Conclusion partielle
Ce chapitre a permis de présenter l'approche
méthodologique rigoureuse adoptée pour interroger la
réalité des conflits fonciers dans le groupement de Buzi.
L'articulation entre méthodes qualitatives et quantitatives, ainsi que
la mobilisation d'un échantillon diversifié d'acteurs, assurent
la validité des résultats attendus. Le chapitre suivant
présentera l'analyse des données recueillies, leurs
interprétations et leur mise en perspective avec les cadres
théoriques mobilisés.
~ 42 ~
CHAPITRE III : PRESENTATION, INTREPRETATION
ET DISCUSSION DE RESULTATS D'ENQUETE
Le présent chapitre est consacré à
l'analyse détaillée des données recueillies dans le cadre
de notre recherche. Il vise à présenter les résultats
empiriques obtenus auprès des acteurs concernés, à en
dégager les tendances majeures, puis à discuter leur
signification à la lumière des problématiques
soulevées dans les chapitres précédents. Cette
étape cruciale permet de confronter les hypothèses
formulées aux réalités observées, et d'identifier
les dynamiques spécifiques liées à l'influence politique
dans la gestion des conflits fonciers. En outre, ce chapitre ouvre la voie
à une interprétation approfondie des résultats, qui
servira de fondement à des propositions concrètes susceptibles
d'améliorer les mécanismes de résolution dans ce contexte
complexe.
III.1. PRESENTATION DES RESULTATS DES ENQUETES OBTENUS SUR
TERRAIN
Cette section présente, de manière
synthétique, les données collectées auprès des
différents acteurs concernés par la résolution des
conflits fonciers dans le groupement de Buzi. Les résultats sont
organisés selon les thématiques principales abordées dans
le questionnaire d'enquête, notamment l'influence politique, les
mécanismes institutionnels, la participation communautaire, ainsi que
les perceptions des populations locales. Cette présentation met en
exergue les tendances majeures et les constats clés qui serviront de
base à l'analyse approfondie et à la discussion qui suivent.
Les données recueillies reflètent la
diversité des opinions et expériences des enquêtés,
révélant à la fois des points de convergence et des
divergences notables sur les facteurs qui influencent la gestion et la
résolution des conflits fonciers dans ce contexte spécifique.
Tableau III : Répartition des
enquêtés selon le sexe, la tranche d'âge et l'état
matrimonial dans le groupement de Buzi
|
Sexe des enquêtés
|
Tranche d'âge
|
Etat Matrimonial
|
|
Options
|
Effectifs
|
%
|
Options
|
Effectifs
|
%
|
Options
|
Effectifs
|
%
|
|
Femme
|
29
|
29
|
18 à 25 ans
|
14
|
14
|
Célibataire
|
24
|
24
|
|
Homme
|
71
|
71
|
26 à 35 ans
|
43
|
43
|
Divorcé(e)
|
4
|
4
|
|
Total
|
100
|
100%
|
36 à 50 ans
|
38
|
38
|
Marié(e)
|
69
|
69
|
|
Plus de 50 ans
|
5
|
5
|
Veuf(ve)
|
3
|
3
|
|
Total
|
100
|
100%
|
Total
|
100
|
100%
|
Source : notre enquête de terrain
2025
Commentaire : Ce tableau présente la
distribution des enquêtés selon deux indicateurs fondamentaux : le
niveau d'instruction et la durée de résidence dans le groupement
de Buzi.
~ 43 ~
Ce tableau présente la distribution des 100 personnes
enquêtées selon trois variables sociodémographiques : le
sexe, la tranche d'âge et l'état matrimonial. De ce fait, dans
notre enquête, il se fait remarquer ce qui suit :
La répartition selon le sexe prouve que la
majorité des personnes enquêtées sont des hommes,
représentant 71 % contre 29 % de femmes. Ce déséquilibre
s'explique par la prédominance masculine dans les affaires
foncières ou une plus grande disponibilité des hommes à
participer aux enquêtes, surtout en zones rurales. Cela reflète
leur forte implication dans les litiges fonciers et les mécanismes de
résolution.
La répartition selon la tranche d'âge nous montre
que les répondants sont majoritairement
âgés de 26 à 50 ans ce qui signifie que 43 % dont entre 26
et 35 ans ; 38 % ont entre 36 et 50 ans. Ces deux tranches
représentent ensemble 81 % de l'échantillon, ce qui
démontre que les adultes en âge actif sont les plus
impliqués ou les plus concernés par les conflits fonciers. Les
jeunes (18-25 ans) ne représentent que 14 %, tandis que
les personnes âgées de plus de 50 ans ne comptent que pour 5
%.
Concernant la répartition selon l'état
matrimonial, le constant est que la majorité des enquêtés
sont mariés (69 %), contre 24 % de célibataires,
4 % de divorcés et 3 % de veufs. Cette dominance des personnes
mariées peut s'interpréter par leur implication directe dans la
gestion familiale des terres, des héritages et des conflits qui y sont
liés. En effet, le mariage peut accroître les
responsabilités foncières et les interactions avec les
institutions coutumières ou formelles.
