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Résolution des conflits fonciers au Sud-Kivu à  l'épreuve des politiciens, cas du groupement de Buzi


par Emery BALUKU BYAMUNGU
Institut supérieur d'environnement Solidaire et de Développement Durable (ISESOD-Goma) - Licence en Communication et Résolution des conflits. 2024
  

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III.2. SYNTHESE DES RESULTATS DE L'ENQUETE

L'enquête menée auprès de 100 répondants dans le groupement de Buzi a permis de recueillir des données quantitatives significatives sur la nature des conflits fonciers, les formes d'influence politique, l'efficacité des mécanismes de résolution, ainsi que les perceptions de la population à l'égard des droits fonciers.

D'un point de vue sociodémographique, l'échantillon est majoritairement composé d'hommes (71 %) âgés principalement entre 26 et 50 ans, avec une prédominance de personnes mariées (69 %) et de niveau d'instruction supérieur et universitaire (73 %). La majorité des

La forte présence des ventes multiples, des conflits d'héritage ou de limites, combinée à l'absence de titres fonciers formels pour une grande partie de la population, met en évidence la

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répondants réside dans le groupement depuis plus de 10 ans (80 %), ce qui confère une légitimité à leur expérience et à leur appréciation des réalités foncières locales.

Concernant l'implication dans les conflits fonciers, 75 % des enquêtés affirment avoir été directement impliqués ou témoins de conflits liés à la terre. Les types de conflits les plus fréquents relèvent principalement des litiges autour de la délimitation des parcelles (limites), des ventes multiples, des conflits liés à l'héritage et à l'usage coutumier des terres.

En ce qui concerne les documents fonciers, 52 % des répondants déclarent ne posséder qu'un simple acte de vente, tandis que 12 % n'ont aucun document de propriété, révélant une grande précarité juridique et administrative en matière de sécurisation des terres. Très peu disposent de certificats d'enregistrement ou d'un acte légalement reconnu.

Sur le plan des mécanismes de résolution des conflits, 68 % considèrent que les systèmes existants ont la légitimité et la capacité de protéger les droits fonciers légitimes, mais leur efficacité reste limitée : 64 % jugent que les instances vers lesquelles ils se tournent ne garantissent pas réellement la stabilité foncière. Seuls 12 % les jugent pleinement efficaces.

L'analyse révèle également une forte politisation des conflits fonciers. 82 % des répondants déclarent avoir observé une intervention directe de politiciens, laquelle se manifeste souvent par le soutien à une des parties (44 %), la distribution illégale de terres (23 %) ou encore la pression exercée sur les autorités locales (20 %). Cette ingérence est jugée négative par 75 % des participants, qui estiment que l'intervention politique complique la résolution des conflits.

Enfin, concernant les perspectives de réforme, les solutions proposées incluent principalement : l'application stricte des lois (29 %), le renforcement du pouvoir des autorités coutumières (27 %) et la sensibilisation communautaire (27 %), traduisant un besoin pressant de reconfiguration institutionnelle.

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