7.1.2 4.2-ANTECEDENTS &
EXPOSITIONS
Les données du Tableau 2
révèlent des différences marquées entre les cas et
les témoins, mettant en lumière plusieurs facteurs de risque
importants pour le cancer vésical dans cette population.
La proportion considérable de patients atteints de cancer
vésical ayant des antécédents de schistosomiase (57%
contre 10% chez les témoins) confirme le rôle central du
SchistosomaHaematobium dans la cancérogenèse vésicale en
zones endémiques. Cette association, classée comme
carcinogène certain par le CIRC, s'explique par
l'inflammation chronique et les lésions tissulaires provoquées
par les oeufs du parasite43. Derrière ces chiffres se cache
une réalité telle que ; des patients souvent infectés
dès l'enfance, sans accès à une eau salubre ou à
des mesures préventives adéquates.
Parmi les patients avec antécédent de
schistosomiase, 59% des cas avaient connu trois épisodes ou plus,
suggérant un effet dose-réponse. Chaque réinfection
augmente le risque de lésions précancéreuses, transformant
progressivement la paroi vésicale 39. Cette
répétition d'épisodes infectieux illustre les carences des
systèmes de prévention dans les zones rurales
défavorisées.
Seulement 35% des cas ayant un antécédent
schistosomien avaient reçu du praziquantel. Cetraitement, pourtant
efficace pour réduire la charge parasitaire et l'inflammation chronique,
reste insuffisamment accessible44. Chaque patient non traité
représente une occasion perdue de prévention du cancer,
soulignant l'urgence d'améliorer l'accès aux médicaments
essentiels.
Si le tabagisme (31% des cas) et l'exposition professionnelle aux
produits chimiques (25% des cas) contribuent au risque, leur impact semble
moindre comparé à la schistosomiase. Néanmoins, ces
expositions additives méritent une attention particulière dans
les stratégies de prévention
intégrée45.
7.1.3 4.3-SYMPTOMES
& EXAMENS CLINIQUES
Les données cliniques du Tableau 3
dessinent un tableau cohérent avec la présentation
habituelle du cancer de la vessie.
La prédominance de l'hématurie chez 73,8% des cas
contre seulement 15% des témoins confirme son statut de symptôme
phare du cancer vésical. Cette observation corrobore les données
de la littérature qui indiquent que l'hématurie est le
symptôme initial dans 80-90% des cancers de la vessie 46.
Malheureusement, dans les zones d'endémie schistosomienne,
l'hématurie chronique est souvent banalisée comme une simple
manifestation parasitaire, retardant le diagnostic de complications malignes
10.
La fréquence élevée de dysurie (57,5%) et de
pollakiurie (54,4%) chez les cas reflète l'irritation vésicale
provoquée par la tumeur. Ces symptômes, particulièrement
handicapants au quotidien, altèrent considérablement la
qualité de vie des patients 47. Leur présence chez
près d'un tiers des témoins souligne cependant leur manque de
spécificité, pouvant survenir dans diverses pathologies
urologiques bénignes.
Les douleurs pelviennes/hypogastriques, présentes chez
47,5% des cas, suggèrent souvent une extension tumorale au-delà
de la muqueuse vésicale. Leur relative absence chez les témoins
(21,3%) renforce leur valeur d'orientation vers une pathologie organique
sévère 48. Ces douleurs persistantes contribuent
significativement à la souffrance des patients.
La présence de rétention urinaire (20%) et de globe
vésical palpable (14,4%) chez les cas signale une obstruction
mécanique avancée, nécessitant une prise en charge urgente
49.
Bien que moins fréquents, ces signes sont plus de deux
fois plus présents chez les patients cancéreux, soulignant
l'évolution souvent silencieuse de la maladie.
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