1 RESUME
Introduction :Le cancer se caractérise
par une prolifération anarchique de cellules atypiques envahissant les
tissus sains. Les carcinomes, issues de la muqueuse, représentent
environ 90% des cancers. Cette prolifération résulte
d'interactions complexes entre facteurs génétiques et agents
cancérigènes physiques, chimiques ou biologiques. À
l'échelle mondiale, l'incidence et la mortalité varient selon le
niveau de ressources, les progrès en dépistage étant
limités en Afrique, où la bilharziose, très
répandue, favorise les cancers épidermoïdes de la vessie. En
RDC, le fardeau est mal documenté et exacerbé par des diagnostics
tardifs et des ressources limitées.
Objectifs : L'étude vise à
déterminer si un antécédent d'infection par S.H. augmente
le risque de cancer de la vessie, entraîne des formes histologiques plus
agressives et retarde le diagnostic chez les patients au HGR IME/Kimpese. Les
objectifs spécifiques incluent la quantification de la prévalence
de la bilharziose, la comparaison des caractéristiques cliniques et
socio-économiques, l'évaluation du lien avec les formes
agressives, l'analyse des délais diagnostiques, l'identification des
facteurs d'exposition, l'impact du traitement par praziquantel, et
l'élaboration de recommandations locales pour améliorer
dépistage et prévention.
Méthodologie :Étude
cas-témoinsrétrospectivemenée à l'HGR IME/Kimpese
(2011-2021) pour explorer l'associationschistosomiaseurinaire et cancer
vésical. 160 cas histologiquement confirmés appariés
à 160 témoins hospitaliers selon âge, sexe,
résidence. Données (dossiers, registres laboratoire-anapath)
collectées via grille standardisée. Analyses descriptives
(fréquence, médiane) des variables puis multivariées (Odds
ratio, ÷², régression logistique) sous STATA ; biais
contrôlés, confidentialité respectée,
strictement.
Résultats
:Cancer de la vessie touche surtout hommes âgés
(médiane 65 ans), résidents zones bilharziose, souvent
agriculteurs exposés à eau infestée.
Antécédent schistosomiase associé au risque
élevé (OR ajusté 10,52), exposition chimique aussi (OR
2,37). Tabagisme non significatif ici. Symptômes dominés par
hématurie, carcinome épidermoïde fréquent.
Traitements chirurgicaux courants, suivi difficile.
Conclusion : Le profil des patients,
majoritairement hommes âgés, agriculteurs en zone endémique
bilharzienne, reflète une exposition prolongée et des
vulnérabilités sociales. L'antécédent de
schistosomiase multiplie par 11 le risque de cancer vésical,
accentué par une prévention insuffisante. Le retard au
diagnostic, l'accès limité aux traitements, et l'insuffisance du
suivi exacerbent la gravité et la mortalité.
Mots clés :Schistosoma Haematobium;
Schistosomiase urinaire ; Hématurie ; Cancer de la vessie ; IME/Kimpese
; Zone d'endémicité ; Carcinome
épidermoïde ; Praziquantel ;Dépistage.
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