Tableau IV : Répartition des
enquêtés selon le niveau d'étude et le temps vécu
dans le
roupement de Buzi
|
Niveau d'étude
|
Temps vécu dans ce groupement
|
|
Option
|
Effectifs
|
%
|
Options
|
Effectifs
|
%
|
|
Aucun
|
5
|
5
|
1 à 5 ans
|
6
|
6
|
|
Primaire
|
3
|
3
|
11 à 20 ans
|
49
|
49
|
|
Secondaire
|
19
|
19
|
21 à 55 ans
|
31
|
31
|
|
Supérieur et Universitaire
|
73
|
73
|
6 à 10 ans
|
6
|
6
|
|
Total
|
100
|
100%
|
Moins d'1 an
|
8
|
8
|
|
Total
|
100
|
100%
|
Source : notre enquête de terrain
2025
~ 44 ~
Analyse et interprétation : Au regard
du niveau d'étude, nous remarquons qu'une très grande
majorité des répondants soit (73 %) a un niveau supérieur
ou universitaire, tandis que 19 % ont atteint le secondaire, 5 % sont
analphabètes et 3 % ont seulement un niveau primaire. Ceci
reflète un échantillon orienté vers des personnes ayant
une certaine capacité d'analyse et de compréhension des
dynamiques foncières, et donc potentiellement plus engagées dans
les processus formels ou informels de résolution de conflits. Par
rapport au temps vécu dans le groupement, nos résultats prouvent
que la majorité des enquêtés résident dans le
groupement depuis plus de 11 ans : ce qui représente 49 % qui y vivent
depuis 11 à 20 ans ; 31 % y vivent depuis 21 à 55 ans. Ensemble,
ces deux groupes représentent 80 % des répondants.
Ces résultats témoignent d'un ancrage
territorial fort, ce qui renforce la pertinence de leurs perceptions sur les
conflits fonciers locaux ;
Les nouveaux arrivants (moins de 10 ans dans le groupement)
sont peu nombreux (20 %), ce qui pourrait suggérer une
faible mobilité ou un enracinement durable dans les terres.
Tableau V : Répartition des
enquêtés selon leur statut ou fonction sociale
|
Statut et fonction
|
|
Statut et Fonction
|
Effectifs
|
%
|
|
Activiste des droits humains
|
1
|
1
|
|
Chef coutumier
|
1
|
1
|
|
Chômeur
|
1
|
1
|
|
Citoyen ordinaire
|
20
|
20
|
|
Commerçant(e)
|
7
|
7
|
|
Cultivateur (e)
|
8
|
8
|
|
Employé de la coopérative agricole AMKA
|
1
|
1
|
|
Enseignant (e)
|
23
|
23
|
|
Fonctionnaire
|
8
|
8
|
|
Indépendant (e)
|
14
|
14
|
|
Infirmier (e)
|
1
|
1
|
|
Politicien
|
4
|
4
|
|
Autres
|
1
|
1
|
|
Vice-président du conseil territorial de la jeunesse
|
1
|
1
|
|
Victime d'un conflit foncier
|
9
|
9
|
|
Total
|
100
|
100%
|
Source : Notre enquête de terrain
2025
Commentaire du tableau : Ce tableau
présente la diversité des profils sociaux et professionnels des
enquêtés, soulignant la variété des
catégories concernées par la problématique foncière
dans le groupement de Buzi.
~ 45 ~
Analyse et interprétation : Les
résultats de ce tableau renseignent que les enseignants
représentent la catégorie la plus importante allant
jusqu'à (23 %), suivis des citoyens
ordinaires (20 %), des indépendants (14 %) et des
victimes directes de conflits fonciers (9 %). Ces
données indiquent une large représentation de la
société civile locale, notamment d'acteurs ayant une
capacité réflexive sur les enjeux du foncier. Les politiciens (4
%), fonctionnaires (8 %) et chefs coutumiers (1 %) sont
faiblement représentés, ce qui peut limiter la captation directe
de la posture institutionnelle dans le diagnostic, mais renforce la voix
communautaire. Les autres statuts spécialisés
(commerçants, cultivateurs, infirmiers, activistes, etc.) sont
marginalement représentés, mais montrent que la question
foncière touche toutes les couches socioprofessionnelles.
Tableau VI : Implication ou exposition des
enquêtés aux conflits fonciers dans le groupement de
Buzi
|
Avez-vous déjà été
impliqué dans un conflit foncier ou en avoir entendu parler dans votre
groupement ?
|
|
Réponse
|
Effectifs
|
Pourcentage (%)
|
|
Oui
|
75
|
75 %
|
|
Non
|
25
|
25 %
|
|
Total
|
100
|
100 %
|
Source : notre enquête de terrain
2025
Commentaire du tableau : Ce tableau
présente la proportion des personnes interrogées ayant
déjà été impliquées dans un conflit foncier
ou ayant entendu parler d'un conflit foncier dans leur groupement.
Analyse et interprétation : Une forte
majorité des enquêtés soit 75 % déclare avoir
été directement impliquée ou informée d'un conflit
foncier dans leur milieu. Cela montre la prévalence élevée
des conflits fonciers dans le groupement de Buzi. L'exposition massive aux
conflits pourrait également révéler une fragilité
structurelle du régime foncier local, marqué par
l'absence de mécanismes durables de prévention ou de
régulation. Seuls 25 % n'ont pas été
concernés, ni informés de tels conflits. Ce groupe minoritaire
pourrait représenter soit les nouveaux résidents, soit ceux peu
intégrés dans les dynamiques communautaires, ou vivant dans des
zones moins affectées par les litiges fonciers.
