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Les débats autour de la guerre d'Algérie à  travers le journal Le Monde


par Philippe SALSON
Université Michel de Montaigne Bordeaux III - Maà®trise d'Histoire contemporaine 2001
  

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b) La réplique de Vidal-Naquet

Le Monde publie, quelques jours avant le compte-rendu de Jean Planchais, une réponse de Pierre Vidal-Naquet à l'argumentation du général de Massu. L'historien, dans une tribune intitulée « La torture-spectacle » et parue le 21 octobre 1971, remet en cause la portée des révélations du général. Ces révélations sont même pires qu'une négation de l'évidence, à savoir la pratique de la torture. En effet, le témoignage de Massu, pour l'historien, tend à faire de la torture un acte médical et scientifique, niant ainsi la souffrance de la victime et le sadisme du tortionnaire : « La torture dont nous parle le général Massu est une torture aseptisée, chirurgicale, celle dont le R.P. Delarue fut le théologien : un peu d'électricité, ce n'est pas grave, est-ce même de la torture ? ».

Il lui reproche la banalisation de la torture à laquelle il se livre en tentant d'en légitimer l'usage. On peut noter le ton acerbe employé, celui de la polémique, de l'affrontement des opinions, des idéaux et des mémoires. Ce genre de réquisitoires auxquels se livrent Massu et Vidal-Naquet, implique une utilisation partiale des événements algériens et la négation de la légitimité du combat de l'adversaire, ainsi Vidal-Naquet note : « le général Massu n'a éprouvé le besoin d'être véridique que lorsqu'il parle de l'affreux terrorisme urbain que pratiquait le F.L.N. ». Bref, cette sévérité dans le jugement, la partialité des mémoires et opinons annoncent une polémique de grande ampleur sur l'usage de la torture : polémique durant laquelle les rancoeurs, jusque-là retenues, trouvent un exutoire. Et l'origine de ce débat se trouve autant dans le témoignage de Massu que dans la réponse de Vidal-Naquet, l'historien se montrant même violemment ironique vis-à-vis du général :

« Verra-t-on un jour, dans les grands magasins de notre société de consommation, mettre en vente une panoplie du parfait petit chirurgien-tortionnaire, avec une «gégène» de poche conforme aux indications données, avec tant de bon sens, dans le petit traité théorique et pratique de la torture que contient le livre du général de Massu ? »

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