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Les débats autour de la guerre d'Algérie à  travers le journal Le Monde


par Philippe SALSON
Université Michel de Montaigne Bordeaux III - Maà®trise d'Histoire contemporaine 2001
  

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b) Une continuité dans la politique gaullienne

Il faut sûrement voir dans l'amnistie une volonté politique plus générale. De Gaulle est très attaché à l'idée de grandeur de la France, mais celle-ci ne peut se réaliser que si, auparavant, l'unité de la nation a été scellée. Or après une crise telle que la guerre d'Algérie, qui a déchiré la société française, il est urgent de procéder à une réconciliation nationale fondée sur le pardon et l'oubli. C'est le but même de l'amnistie. Mais cette amnistie est aussi le symptôme d'une mémoire collective honteuse, d'où une relégation des événements les moins glorieux dans l'ombre.

Dès lors, il n'est guère étonnant que cette réconciliation soit préparée dès 1962 puisqu'une amnistie était prévue avec les accords d'Evian. Il est formulé dans ces derniers :

« L'amnistie sera immédiatement proclamée. Les personnes détenues seront libérées ». L'amnistie qui est ensuite précisée dans le décret n° 62-328 du 22 mars 1962, porte alors dans un premier temps sur les infractions commises dans le cadre des opérations de maintien de l'ordre. Cette amnistie est élargie en 1964 pour finalement concerner les infractions « commises dans les opérations de police administrative ou judiciaire ». Dès lors, la loi de 1968 n'est qu'une extension des précédentes lois, c'est la raison pour laquelle elle bénéficie principalement aux anciens activistes, les militaires ayant été amnistiés en 1962. Et c'est là qu'il faut voir une limite à la continuité de la politique gaullienne. De Gaulle aurait par ailleurs déclaré à Alain Peyrefitte en 1963, à propos d'une amnistie pour les anciens activistes : « Ce n'est pas parce qu'on a accordé l'indépendance à l'Algérie, qu'on doit couvrir de fleurs des gens qui ont combattu l'armée française »64. Versatilité ou pragmatisme du général de Gaulle ?

Cette série d'amnistie correspond aussi à la volonté de nouer des relations diplomatiques avec l'Algérie. Ces relations passent avant tout par un échange des compétences par le biais de la coopération, aidant ainsi l'Algérie à assumer son indépendance. L'intérêt pour le gouvernement français n'était pas uniquement de garder une main-mise sur le pétrole saharien ; de Gaulle voyait aussi son prestige, et celui de la France, croître au sein des pays du Tiers-Monde. Or les relations amicales entre les deux pays ne peuvent se forger qu'en mettant sous silence tout ce qui pourrait faire naître des polémiques entre les deux pays, et en particulier « les infractions commises dans le cadre d'opérations de maintien de l'ordre ».

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