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La contribution à  la lutte contre le phénomène kuluna des enfants en conflit avec la loi dans la ville province de Kinshasa


par Henock KALUBI CITENGA
Université d'Unikin  - Graduation Droit pénal 2024
  

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Section 1. Mécanismes répressif

Les mécanismes répressifs désignent l'ensemble des dispositifs mis en place par l'État pour sanctionner ou punir les comportements illégaux ou déviants, sous cette section, en visant plus les actes malfrats des kuluna il sera question de parler de l'extorsion (paragraphe 1) et le vol à l'aide de violence (2).

Paragraphe 1. L'extorsion

1. Définition et base légale

Étymologiquement le mot extorsion vient du latin (extorsio -Inis)68, l'extorsion est qualifiée dans le code pénal comme des infractions des type contre des propriétés69 , nous avons le vols ainsi l'extorsion .

L'extorsion c'est une action d'extorquer nous pouvons la définir comme une infraction consistant à obtenir la remise de fonds d'un bien ou une signature, un engagement une renonciation ou la révélation d'un secret, au moyen de violence menaces ou contrainte70, selon LIKULIA, extorquer c'est arracher, confisquer, dépouiller, prendre quelque chose par la force c'est-à-dire par la violence ou la menace.

Obtenir quelque chose en dehors consentement libre de son propriétaire ou de son possesseur71, il faut bien distinguer l'extorsion de deux autres infractions constituant comme elle, des moyens de s'approprier le bien d'autrui, le vol et l'escroquerie72.

68 Dictionnaire la rousse

69 Code penal congolais titre 1

70 Dictionnaire la rousse.

71 LIKULIA BOLONGO, op. cit, P. 51.

72 R.B. MANASI NKUSU KALEBA, Droit pénal spécial, Manuscrit, G3 DPC, Unikin, 2023-2024, P. 87, Inédit.

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Dans le vol il y a appréhension du produit du vol par l'auteur, dans l'extorsion et dans l'escroquerie, il y a remise à l'auteur faite par la victime ; dans l'extorsion, cette remise est obtenue par l'emploi de menaces ou de violences, dans l'escroquerie elle est obtenue par des manoeuvres frauduleuses, par la ruse. Dans le vol, l'auteur s'empare de la chose frauduleusement mais en servant de la violence ou de la menace. Dans l'extorsion, l'auteur se fait remettre la chose73.

L'extorsion comme une infraction dans le code ; Elle est prévue par le code pénal congolais en son article 84.74

3. Eléments constitutifs

A. Eléments matériels

Se basant sur les éléments nous avons éléments trois éléments matériels sont exigés par le législateur pour que cette infraction soit établie :

1. Un acte d'extorsion : remise forcée Selon LIKULIA, extorquer c'est arracher, confisquer, dépouiller, prendre quelque chose par la force c'est-à-dire par la violence ou la menace. Obtenir quelque chose en dehors du consentement libre de son propriétaire ou de son possesseur243. 2. Moyens utilisés par l'agent : Violences ou menaces- Violence

2. Vol ou Menace : Vol. Il importe peu que ce soit ou non la personne menacée ou accusée, ou celle contre qui la violence est exercée, qui doit accomplir ou faire accomplir quelque chose

3. Chantage : Il consiste dans une menace d'imputation ou de révélation d'un scandale ; menace dont le but est de révéler un fait diffamatoire. Peu importe que le chantage porte sur un fait vrai ou faux, il n'est pas requis que le fait soit déjà connu. 3. Une chose, objet de la remise forcée L'extorsion suppose donc nécessairement un objet matériel qui peut être délivré ou transmis. Il peut s'agir : des fonds ; valeurs ; objets mobiliers ; obligations ; billets ; promesses ; quittance ; soit la signature ou la remise d'un document quelconque contenant ou opérant obligation, disposition ou décharge.75

B. Elément intellectuel

Intention frauduleuse Elle consiste dans la volonté de s'approprier injustement la chose d'autrui. C'est-à-dire que l'agent doit poursuivre un gain illégitime pour lui-même ou pour

