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Les débats autour de la guerre d'Algérie à  travers le journal Le Monde


par Philippe SALSON
Université Michel de Montaigne Bordeaux III - Maà®trise d'Histoire contemporaine 2001
  

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3/ Le Monde et le travail de mémoire

Le Monde est toujours en première ligne pour rappeler les faits liés à la guerre. Il reste le premier des quotidiens à accorder une telle importance à la guerre d'Algérie. Ce travail de mémoire revêt deux formes différentes :

a) La rubrique nécrologique

L'actualité nécrologique est souvent une occasion de revenir sur la guerre d'Algérie et sur l'action qu'ont mené les personnalités défuntes, au coeur de la tourmente.

1975 est ainsi l'année de la mort du général Ely et du colonel Godard. A chacune de ces occasions, Jean Planchais - faut-il rappeler qu'il fut chargé des questions militaires ? - dresse un portrait du disparu suivi d'une rapide biographie. Planchais montre ainsi le rôle déterminant qu'a joué le général Ely161, alors chef de l'état-major, lors du 13 mai puis il met en relief comment la démission du général Ely a facilité l'accession de de Gaulle au pouvoir. Démission qui n'est pas motivée par un objectif politique - le retour de de Gaulle - mais présentée comme protestation contre la menace qui pèse sur la cohésion et l'unité de l'armée après l'arrestation de deux des collaborateurs d'Ely.

Jean Planchais apparaît réellement fasciné par l'homme du mystère et du complot qu'est le colonel Godard162. Il dresse le portrait d'un homme recherchant avant tout l'action et n'étant efficace que dans l'action : Godard est ainsi agacé par les querelles idéologiques au sein de l'O.A.S. Jean Planchais parvient à rendre Godard presque sympathique, on est loin de l'image d'extrémiste d'un ex-O.A.S.

161 dans « Le général Ely est mort », 21 janvier 1975

162 voir « Le colonel Yves Godard est mort », 6 mars 1975

Mais, c'est essentiellemnt à l'occasion de la mort de Houari Boumedienne que le quotidien revient sur le conflit algérien. Sa mort prend une résonance internationale : c'est le dirigeant de l'Algérie qui disparaît. Le Monde lui consacre alors sa une et cinq pages à l'intérieur du journal163. Nous avons déjà souligné (cf. p.74) l'intérêt des entretiens de Paul Balta, journaliste au Monde, avec Boumedienne, quant à la vision de l'ancien chef d'étatmajor sur la guerre d'Algérie. Mais il faut aussi noter les qualités du portrait rapide que dresse Jean Lacouture : il montre en particulier la continuité de la foi nationaliste de Boumedienne, du jeune militant du P.P.A. au chef d'état-major de l'A.L.N. Les nécrologies sont ainsi un formidable moyen de familiariser le public avec les principaux acteurs du conflit, d'en dresser un portrait rapide mais complet.

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