LIMITES DE L'ETUDE ET PERSPECTIVES
LIMITES DE L'ETUDE
Malgré la richesse des informations recueillies, plusieurs
failles méthodologiques tempèrent nos conclusions.
v Conception rétrospective et dossiers
papier Nous avons travaillé comme des archéologues de
la statistique, fouillant des registres parfois jaunis où une
hématurie pouvait être notée d'une simple croix. Cette
collecte expose à un biais
d'information.
v Statuts vitaux lacunaires Quatre patients
sur dix, côté cas, se sont volatilisés des radars
sanitaires. Dans une province dépourvue de registre d'état-civil
informatisé, retrouver un patient revient souvent à remonter la
rivière jusqu'au village le plus isolé.
v Mesure approximative des
expositions
· Le tabagisme est codé en « oui /
non », sans quantifier la durée ni l'intensité
;
· L'exposition professionnelle aux pesticides n'a pas
bénéficié d'une liste standardisée.
v Absence de stadification TNM
complète Sans scanner ni compte rendu histologique
systématique, le stade tumoral précis manquait dans plus d'un
dossier sur deux. Or, corréler le pronostic à la charge tumorale
reste essentiel26.
v Taille d'échantillon et puissance
limitée Avec 160 cas et 160 témoins, l'étude
est robuste pour la bilharziose, mais sous-dimensionnée pour des
facteurs plus rares ou les interactions tabac - pesticides30.
PERSPECTIVES DE RECHERCHE
ET D'ACTION
v De la rétrospective à la cohorte
prospective Suivre, dès l'enfance, les habitants
exposés : documenter chaque épisode d'infestation, mesurer la
charge parasitaire par PCR urinaire, consigner le traitement reçu puis
réaliser une échographie vésicale annuelle. Une telle
cohorte préciserait la relation dose-durée et l'impact
réel du praziquantel.
v Numériser les registres et tracer les
patients
v Affiner la mesure des expositions Adopter
des questionnaires validés pour le tabac et l'alcool ; distribuer des
carnets agricoles listant les pesticides utilisés ; offrir des tests
sérologiques de schistosomiase aux travailleurs des rizières.
Mieux mesurer, c'est déjà mieux prévenir.
v Dépistage communautaire mobile Une
unité d'échographie itinérante, associée à
un traitement gratuit du parasite pour toute hématurie « banale
», pourrait casser la progression lésionnelle chez des milliers
d'habitants50.
v Intégrer l'axe
eau-pesticides-parasite Améliorer l'accès à
l'eau potable, distribuer des bottes et des gants aux agriculteurs, promouvoir
les biopesticides : autant de mesures qui réduisent simultanément
l'inflammation parasitaire et l'exposition chimique.
v Plaider pour l'équité
thérapeutique Créer des partenariats avec les centres
oncologiques urbains, subventionner le transport des patients, mutualiser un
accélérateur de particules pour la radiothérapie
régionale.
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