes sont
issus de familles éclatées, décomposées ou pluri
parentales, ces changements ont un impact majeur sur le développement et
le bien-être des jeunes.
Selon Marchetti, la pauvreté se résume dans une
triple dimension: elle consiste dans le défaut d'avoir, le défaut
de pouvoir et le défaut de savoir 65. Un exemple donné
par le professeur Kienge-Kienge concernant la pauvreté des parents qui
paraissent complètement désarmés mérite
d'être mentionné : la maman de Mariame (fille vivant au
marché) qu'un OPJ interpelle au sujet de la fille dont elle est la
mère biologique, répond à ce dernier comme suit :
«Papa, je suis fatiguée. J'attends seulement le jour où
vous m'amènerez son cadavre pour que je l'enterre». Aussi,
I'OPJ se demande-t-il: maintenant le parent a renoncé à ses
devoirs, moi qu'est-ce que je ferai ? Que puis-je faire66.
Les parents ayant leur propre problème à
régler, ont de plus en plus des difficultés à trouver un
équilibre sain entre famille et emploi, les jeunes sont souvent
laissés à eux-mêmes, avec peu de supervision, peu
d'encadrement, le processus de socialisation des jeunes se fait difficilement
et certains besoins tels que la sécurité ou celui de soutien
normal ne sont pas comblés, le jeune est donc plus vulnérable
à ce moment à être influencé ou entrainé vers
la délinquance juvénile67. Place aux mécanismes
répressif et préventif dans la lutte contre le
phénomène kuluna des enfants en conflit avec la loi qui fait
l'objet de notre deuxième chapitre.
65 R. KIENGE KIENGE, Le contrôle policier
de la délinquance des jeunes à Kinshasa. Une approche
ethnologique en Criminologie, p. 619.
66 Idem.
67 Ibidem
23
CHAPITRE II. MECANISMES REPRESSIF ET PREVENTIF DANS LA
LUTTE CONTRE LE PHENOMENE KULUNA DES ENFANTS EN CONFLIT AVEC LA LOI
Face à cette situation il est d'une importance capitale
pour la bonne lutte du phénomène kuluna des enfants en conflit
avec la loi que des mécanismes adéquats et la bonne mise en place
des stratégies pour lutter contre ce Fléau, dans le chapitre
énoncé si haut nous aurons 3 sections dont la première
porte sur les mécanismes répressif (section 1), la
deuxième sur les mécanismes préventif dans la lutte contre
le phénomène kuluna des enfants en conflit avec la loi (section
2), ainsi pour les stratégies du phénomène kuluna (section
3).
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