Cette distribution confirme que les conflits fonciers ne sont
pas des événements isolés à Buzi, mais un
phénomène largement vécu et partagé dans la
population. Cela justifie pleinement
Usage coutumier : pour 6,1 %,
il s'agit de conflits entre détenteurs de droits coutumiers
(oralité) et les nouveaux acquéreurs ou
bénéficiaires des documents modernes.
~ 46 ~
la pertinence de la présente étude et renforce la
nécessité de repenser les mécanismes locaux de gestion
foncière, en impliquant davantage la population.
Graphique n° 1 : Quels types de conflits sont-ils
les plus fréquents dans le groupement de Buzi ?
0,5% 0,5% 0,5% 0,5% 0,5% 0,5%
32,1%
6,1%
15,6%
25,0%
Types de conflits fréquents dans le
groupement de Buzi
Limite de parcelles/champs
Héritage Accaparement Vente multiple
Usage coutumier
Administration foncière livrant des documents... maivais
encadrement des agents de l'administration...
Opression
Mensonges
Injustice Vengeance

Mépris
Haine
0,5%
0,5%

17,5%
0,0% 5,0% 10,0% 15,0% 20,0% 25,0% 30,0% 35,0%
Le graphique illustre les proportions des types de conflits
fonciers recensés à Buzi à partir des réponses des
enquêtés. Les cinq premiers types de conflits représentent
ensemble plus de 96 % des cas, traduisant leur prédominance dans la
zone.
Analyse des résultats du graphique : Type de
conflit :
Limite de parcelles/champs : Pour 32,1 %,
c'est le type de conflit le plus fréquent. Il traduit une absence de
délimitation claire et reconnue des terres, souvent liée au
manque de cadastre et de bornage.
Héritage : selon 25,0 % de nos
enquêtés, ces conflits surviennent dans les
familles à propos du partage des terres, souvent sans documents ou
règles claires de succession.
Accaparement : pour 17,5 % de nos
enquêtés, le phénomène reflète une main mise
injuste sur les terres, souvent par des personnes influentes ou
extérieures.
Vente multiple : pour 15,6 %, la coexistence
de plusieurs "vendeurs" d'une même parcelle traduit la faiblesse des
institutions d'enregistrement et l'absence de centralisation des titres.
~ 47 ~
Autres (injustices, haine, mépris, etc.) :
pour = 0,5 % chacun, ces cas résiduels traduisent des tensions
sociales et émotionnelles plus que juridiques ou administratives.
Ces données montrent que les conflits fonciers à
Buzi sont fortement liés à :
> L'absence de cadastre fiable et de documents officiels ;
> La dualité du système foncier (coutumier vs
moderne) ;
> La faiblesse des mécanismes de médiation ;
> La pression démographique et la rareté des
terres cultivables ;
> L'ingérence politique ou
l'instrumentalisation de la terre ;
> Les autorités locales, coutumières et
administratives devraient accorder une attention
particulière aux conflits de limites, aux litiges
successoraux et à la sécurisation
foncière,
car ce sont les principales sources de tensions communautaires.
Il est urgent de renforcer
le système d'identification, d'enregistrement et de
médiation foncière.
Graphique n° 2 : À votre avis, quelles sont
les causes principales de ces conflits ?
Principales causes des conflits

Politisation
Manque d'informations utiles
Faiblesse des institutions
Surpopulation
Manque d'un guichet foncier pour la délivrance de ...
11,0%
11,0%
12,9%
18,2%
13,9%
Injustice et Haine
Polygamie
Heritage
Supperposition des titres et actes
Corruption des agents de l'administration foncière
Conflits initiles
0,5% 0,5% 0,5% 0,5% 0,5% 0,5%
0,0% 5,0% 10,0% 15,0% 20,0% 25,0% 30,0% 35,0%
Ce diagramme en barres met en évidence les principales
causes structurelles des conflits fonciers dans le groupement de Buzi, selon
les répondants de l'enquête. Ces causes sont à la fois
institutionnelles, juridiques, démographiques et
politiques.
Analyse des résultats : Partant du
graphique tel que ci-dessus présenté ; 30,1 % de nos
enquêtés estiment que le Manque de titre foncier est la principale
cause de conflits fonciers dans le groupement de Buzi. Ils se sont
exprimés en ces termes : absence de documents officiels d'appropriation
et d'identification des terres, favorisant les ventes multiples, les litiges et
les
~ 48 ~
accaparements. Pour 18,2 %, c'est la politisation telle que
décriée par les enquêtés. Il s'agit de
l'ingérence des acteurs politiques qui fausse les processus de
règlement, crée le clientélisme, et polarise les
communautés. 13,9 % de nos enquêtés estiment que ces
conflits sont dus au manque d'informations utiles : ceci est dit suite à
la faible sensibilisation et ignorance des procédures de
sécurisation foncière. Cela laisse place à la manipulation
et à la fraude. 12,9 % de nos enquêtés ont estimés
que c'est à cause de la faiblesse des institutions en ce sens que
l'impuissance ou l'inaction des organes étatiques ou coutumiers alimente
l'impunité et la confusion juridique. Pour 11,0 %, la cause reste la
surpopulation justifiée par l'accroissement démographique qui
exerce une pression sur les terres, rendant leur partage et usage plus
conflictuels. Selon 11,0 % la cause des conflits fonciers à Buzi est
dite au manque d'un guichet foncier pour délivrance de titres ce qui se
justifie par l'absence de structure de proximité chargée de
délivrer les documents officiels, créant un vide administratif.
