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Association cancer de la vessie et la schistosomiase a schistosoma haematobium a l'hopital general de reference IME/Kimpese de juin 2011 a novembre 2021


par Michael EBAMBE BOMBEKO
Université protestante au Congo - Docteur en médecine 2020
  

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7.1.6 4.6-ÉVOLUTION/STATUT AU DERNIER CONTACT

L'ampleur des données manquantes concernant le statut vital (38,8 %) chez les cas et (23 %) chez les témoins constitue une limite importante dans l'interprétation des résultats et soulève des inquiétudes quant à la validité des conclusions sur l'évolution de la maladie.Cette proportion élevée de « non renseignés », surtout chez les cas, pourrait suggérer un biais de sélection : les patients les plus sévèrement atteints ou ceux ayant eu moins accès au système de santé sont possiblement surreprésentés parmi les perdus de vue. Si ces « absents » des données sont majoritairement décédés ce qui est fréquent dans les études rétrospectives en contexte de faible traçabilité, la mortalité réelle serait alors sous-estimée chez les cas, et les résultats observés (25,6 % de vivants) seraient excessivement optimistes. À l'inverse, une perte de contact avec des témoins en bonne santé pourrait surestimer la mortalité dans ce groupe.D'un point de vue méthodologique, ces manquants compromettent les comparaisons statistiques. Une proportion supérieure à 20 % de données manquantes, surtout si elles ne sont pas aléatoires, affaiblit la puissance de l'étude et introduit un risque d'erreur de classification différentielle53.

7.1.7 4.7-FORCE D'ASSOCIATION

Le premier regard porté sur nos données frappe par la force de l'association : un antécédent documenté de schistosomiase urinaire multiplie par 11 le risque de cancer vésical (OR brut = 10,99 ; IC95 % 5,9-20,4). Même après ajustement pour le tabagisme et l'exposition chimique, l'OR demeure à 10,52 ; signe d'un facteur causal qui domine le paysage étiologique local. Comparativement, la plupart des cancérogènes « classiques » (amiante, radon, benzène) oscillent entre 2 et 6 de risque relatif ; rencontrer un facteur supérieur à 10 est inhabituel et appelle une mobilisation de santé publique majeure. Ces chiffres corroborent les observations historiques d'Égypte10,31 où des OR de 2 à 16 avaient déjà été décrits. Notre étude se situe dans le haut de la fourchette, probablement parce que Kimpese cumule une endémie ancienne remontant à l'époque coloniale, des pratiques quotidiennes (bain, lessive, irrigation) encore largement dépendantes des rivières infectées et un accès limité au traitement antiparasitaire, ce qui maintient la charge d'oeufs intra vésicaux sur plusieurs décennies.

Un tel pouvoir cancérogènetrouve son explication dans les mécanismes physiopathologiques bien documentés. L'inflammation chronique provoquée par les oeufs de bilharzie piégés dans la paroi vésicale crée un microenvironnement riche en radicaux libres et cytokines pro-inflammatoires27. Cette tempête inflammatoire permanente entraîne des dommages à l'ADN, une hyperprolifération cellulaire et une inhibition de l'apoptose - autant d'étapes vers la transformation maligne. La séquence métaplasie ? dysplasie ? carcinome in situ ? cancer invasif se déroule sur des décennies, expliquant pourquoi la majorité des patients sont diagnostiqués autour de 65 ans. Cette lente progression offre pourtant une opportunité cruciale de prévention et de dépistage précoce.

La force de cette association devrait sonner comme une alarme pour les décideurs en santé publique. Comme le notait déjà Gryseels16, la lutte contre la schistosomiase représente probablement la stratégie de prévention primaire du cancer vésical la plus efficace et rentable dans les régions endémiques.

Dans les pays industrialisés, le tabagisme amplifie le risque de cancer vésical13 (Risque Relative 3). À Kimpese, l'OR ajusté de 1,15 (p = 0,59) montre qu'il n'augmente pas significativement le risque ; non qu'il soit inoffensif, mais il passe au second plan face au péril bilharzien. Autrement dit, la « réputation » épidémiologique du tabac dans le cancer vésical est sapée par « l'ampleur » de la schistosomiase. L'exposition professionnelle aux pesticides et solvants ressort, elle, avec un OR ajusté à 2,37. Plusieurs composés utilisés dans l'agriculture locale (parathion, herbicides arsenics) figurent dans les monographies des CIRC38 comme cancérogènes probables pour la vessie. La synergie inflammation + chimie pourrait expliquer l'effet additif observé.

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