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Les débats autour de la guerre d'Algérie à  travers le journal Le Monde


par Philippe SALSON
Université Michel de Montaigne Bordeaux III - Maà®trise d'Histoire contemporaine 2001
  

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1/ L'amnistie de 1968 : pardonner et oublier

a) Les campagnes pour une amnistie

Pour comprendre la partialité des témoignages, il faut se rappeler que la période est marquée par la loi d'amnistie 1968 qui interdit toute recherche de responsabilité pour les exactions commises lors du conflit et favorise , de cette manière, l`oubli et le silence.

Cette loi est le résultat d'une campagne souvent initiée par des personnalités et des organismes proches des anciens activistes. Ainsi, le S.P.E.S. demande une amnistie totale dans Le Monde daté du 28 mars1968 en argumentant que 22 membres de l'O.A.S. sont encore en prison alors que les « assassins notoires du F.L.N. » ont été libérés. Mais, des personnalités de gauche ont aussi le même type de démarche : à l'Assemblée, M. Defferre, député des Bouches-du-Rhône, demande l'inscription à l'ordre du jour de l'amnistie61. Le quotidien reste à l'écart d'une telle campagne, la façon dont sont relatées ces prises de position, est des plus

neutres. De même, on peut constater l'étonnant silence des anciens opposants à la guerre d'Algérie, comme si pour eux la page était déjà tournée. Le Monde se contente de révéler les résultats d'un sondage de la S.O.F.R.E.S., selon lequel 54 % des Français interrogés sont favorables à une telle amnistie. L'opinion est donc prête et semble vouloir tourner la page. La loi d'amnistie apparaît de plus en plus inéluctable, surtout depuis qu'une série de grâces a largement anticipé sur la loi : 173 anciens membres de l'O.A. S. sont, par exemple, libérés en décembre 196462.

Faut-il voir dans cette loi un pardon de de Gaulle à ceux qui ont tenté de l'assassiner et ont contesté la légitimité de son pouvoir ? On retrouve en effet parmi les principaux bénéficiaires de la loi MM. Salan et Jouhaud, généraux putschistes en 1961 et chefs de l'O.A.S. - et par conséquent commanditaires des tentatives d'assassinat de de Gaulle - ensuite, MM. Sergent et Argoud, responsables de l'O.A.S.-Métropole et donc des attentats commis sur le territoire français. Il faut, en outre, se rappeler que de Gaulle souhaitait la peine capitale pour Jouhaud et Salan en 1962. Salan, contrairement à son lieutenant, n'ayant pas été condamné à mort par le Haut Tribunal Militaire, c'est sous la pression de ses ministres que le général de Gaulle accepte du bout des lèvres de gracier Jouhaud63. Le changement d'attitude du président envers ceux qu'il a qualifiés de « félons » et qui ont voulu sa mort, est radical : il accepte de passer l'éponge. Est-ce un pardon du chrétien de Gaulle ? Difficile de le savoir.

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