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Optimisation de la gestion du trafic ferroviaire en vue de la maximisation des recettes de la société nationale des chemins de fer du Congo dans la région des grands lacs


par Merveilleux MBUYU LUKAMATA
Université Pilote de Kalemie (UPK) - Licence 2025
  

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Introduction

Dans le cadre de l'évaluation de la performance opérationnelle et financière du transport ferroviaire entre 2019 et 2024, des entretiens semi-directifs ont été menés auprès de différents acteurs de la Société Nationale des Chemins de fer du Congo (SNCC) : conducteurs, responsables d'exploitation, agents de maintenance, cadres financiers et représentants syndicaux.
L'objectif de cette démarche était de comprendre les perceptions, expériences et suggestions de ces acteurs afin de compléter et expliquer les tendances observées dans les données quantitatives.
Les questions ont porté sur les contraintes opérationnelles, la ponctualité, la politique tarifaire, la sécurité et la gestion des ressources humaines.

Résultats

L'analyse des témoignages recueillis a permis d'identifier cinq thèmes principaux :

1. État du matériel roulant

Le manque de locomotives et de wagons en bon état a été cité comme la première cause de limitation du trafic.
Plusieurs témoins ont indiqué que près de la moitié du matériel est immobilisé par des pannes ou en attente de pièces détachées importées.
Cela provoque :

· Une réduction du nombre de trains mis en circulation chaque année (exemple : chute de 270 trains en 2019 à seulement 102 en 2024).

· Une sous-utilisation de la demande disponible, car des contrats de transport doivent être refusés faute de capacité.

Lien avec les données : La baisse du nombre de trains observée dans la série correspond directement aux témoignages sur la vétusté et le manque de maintenance.

2. Ponctualité et retards

Les retards sont décrits comme multifactoriels :

· Techniques : pannes en ligne ou manque de locomotives de réserve.

· Climatiques : inondations et glissements de terrain bloquant certaines sections de voies.

· Organisationnels : retards dans les opérations de chargement/déchargement.

Ces facteurs augmentent le temps moyen de retard (exemple : 25,5 min en 2024 contre seulement 10,9 min en 2023).
Une mauvaise ponctualité dégrade la satisfaction client et peut entraîner la perte de contrats au profit du transport routier.

Lien avec les données : Les années avec les retards les plus élevés ne sont pas systématiquement celles aux recettes les plus faibles, mais elles montrent souvent une corrélation négative avec le taux d'occupation.

3. Politique tarifaire

Les tarifs appliqués par la SNCC sont jugés compétitifs par rapport à la route, mais ils restent parfois en dessous des coûts réels d'exploitation, ce qui réduit la marge bénéficiaire.
Les décideurs reconnaissent que l'augmentation des recettes dépend davantage d'une hausse du volume transporté que d'une révision tarifaire.

Lien avec les données :

· Exemple : en 2022, le tarif moyen a augmenté à 1,10 USD/tonne.km, ce qui a coïncidé avec des recettes élevées (149,5 millions CDF), malgré un volume transporté inférieur à celui de 2019.

· Cela montre qu'un ajustement tarifaire ciblé, combiné à une amélioration de la capacité, pourrait améliorer la rentabilité.

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