0,5 % ont trouvé autres causes marginales (= 0,5 %) comme l'injustice,
polygamie, corruption, conflits futiles, etc., sont des cas isolés mais
révélateurs de la dégradation sociale ou morale.
Cette répartition montre que les causes majeures sont
structurelles : elles relèvent d'un système foncier peu
transparent, non documenté et soumis à des
interférences politiques. La carence en documentation foncière
(titres, actes, cadastre) apparaît comme le noeud du
problème. Pour prévenir les conflits à
Buzi, il est indispensable de numériser et centraliser les titres
fonciers ; opérationnaliser un guichet foncier
local, dépolitiser la gestion des
terres, renforcer la sensibilisation juridique.
Et réformer les institutions foncières pour leur
redonner autorité et légitimité.
Tableau VII : Synthèse croisée : Types
de conflits fonciers et leurs causes principales dans le groupement de
Buzi
|
Types de conflits fréquents
|
Causes majeures associées
|
|
Limite de parcelles/champs
(32,1%)
|
Manque de titres (30,1%) , Absence de guichet foncier et
faiblesse institutionnelle
|
|
Héritage (25%)
|
Faiblesse des institutions , Politisation et Absence d'actes
officiels d'héritage
|
|
Accaparement (17,5%)
|
Surpopulation, Manque d'informations et Corruption de
l'administration foncière
|
|
Vente multiple (15,6%)
|
Manque de titres, Administration livrant plusieurs
documents et Politisation
|
|
Usage coutumier (6,1%)
|
Faiblesse du droit coutumier face au droit moderne, Manque de
reconnaissance officielle
|
|
Autres (= 0,5%)
|
Injustice, haine, vengeance, mauvaise foi
|
~ 49 ~
Interprétation : les conflits
liés aux limites et à la vente des parcelles sont directement
causés par l'absence de titres fonciers et de cadastre clair, ce qui
favorise les chevauchements, la fraude et la duplication de ventes. Les
conflits d'héritage résultent souvent de l'absence de
mécanismes juridiques fiables pour prouver les droits successoraux,
surtout en l'absence de documents légaux.
L'accaparement est fortement lié à la pression
démographique et à l'inégalité
d'accès à l'information, ce qui permet à des élites
ou politiciens d'exploiter la situation. La politisation, en toile de fond,
exacerbe toutes les catégories de conflits en sapant la
neutralité des acteurs de résolution (chefferies, tribunaux,
agents cadastraux...).
De ce fait, il est à comprendre qu'il y est important
de se focaliser sur la priorité absolue est la réforme
foncière locale, à travers la documentation, la sensibilisation,
et la structuration des institutions. La dépolitisation de la gestion
des terres est indispensable pour restaurer la confiance communautaire. La mise
en place d'un guichet foncier local neutre permettrait de prévenir au
moins 70 % des types de conflits identifiés.
Tableau VIII : Perception de l'enregistrement des
droits fonciers et reconnaissance des droits légitimes par le
système coutumier et juridique à Buzi
|
Les gens sont-ils intéressés et
disposés à enregistrer leurs droits fonciers à Buzi
?
|
La politique coutumière et le cadre
juridique foncier reconnaissent-ils tous les droits fonciers légitimes
existants ?
|
|
Réponses
|
Effectifs
|
%
|
Réponses
|
Effectifs
|
%
|
|
Non
|
60
|
60
|
Non
|
35
|
35
|
|
Oui
|
40
|
40
|
Oui
|
65
|
65
|
|
Total
|
100
|
100%
|
Total
|
100
|
100%
|
Source : Notre enquête de terrain
2025
Commentaire : Le tableau 8 fait état
de la perception de l'enregistrement des droits fonciers et reconnaissance des
droits légitimes par le système coutumier et juridique à
Buzi.
Analyse et interprétation : Les
résultats du tableau 8 mettent en évidence une disposition
modérée des habitants du groupement de Buzi à enregistrer
leurs droits fonciers. En effet, 60 % des
répondants déclarent ne pas être intéressés
ou prêts à engager une démarche d'enregistrement, contre
seulement 40 % qui s'y disent favorables. Cette tendance
traduit une réticence persistante qui pourrait être liée
à plusieurs facteurs : manque d'information sur la
procédure, méfiance envers les
institutions, coût élevé de
l'enregistrement ou prévalence du système coutumier non
formel.
