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L'intervention des forces armées tchadiennes dans la lutte contre le terrorisme au sein du G5 Sahel et de la force multinationale mixte de la CBLT: de 2014 à 2024par Mahamat Barka Mahamat Korei Université de Ngaoundéré - Master 2 Recherche en Science Politique, option Relations Internationales 2024 |
4- TerrorismeCe terme est polysémique.mot ne dispose pas encore concrètement d'une définition uniforme ou universelle. Si l'on s'en tient à GILLES FERRAGU dans son ouvrage intitulé « Histoire du Terrorisme »,, l'appellation terrorisme relève de la rhétorique politique plutôt que juridique. Car, les auteurs même des actes terroristes se veulent des combattants de la liberté, des résistants, des libérateurs, des guerriers de Dieu, Etc.20(*). Mais dans un cadre purement scientifique, le terme « terrorisme » dérive du mot « terreur » issu du latin « terrere » qui veut dire trembler. La terreur s'apparente alors à une sorte d'actions qui met en péril la raison. Pour être plus clair, elle renvoie à la panique. Le terrorisme peut ainsi se comprendre comme un ensemble d'actions violentes posées par un ou plusieurs individus appelés terroristes dans le but de satisfaire une revendication ou faire valoir une idéologie. Selon le dictionnaire de Science Politique21(*), le terrorisme renvoie aux activités de groupes clandestins et organises faisant le choix d'actions violentes (assassinats, attentats, séquestrations, enlèvements, prises d'otages, sabotages, etc.) contre des intérêts politiques, économiques ou religieux. L'objectif est le plus souvent de peser sur la politique d'un Etat en créant un climat de peur qui dépasse largement le nombre de victimes et qui provoque une réaction forte dans l'opinion publique. Il faut aussi noter que le terrorisme ne comporte pas une délimitation quelconque (géographique ou temporelle). Il agit en tout temps et en tout lieu mais maintient souvent une influence sur une certaine zone qu'il considère comme conquise22(*). Nous avons l'exemple palpable des groupes terroristes au Sahel (AQMI, Mujao, Ansardine, etc.) et dans le bassin du Lac-Tchad avec la présence de Boko Haram et ses sous-branches. 5- G5 SahelC'est un cadre institutionnel de coordination et de suivi de la coopération régionale en matière de politique de développement et de sécurité. Il a été créé lors d'un sommet tenu du 15 au 17 février 2014 par 05 États : Tchad, Burkina Faso, Niger, Mali et Mauritanie. Une convention fut adoptée le 19 décembre 2014 et le siège du Secrétariat Permanent setrouve à NOUAKCHOTT en Mauritanie. Le but recherché par cette organisation est le combat total contre le terrorisme et ses sources. Selon un article publié par l'OIT (Organisation Internationale du Travail) en aout 2019, les actions du G5 Sahel sont : v Renforcer la paix et la sécurité dans la région du sahel ; v Développer des infrastructures telles que : le transport, l'eau, l'énergie et les télécommunications ; v Créer les conditions d'une meilleure gouvernance dans les pays membres ; v Renforcer les capacités et la résilience des populations en garantissant durablement la sécurité alimentaire, le développement humain et le pastoralisme. G5 Sahel a mis en place une force conjointe transfrontalière en 2017 pour lutter contre le terrorisme, le crime organisé et le trafic d'êtres humains. L'organisation supervise aussi des projets régionaux visant à améliorer les infrastructures et l'accès aux ressources avec un budget total de 2,4 milliards d'euros. Le G5 Sahel bénéficie également du soutien de plusieurs partenaires internationaux, notamment la France, qui fournit des ressources militaires et de formation à travers l'opération Barkhane. La région du Sahel étant stratégique en raison de ses vastes frontières mal contrôlées et de la présence de nombreux groupes armés qui sèment la terreur, le G5 Sahel joue donc un rôle crucial dans la stabilisation de cette zone et la promotion du développement durable.
Figure 5: Logo du G5 SAHEL Source : www.g5sahel.org Source : www.g5sahel.org * 20 Gilles FERRAGU, Histoire du terrorisme, Perrin, Paris, 2019, pp 12. * 21 Lexique de Science Politique, 4e Edition, DALLOZ, Paris, 2017, p 1103. * 22 Nguyen Quoc Dinh et Patrick Daillier, Droit International Public, LGDJ-Lextenso, Paris La Défense, 2022, pp 189-197. |
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