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Association cancer de la vessie et la schistosomiase a schistosoma haematobium a l'hopital general de reference IME/Kimpese de juin 2011 a novembre 2021


par Michael EBAMBE BOMBEKO
Université protestante au Congo - Docteur en médecine 2020
  

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7 CHAPITRE IV : DISCUSSION

7.1.1 4.1-DONNEES SOCIODEMOGRAPHIQUES

Les données présentées dans le Tableau 1 offrent un aperçu significatif du profil des patients atteints de cancer vésical dans la région de Kimpese, une zone connue pour son endémicité bilharzienne. Plusieurs points clés émergent de cette analyse, corroborés par la littérature scientifique et ayant des implications en santé publique.

Avec 85 % des cas de cancer vésical survenant chez des hommes, notre étude confirme le biais de genre typiquement observé dans les cancers liés à la schistosomiase38. Ce ratio Homme : Femme de 6:1 s'explique notamment par des expositions différenciées : les hommes sont plus souvent en contact avec des eaux infestées lors des activités agricoles ou de pêche, augmentant le risque d'infection bilharzienne 16. Cette disparité appelle des campagnes de sensibilisation ciblant les hommes, tout en évitant de négliger les femmes, qui peuvent aussi être exposées lors de tâches domestiques ou agricoles.

L'âge médian des cas est de 65 ans, et 58 % ont = 60 ans. Cela reflète le caractère tardif du diagnostic, mais aussi la latence entre l'infection bilharzienne (souvent contractée dans l'enfance) et la cancérogenèse 39. Le vieillissement dans cette population s'accompagne d'une accumulation d'expositions et d'une baisse de l'immunité, ce qui aggrave le pronostic.

Il est crucial d'intégrer un dépistage précoce chez les personnes âgées en zone endémique, même en l'absence de symptômes aigus.

Le fait que 61 % des cas résident dans la Zone de Santé (ZS) de Kimpese souligne le lourd fardeau local de la schistosomiase urogénitale. Kimpese est une zone rurale où l'accès à l'eau potable est limité et où les pratiques agricoles exposent régulièrement aux plans d'eau naturels 40. Cela confirme le rôle des déterminants géographiques dans la distribution des cancers associés aux infections parasitaires 41. Une approche de santé publique territorialisée, ciblant les zones hyperendémiques, est indispensable.

Près de la moitié (49 %) des cas sont des agriculteurs, contre seulement 24 % des témoins. Cette surreprésentation illustre le double fardeau des populations rurales : exposition professionnelle aux eaux infestées (bilharziose) et possible utilisation de pesticides 10.

Le travail agricole, souvent informel et sans protection, devient un facteur de risque socialement structuré. Des programmes de prévention intégrant des formations sur les risques hydriques et chimiques sont nécessaires.

Les cas présentent un niveau d'éducation globalement plus bas : 65 % n'ont dépassé que le primaire ou sont sans instruction, contre 53 % chez les témoins. Un faible niveau d'éducation est corrélé à une méconnaissance des mesures préventives, un recours tardif aux soins et une difficulté à comprendre les messages de santé 42. Cela renforce la nécessité de messages clairs, vulgarisés, et diffusés via des canaux adaptés (radio, leaders communautaires).

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