~ 50 ~
En parallèle, une majorité significative des
enquêtés (65 %) estime que la
politique coutumière et le cadre juridique en place reconnaissent les
droits fonciers légitimes, contre 35 % qui pensent le
contraire. Ce résultat indique qu'une partie importante
de la population semble avoir confiance dans la compatibilité entre les
droits fonciers coutumiers et le système légal,
bien que cela n'entraîne pas systématiquement une
volonté d'enregistrement formel.
Ce paradoxe entre reconnaissance des droits et faible
intérêt pour leur formalisation suggère que les
mécanismes de sécurisation foncière actuels ne sont pas
perçus comme suffisamment incitatifs ou accessibles. Il apparaît
donc nécessaire de renforcer la sensibilisation communautaire sur les
avantages de l'enregistrement, la simplification des procédures
administratives, et l'intégration effective du droit coutumier dans le
système juridique formel. En résumé, si une
majorité croit à la légitimité des droits fonciers
dans les cadres juridique et coutumier, le faible taux de disposition à
l'enregistrement constitue un frein majeur à la sécurisation
foncière, avec des implications directes sur la stabilité sociale
et la prévention des conflits à Buzi.
Graphique n° 3 : Laquelle des conséquences
de conflits fonciers ci-après traduit-elle fréquemment l'impact
sur la cohabitation pacifique à Buzi ?

Conséquences
Violences et affrontements
Tensions sociales et communautaires
Déstabilisation des mécanismes traditionnels
de...
Érosion du tissu social
Perturbation de la vie économique et agricole
Déplacements internes et insécurité
Tuerie
Pauvreté
Chomage
Maladie
Emprisonnement illégal
0,0% 5,0% 10,0% 15,0% 20,0% 25,0% 30,0%
14,5%
13,3%
24,3%
23,9%
13,3%
7,1%
1,6%
0,8%
0,4%
0,4%
0,4%
Conséquences des conflits fonciers dans le
groupement de Buzi
L'analyse des données révèle que les
conflits fonciers dans le groupement de Buzi entraînent des
conséquences profondes et variées, touchant tant la
sécurité, la cohésion sociale que le développement
local. Les violences et affrontements (24,3 %) ainsi que les tensions sociales
et
~ 51 ~
communautaires (23,9 %) apparaissent comme les
répercussions les plus fréquemment rapportées par les
enquêtés. Ces résultats traduisent un climat de forte
instabilité où les différends fonciers débouchent
souvent sur des confrontations physiques et un effritement de la paix
sociale.
À cela, s'ajoute la déstabilisation des
mécanismes traditionnels de résolution des conflits
(14,5 %), qui témoigne d'un
affaiblissement des structures coutumières et communautaires
historiquement investies dans la gestion des litiges fonciers. Cette
déstabilisation se répercute sur la cohésion sociale,
comme en témoignent l'érosion du tissu social (13,3 %) et la
perturbation de la vie économique et agricole (13,3 %),
qui traduisent une dégradation des relations
intercommunautaires et un frein à la production vivrière et
commerciale.
Les déplacements internes et l'insécurité
(7,1 %) démontrent que les conflits fonciers peuvent forcer certaines
familles à quitter leurs terres, aggravant ainsi la
précarité et accentuant la pression sur les ressources dans
d'autres localités. Enfin, bien que moins fréquentes, certaines
conséquences extrêmes telles que la tuerie (1,6 %),
la pauvreté (0,8 %), le chômage, la
maladie et l'emprisonnement illégal (0,4 % chacun) rappellent que ces
conflits peuvent dégénérer en violations graves des droits
humains et en cycles de vulnérabilité prolongée. En somme,
les conflits fonciers dans le groupement de Buzi ont des effets cumulés
qui affectent profondément la paix sociale, la sécurité,
et le développement durable. Ces résultats soulignent la
nécessité urgente d'une gouvernance foncière
renforcée, équitable et inclusive.
Tableau IX : Types de documents détenus par la
population pour sécuriser leurs terres dans le
roupement de Buzi
|
Quelles sont les documents que détient la
population pour sécuriser leurs terres à Buzi ?
|
|
Réponses
|
Effectifs
|
%
|
|
Acte de droit de propriété
|
5
|
5
|
|
Acte de témoignage
|
18
|
18
|
|
Acte de vente
|
52
|
52
|
|
Attestation d'occupation d'un terrain coutumier en plus de ces
autres documents évoqués ci-dessus
|
1
|
1
|
|
Aucun document
|
12
|
12
|
|
Certificat d'occupation d'un terrain coutumier dans certaines
parties, acte de cession
|
1
|
1
|
|
Certificat d'enregistrement
|
7
|
7
|
|
Les témoignages de chef de village, donc le notable
|
2
|
2
|
|
Parfois même le témoignage verbal
|
1
|
1
|
|
Témoignage d'un Mushamuka notable envoyé par le
chef de localité. On lui avait donné une chèvre pour son
témoignage
|
1
|
1
|
|
Total
|
100
|
100%
|
Source : Notre enquête sur
terrain 2025
~ 52 ~
Commentaire : le tableau 7 fait état
des types de documents détenus par la population pour sécuriser
leurs terres dans le groupement de Buzi.
