III.2. SYNTHESE DES RESULTATS DE L'ENQUETE
L'enquête menée auprès de 100
répondants dans le groupement de Buzi a permis de recueillir des
données quantitatives significatives sur la nature des conflits
fonciers, les formes d'influence politique, l'efficacité des
mécanismes de résolution, ainsi que les perceptions de la
population à l'égard des droits fonciers.
D'un point de vue sociodémographique,
l'échantillon est majoritairement composé d'hommes (71 %)
âgés principalement entre 26 et 50 ans, avec une
prédominance de personnes mariées (69 %) et de niveau
d'instruction supérieur et universitaire (73 %). La majorité
des
La forte présence des ventes multiples, des conflits
d'héritage ou de limites, combinée à l'absence de titres
fonciers formels pour une grande partie de la population, met en
évidence la
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répondants réside dans le groupement depuis plus
de 10 ans (80 %), ce qui confère une légitimité à
leur expérience et à leur appréciation des
réalités foncières locales.
Concernant l'implication dans les conflits fonciers, 75 % des
enquêtés affirment avoir été directement
impliqués ou témoins de conflits liés à la terre.
Les types de conflits les plus fréquents relèvent principalement
des litiges autour de la délimitation des parcelles (limites), des
ventes multiples, des conflits liés à l'héritage et
à l'usage coutumier des terres.
En ce qui concerne les documents fonciers, 52 % des
répondants déclarent ne posséder qu'un simple acte de
vente, tandis que 12 % n'ont aucun document de propriété,
révélant une grande précarité juridique et
administrative en matière de sécurisation des terres. Très
peu disposent de certificats d'enregistrement ou d'un acte légalement
reconnu.
Sur le plan des mécanismes de résolution des
conflits, 68 % considèrent que les systèmes existants ont la
légitimité et la capacité de protéger les droits
fonciers légitimes, mais leur efficacité reste limitée :
64 % jugent que les instances vers lesquelles ils se tournent ne garantissent
pas réellement la stabilité foncière. Seuls 12 % les
jugent pleinement efficaces.
L'analyse révèle également une forte
politisation des conflits fonciers. 82 % des répondants déclarent
avoir observé une intervention directe de politiciens, laquelle se
manifeste souvent par le soutien à une des parties (44 %), la
distribution illégale de terres (23 %) ou encore la pression
exercée sur les autorités locales (20 %). Cette ingérence
est jugée négative par 75 % des participants, qui estiment que
l'intervention politique complique la résolution des conflits.
Enfin, concernant les perspectives de réforme, les
solutions proposées incluent principalement : l'application stricte des
lois (29 %), le renforcement du pouvoir des autorités coutumières
(27 %) et la sensibilisation communautaire (27 %), traduisant un besoin
pressant de reconfiguration institutionnelle.
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