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Résolution des conflits fonciers au Sud-Kivu à  l'épreuve des politiciens, cas du groupement de Buzi


par Emery BALUKU BYAMUNGU
Institut supérieur d'environnement Solidaire et de Développement Durable (ISESOD-Goma) - Licence en Communication et Résolution des conflits. 2024
  

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I.2.3. Le rôle des acteurs humanitaires et politiques

Catherine Goislard, analyse l'action des organisations humanitaires dans la gestion des conflits fonciers en contexte post-conflit, notamment à l'Est de la RDC. Elle note que leur rôle de médiateur peut être utile, mais que leur impact est limité sans un ancrage dans des dispositifs institutionnels stables107. Jean-Philippe Platteau, de son côté, étudie comment les normes sociales influencent les institutions foncières. Il affirme que les conflits fonciers ne peuvent être compris sans considérer la force des normes coutumières, parfois en décalage complet avec les lois de l'État, et souvent exploitées à des fins clientélistes108.

I.2.4. Conflits fonciers et enjeux identitaires

Les travaux de Mushagalusa Mudinga, sur le Sud-Kivu sont particulièrement pertinents pour le cas de Buzi. Il démontre que les conflits fonciers y sont liés à la compétition pour les ressources, à l'histoire coloniale des plantations, mais aussi à l'instrumentalisation politique des appartenances ethniques. L'auteur montre que la terre devient un enjeu identitaire, souvent mobilisé dans des conflits intercommunautaires où les politiciens locaux jouent un rôle ambivalent109.

I.2.5. Analyse critique

De cette revue ressortent plusieurs points convergents faisant étant du pluralisme juridique souvent non harmonisé, crée un chevauchement de normes qui nourrit l'insécurité foncière. L'ingérence politique, loin d'être marginale, est centrale dans la gestion des conflits, avec une instrumentalisation fréquente des identités et de l'appareil coutumier. La gouvernance foncière reste déficiente en matière de participation locale, de justice et de transparence. Et, les propositions de réforme insistent toutes sur la nécessité de renforcer la reconnaissance des droits fonciers coutumiers, tout en assurant une meilleure coordination institutionnelle. Ces résultats

105 Tegera A., Barrière O., Barrière C., Terres et conflits en Afrique centrale : plaidoyer pour une gouvernance partagée, IRENE/GRIP, 2006, p. 121

106 Lavigne Delville P. & Chauveau J-P., Gouvernance foncière et politiques publiques en Afrique, Editions Karthala, 2014, p. 55

107 Goislard C., Conflits fonciers et interventions humanitaires dans l'Est du Congo, IRIN, 2012, p. 33

108 Platteau J.-P., Institutions, social norms, and economic development, Routledge, 2000, p. 72

109 Mushagalusa Mudinga, La dimension foncière des conflits armés au Sud-Kivu, LPI/UCB Bukavu, 2018, p. 104

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renforcent la pertinence de notre recherche qui vise à explorer comment les mécanismes de résolution des conflits dans le groupement de Buzi sont affectés par l'influence politique, et comment y remédier à travers une gouvernance foncière adaptée aux réalités locales.

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