Analyse et interprétation : L'analyse
des données révèle que la majorité des habitants du
groupement de Buzi se basent sur des documents informels ou non juridiquement
contraignants pour sécuriser leurs terres. L'acte de vente constitue le
document le plus courant, utilisé par 52 % des enquêtés,
bien qu'il ne garantisse pas toujours une reconnaissance légale
effective du droit de propriété. Ce constat souligne une pratique
courante des transactions foncières non encadrées, exposant les
populations à des risques de conflits multiples.
Viennent ensuite les actes de témoignage (18
%), souvent délivrés par des notables ou chefs
locaux, et le certificat d'enregistrement (7 %), qui constitue
pourtant l'un des rares documents ayant une valeur légale officielle.
Les actes de droit de propriété (5 %) restent faiblement
représentés, traduisant probablement la complexité
d'accès à un enregistrement foncier formel, ou
le manque de sensibilisation à son importance.
Par ailleurs, 12 % des répondants déclarent ne
posséder aucun document pour sécuriser leur terre, situation
alarmante qui les rend vulnérables aux litiges, expulsions arbitraires
ou accaparements. D'autres recourent à des pratiques coutumières
plus symboliques, comme le témoignage verbal ou les attestations
émanant de "mushamuka " ou chefs traditionnels, souvent
associés à des dons rituels (ex. chèvre offerte en
échange d'un témoignage).
Bref, cette diversité de documents, souvent
imprécis ou non reconnus juridiquement, montre l'absence d'un
système foncier unifié et accessible, laissant la porte ouverte
à l'insécurité foncière. Ces données
suggèrent un besoin urgent de réforme foncière,
de renforcement de l'enregistrement et d'intégration
harmonieuse des systèmes coutumiers et légaux pour réduire
les tensions et sécuriser les droits.
Légitimité et capacité des
systèmes de résolution des conflits fonciers à
protéger les droits fonciers légitimes
Tableau X : Le système de résolution
de conflit foncier a-t-il la légitimité et la capacité de
protéger les droits fonciers légitimes individuels et
communautaires ?
|
Le système de résolution de conflit
foncier a-t-il la légitimité et la capacité de
protéger les droits fonciers légitimes individuels et
communautaires ?
|
|
Réponses
|
Effectifs
|
%
|
|
Non
|
32
|
32
|
|
Oui
|
68
|
68
|
|
Total
|
100
|
100%
|
Source : Notre enquête sur
terrain de 2025
~ 53 ~
L'analyse des résultats montre que 68 % des
enquêtés reconnaissent que les systèmes actuels de
résolution des conflits fonciers dans le groupement de Buzi disposent
d'une légitimité et d'une certaine capacité à
protéger les droits fonciers, tant individuels que communautaires. Cette
majorité traduit une relative confiance des communautés locales
envers les mécanismes existants (chefferie traditionnelle,
comités locaux, tribunaux de paix, structures coutumières ou ONG
de médiation). Cependant, une part non négligeable 32 % des
personnes interrogées exprime un scepticisme ou une perte de confiance,
mettant en évidence plusieurs failles :
Manque d'impartialité,
corruption, influence politique,
absence de cadre légal unifié, ou
encore faible vulgarisation des textes fonciers. Cela traduit
une crise de légitimité partielle, surtout lorsque les
institutions coutumières et administratives sont perçues comme
prenant parti ou opérant dans le flou juridique.
Cette situation ambivalente suggère que bien que les
structures de résolution soient en place et actives, leur
efficacité reste limitée par des facteurs structurels et
politiques, notamment l'ingérence de certains acteurs influents,
l'insuffisance des ressources, et la méconnaissance des lois par les
citoyens. Il est alors impératif de renforcer les capacités
techniques, humaines et institutionnelles des mécanismes de
résolution de conflits fonciers, d'assurer leur
neutralité, et de mieux articuler les règles
coutumières avec les normes légales nationales, afin d'assurer
une véritable justice foncière équitable et durable.
Tableau XI : Acteurs
vers lesquels les enquêtés se tournent en cas de conflit foncier
dans le groupement de Buzi
|
Habituellement, vers qui vous tournez-vous en cas de
conflit foncier ?
|
|
Réponses
|
Effectifs
|
%
|
|
AFC/M23
|
1
|
1
|
|
Chefferie
|
23
|
23
|
|
Comité local
|
11
|
11
|
|
En cas de conflit les concernés commencent par le
village/sous village - au Groupement, une fois la solution n'est pas
trouvée, certains( peu de gens d'ailleurs) vont au tribunal
|
1
|
1
|
|
Groupement
|
25
|
25
|
|
ONG
|
4
|
4
|
|
Politicien
|
17
|
17
|
|
Structures communautaires de résolution des conflits
|
1
|
1
|
|
Structures spécialisées dans la médiation,
transformation et résolution,
tribunal
|
1
|
1
|
|
Tribunal
|
16
|
16
|
|
Total
|
100
|
100%
|
Source : Notre enquête sur
terrain 2025
~ 54 ~
Commentaire : le tableau 9 présente
les acteurs clés vers lesquels les enquêtés se tournent en
cas de conflit foncier dans le groupement de Buzi
Analyse et interprétation : Les
résultats montrent que les personnes interrogées recourent
principalement aux autorités locales traditionnelles et administratives
pour résoudre les conflits fonciers 48 % (Groupement : 25 % + Chefferie
: 23 %) des répondants font confiance à ces entités,
perçues comme plus accessibles, enracinées dans les coutumes
locales et capables d'arbitrer rapidement les différends. Le recours au
tribunal (16 %) est également notable, mais montre que les solutions
judiciaires ne sont pas toujours la première option, peut-être en
raison de coûts, lenteurs ou manque de confiance dans
l'impartialité du système judiciaire.