73 R.B. MANASI NKUSU KALEBA, op.cit, P. 87.

74 Art 84 du code pénal congolais

75 R.B. MANASSI NKUSU KALEBA, op.cit, p. 88.

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autrui. Donc, lorsque le prévenu a employé la violence pour se faire remettre un bien ou des biens auxquels il croyait avoir droit, ces violences ou menaces-là ne sont pas illégitimes. Donc pas d'extorsion parce que l'agent n'a pas voulu s'enrichir injustement

3. Pénalité

Servitude pénale de cinq à vingt ans et une amende qui peut être portée à deux mille francs76. Conforment au code pénal congolais

Eu égard aux enfants nous nous referons a la loi portant protection de vl enfant la loi portant protection de l'enfant ou la décision est prise à l'Article 115 Si l'enfant a commis un manquement qualifié d'infraction à la loi pénale punissable de plus de cinq ans de servitude pénale et qui n'est pas punissable de la peine de mort ou de la servitude pénale à perpétuité, le juge peut, s'il le met dans un établissement de garde et d'éducation de l'Etat, prolonger cette mesure pour un terme qui ne peut dépasser sa vingt deuxième année d'âge, à sa dix-huitième année d'âge, l'intéressé devra être séparé des enfants, au sein du même établissement de garde et d'éducation de l'Etat, sur décision du juge, à la demande de l'autorité de l'établissement de garde. 77

4. Cas jurisprudentiel RECL 8605/ll

a. Résumé de fait

L'affaire concerne MALANDA José, un enfant âgée de 15ans, poursuivi pour avoir pris part à un acte d'extorsion portant sur un téléphone portable Samsung Galaxy appartenant à Kabeya Citula Joseph. D'après les faits Le téléphone a été arraché par un groupe de jeunes du quartier. L'enfant a été vu sur les lieux lors de l'agression. Il nie toute participation directe et affirme qu'il accompagnait sa mère, il met en cause un certain « Jacques », présenté comme le véritable auteur.

L'enquête sociale a révélé que l'enfant évolue dans un environnement défavorable (AGENE), marqué par la consommation de chanvre et d'alcool, propice à la délinquance.

b. Qualification juridique

le tribunal a retenu le manquement qualifié d'extorsion tel que prévu à l'article 84 du Code pénal congolais, les éléments constitutifs ont été relevés : l'acte : obtention d'un bien par contrainte. Les moyens : violence et menaces physiques ou morales. L'objet : un téléphone

76 Art 84 code pénal congolais

77 Art 115 de la loi portant protection de l'enfant

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portable, bien mobilier. L'intention : volonté manifeste de s'approprier un bien d'autrui. Ainsi, l'infraction d'extorsion a été considérée comme constituée.

c. Mesures prises par le Tribunal

Le juge a adopté une double approche :

? Sur le plan éducatif et social

L'enfant a été réprimandé. Il a été remis à la garde de sa mère, Madame NTUMBA, avec injonction de mieux le surveiller, cette mesure traduit la volonté de privilégier l'éducation et la réinsertion au détriment de la privation de liberté.

? Sur le plan civil

Restitution du téléphone à la partie civile, condamnation de la mère, civilement responsable, au paiement de 500 USD (en francs congolais) pour les dommages subis, frais de justice mis également à la charge de la mère.

d. Appréciation juridique

La décision respecte le principe de responsabilité parentale pour les actes des mineurs (Code civil, art. 260), elle applique correctement la loi de protection de l'enfant (2009), qui favorise l'éducation et l'accompagnement familial plutôt que l'incarcération, elle met aussi en valeur le rôle crucial de l'assistant social, dont l'enquête a permis de comprendre le milieu criminogène dans lequel évolue le mineur. Commentaire et critiques Respect des droits de l'enfant : absence d'incarcération, recours à la réprimande et à la surveillance parentale.

L'orientation de la justice congolaise en matière de délinquance juvénile : rééducation plutôt que répression, l'importance de l'environnement social comme facteur favorisant la délinquance. La distinction entre la responsabilité pénale (mineur réprimandé) et la responsabilité civile (réparation par le parent) Cette décision se veut équilibrée : elle allie sanction éducative, réparation civile et responsabilisation familiale. Toutefois, elle montre les limites du système judiciaire congolais, qui se contente souvent de mesures symboliques sans mettre en place un réel programme de réinsertion et de rééducation des enfants en conflit avec la loi.

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