7.1.4 4.4-EXAMENS PARACLINIQUES
Les données du Tableau 4
révèlent la présence d'oeufs de S. Haematobium chez 50%
des patients atteints de cancer vésical, confirme le lien bien
établi entre schistosomiase urinaire et carcinogenèse
vésicale. Cette association épidémiologique a
été documentée par Mostafa et al. qui ont
démontré le rôle des oeufs de bilharzie dans l'induction
d'une inflammation chronique et de lésions
précancéreuses10. La banalisation de
l'hématurie en zone d'endémie schistosomienne représente
un défi majeur de santé publique, car elle retarde le diagnostic
de complications malignes.
La détection de lésions = 3 cm chez 56,9% des cas,
témoigne d'un diagnostic souvent tardif. Cette observation rejoint les
conclusions de Khaled, qui soulignait que dans les pays endémiques, les
tumeurs vésicales sont généralement diagnostiquées
à un stade avancé en raison de l'accès limité aux
soins spécialisés26. L'échographie, examen non
invasif et relativement accessible, devrait être davantage
utilisée dans le dépistage des populations à risque.
La médiane de PSA à 2,9 ng/mL chez les cas et 1,8
ng/mL chez les témoins, toutes valeurs inférieures au seuil
habituel de 4 ng/mL, suggère une faible implication prostatique dans la
symptomatologie. Ces données confirment les observations de Filella X.
et alliés sur la spécificité relative du PSA dans le
diagnostic différentiel des pathologies urologiques50.
La prédominance du carcinome épidermoïde
(59,9%) par rapport au carcinome urothélial (32,2%) est
caractéristique des séries de cancer vésical en zone
d'endémie schistosomienne. Piero Mustacchiavait déjà
observé laforte représentation du carcinome
épidermoïde de la vessie dans des paysayant une forte
endémicité de la schistosomiase tels que l'Égypte, le
Koweït, le Mozambique, l'Afrique du Sud et le Zimbabwe28.
7.1.5 4.5-TRAITEMENT
Les données du Tableau 5ont
montré que seulement 63% des cas ont bénéficié
d'une intervention chirurgicale, principalement des résections
transurétrales (77% des interventions).
La faible proportion de cystectomies totales (1%) suggère
soit ; les patients arrivent souvent à un stade où la
chirurgie radicale n'est plus possible ou alors un problème lié
au plateau technique. Ces observations corroborent les conclusions de Hussein
Khaled26qui notait que dans les régions endémiques,
les cancers bilharziens sont souvent diagnostiqués à un stade
avancé, limitant les options chirurgicales curatives.
Seulement 35% des cas ont reçu une chimiothérapie,
reflétant les barrières d'accès aux traitements
oncologiques spécialisés. Cette situation rejoint les constats
deDonald Maxwell Parkin30sur les inégalités dans
l'accès aux traitements du cancer dans les pays à ressources
limitées.
Après diagnostic, seulement 40% des cas ont reçu du
praziquantel alors que l'éradication du parasite pourrait limiter
l'inflammation chronique propice à la cancérogenèse. Bruno
Gryseels dans son étude16, a souligné l'importance du
traitement antiparasitaire même après diagnostic de cancer, pour
réduire la charge inflammatoire.
L'absence totale de radiothérapie dans notre série
reflète le manque criant d'équipements de radiothérapie
dans de nombreuses régions d'Afrique subsaharienne, un problème
déjà documenté par Michael Barton et
alliés51 dans leurs études sur les disparités
géographiques dans l'accès à la radiothérapie car
cette dernière combinée à la chimiothérapie
améliorerait le pronostic52.
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