Cependant, 17 % des répondants déclarent se
tourner vers les politiciens. Ce chiffre révèle un niveau
d'ingérence politique significatif dans la gestion foncière
locale, ce qui peut fragiliser la légitimité des institutions
traditionnelles et judiciaires et exacerber les tensions.
D'autres structures comme les comités locaux (11 %) ou
les ONG (4 %) sont également sollicitées, ce qui témoigne
d'une diversité des recours. La présence marginale de structures
telles que AFC/M23 ou des mécanismes mixtes (chefferie + tribunal)
illustre un certain éparpillement des canaux de résolution, mais
aussi une tentative des populations de naviguer entre diverses formes de
légitimité.
Ces données soulignent la nécessité de
renforcer la cohérence, la coordination et la neutralité des
mécanismes de résolution des conflits fonciers. L'autorité
coutumière et les organes étatiques doivent être
formés, encadrés et désengagés de toute influence
politique, tandis que les ONGs et comités locaux devraient être
soutenus comme médiateurs neutres, dans un cadre institutionnel clair et
légitimé par la loi.
Tableau XII : Perception de l'efficacité
des instances de recours en cas de conflit foncier et appréciation
du degré d'efficacité des mécanismes de
résolution des conflits fonciers
|
Trouvez-vous que l'instance vers laquelle vous
vous tournez en cas de conflit foncier est-elle vraiment efficace pour garantir
la stabilité foncière dans votre entité ?
|
Selon vous, ces mécanismes sont-ils
efficaces ?
|
|
Réponse
|
Effectifs
|
%
|
Efficacité des
mécanismes
|
Effectifs
|
%
|
|
Non
|
64
|
64
|
Moyennement
|
61
|
61
|
|
Oui
|
36
|
36
|
Non du tout
|
27
|
27
|
|
Total
|
100
|
100%
|
Oui pleinement
|
12
|
12
|
|
Total
|
100
|
100%
|
Source : Notre enquête sur
terrain de 2025
~ 55 ~
Commentaire : Le tableau 12
révèle une perception globalement critique de l'efficacité
des mécanismes actuels de résolution des conflits fonciers dans
le groupement de Buzi.
Analyse et interprétation croisée :
Dans la première partie du tableau, 64 % des
enquêtés déclarent que les instances vers lesquelles ils se
tournent ne garantissent pas efficacement la stabilité
foncière. Ce chiffre majoritaire traduit une faible
satisfaction générale à l'égard des dispositifs
existants.
De ce fait, 61 % jugent que ces mécanismes ne sont que
moyennement efficaces, ce qui révèle un manque de performance ou
de régularité dans la gestion des litiges ; 27 % estiment que ces
dispositifs sont complètement inefficaces, soulignant une crise de
confiance ; Seuls 12 % des enquêtés
considèrent que les mécanismes sont pleinement efficaces, ce qui
reflète une marge de crédibilité très
réduite.
Cette situation peut s'expliquer par plusieurs facteurs
évoqués dans les autres tableaux :
l'ingérence politique (18,2 %), l'absence de
titres fonciers fiables (30,1 %), la faiblesse des
institutions (12,9 %), et le manque de guichets fonciers. De
plus, la diversité des recours (chefferies, tribunaux, politiciens, ONG)
illustre un système fragmenté, peu harmonisé et mal
institutionnalisé. Ces résultats appellent à :
y' Renforcer la transparence, l'accessibilité et la
capacité technique des mécanismes existants ;
y' Assainir les ingérences politiques dans les instances
de règlement des litiges ;
y' Mettre en place des guichets fonciers efficaces et des
procédures claires de délivrance des titres ;
y' Former et encadrer les acteurs coutumiers et
étatiques pour assurer un traitement équitable et cohérent
des différends.
Tableau XIII : Niveau de menace perçue sur les
droits fonciers à Buzi
|
Quel est niveau de menace perçue pour les
droits fonciers à Buzi ?
|
|
Niveau de menace
|
Effectifs
|
%
|
|
Faible
|
18
|
18 %
|
|
Modéré
|
28
|
28 %
|
|
Fort
|
54
|
54 %
|
|
Total
|
100
|
100 %
|
Source : Notre enquête sur
terrain de 2025
~ 56 ~
Analyse et interprétation : Plus de la
moitié (54 %) des enquêtés estiment que le niveau de menace
pour les droits fonciers est fort. Cela montre une insécurité
foncière élevée, perçue comme une
réalité inquiétante. Le cumul des niveaux
modéré et fort (82 %) souligne un sentiment d'instabilité
largement partagé dans la population.
Tableau XIV : Perception des mécanismes
traditionnels de résolution
|
Les mécanismes traditionnels de
résolution sont suffisants pour régler les conflits
fonciers
|
|
Réponses
|
Effectifs
|
%
|
|
Pas du tout d'accord
|
19
|
19 %
|
|
Pas d'accord
|
26
|
26 %
|
|
Neutre
|
18
|
18 %
|
|
D'accord
|
17
|
17 %
|
|
Tout à fait d'accord
|
20
|
20 %
|
|
Total
|
100
|
100 %
|
Source : Notre enquête sur
terrain 2025
Analyse et interprétation : Les
opinions sont partagées, mais une pluralité
d'enquêtés (45 %) ne fait pas confiance aux mécanismes
traditionnels, ou y est opposée. Seuls 37 % les jugent suffisants,
tandis que 18 % restent neutres. Cela montre une crise partielle de
légitimité ou d'efficacité des autorités
coutumières, probablement due à leur politisation ou à un
affaiblissement face aux réalités modernes.
Tableau XV : Intervention des politiciens dans les
conflits fonciers
|
Avez-vous déjà vu un politicien intervenir
dans un conflit foncier ?
|
|
Réponses
|
Effectifs
|
%
|
|
Oui
|
82
|
82 %
|
|
Non
|
18
|
18 %
|
|
Total
|
100
|
100 %
|
Source : Notre enquête sur
terrain de 2025
Analyse et interprétation : Une
immense majorité (82 %) a constaté l'ingérence politique,
ce qui confirme l'ampleur du phénomène. Cela appuie l'idée
que la sphère politique interfère fortement dans les affaires
foncières locales, affectant l'équité des
résolutions.
~ 57 ~
Tableau XVI : Forme d'intervention
politique
|
Si oui, comment s'est traduite cette intervention
?
|
|
Réponses
|
Effectifs
|
%
|
|
Blocage d'une décision
|
10
|
12 %
|
|
Créer un climat d'attente
|
1
|
1 %
|
|
Distribution illégale de terres
|
19
|
23 %
|
|
Pression sur l'autorité locale
|
16
|
20 %
|
|
Soutien à une partie
|
36
|
44 %
|
|
Total
|
82
|
100 %
|
Source : Notre enquête sur
terrain de 2025
Analyse et interprétation :
L'influence politique s'exerce majoritairement par le biais de
favoritisme (44 %), mais aussi par des pratiques illégales comme la
distribution de terres (23 %) ou des pressions sur l'autorité locale (20
%). Cela démontre que les politiciens contribuent activement à la
déstabilisation du processus foncier, souvent à des fins
clientélistes.
Tableau XVII : L'intervention politique
facilite-t-elle ou complique-t-elle les conflits ?
|
Pensez-vous que l'intervention politique facilite ou
complique la résolution des conflits ?
|
|
Réponse
|
Effectifs
|
%
|
|
Complique
|
75
|
75 %
|
|
Facilite
|
7
|
7 %
|
|
Sans avis
|
18
|
18 %
|
|
Total
|
100
|
100 %
|
Source : Notre enquête sur
terrain de 2025
Analyse et interprétation : Une
écrasante majorité (75 %) estime que l'intervention politique
complique la résolution des conflits fonciers. Cela souligne une
perception très négative de la politisation, en lien avec les
formes d'ingérence évoquées précédemment.
Tableau XVIII : Accord avec l'affirmation sur
l'impartialité
|
Cochez votre niveau d'accord avec cette
affirmation : « L'implication des politiciens compromet
l'impartialité dans les processus de résolution des conflits
fonciers »
|
|
Réponses
|
Effectifs
|
%
|
|
Pas du tout d'accord
|
4
|
5 %
|
|
Pas d'accord
|
3
|
4 %
|
|
Neutre
|
8
|
10 %
|
~ 58 ~
|
D'accord
|
20
|
24 %
|
|
Tout à fait d'accord
|
47
|
57 %
|
|
Total
|
82
|
100 %
|
Source : Notre enquête sur
terrain de 2025
Analyse et interprétation : 81 % des
répondants valident le fait que l'implication politique compromet
l'impartialité dans les processus de résolution des conflits.
Cela corrobore les données précédentes sur la
légitimation des mécanismes de règlement à cause de
la politisation.
Tableau XIX : Solutions proposées pour limiter
l'influence politique
|
À votre avis, que faut-il faire pour
limiter l'influence politique dans la résolution des conflits fonciers
à Buzi ?
|
|
Solution proposée
|
Effectifs
|
Pourcentage
|
|
Appliquer strictement les lois
|
29
|
29 %
|
|
Créer des comités neutres
|
14
|
14 %
|
|
Renforcer le pouvoir de la chefferie
|
27
|
27 %
|
|
Renforcer les sanctions
|
3
|
3 %
|
|
Sensibilisation
|
27
|
27 %
|
|
Total
|
100
|
100 %
|
Source : Notre enquête sur
terrain de 2025
Analyse et interprétation : Les
solutions proposées tournent autour de trois axes principaux :
Renforcement institutionnel (29 %) : application rigoureuse des lois pour
décourager les abus ; Restauration du rôle des autorités
traditionnelles (27 %) ; Mobilisation communautaire (sensibilisation, 27 %).
Cela montre un désir collectif de recentrer les mécanismes de
résolution autour de la légalité, de la neutralité
et de la tradition, en limitant les ingérences partisanes.
|