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Les débats autour de la guerre d'Algérie à  travers le journal Le Monde


par Philippe SALSON
Université Michel de Montaigne Bordeaux III - Maà®trise d'Histoire contemporaine 2001
  

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B/ Une volonté de commémoration

1/ Commémorer pour ne pas oublier

Devant la carence de l'institution scolaire et de l'Etat à mettre un point un véritable enseignement sur la guerre d'Algérie, les différents acteurs du conflit se sentent chargés de cette mission éducative. Les jeunes n'ont pas connu la guerre et ne savent rien, ou presque rien, (cf. p.98) sur elle, suite à la politique du silence pratiquée :

« Selon [les dirigeants de la F.N.A.C.A.], l'évocation de la guerre d'Algérie dans les manuels scolaires est parfois inexacte, touj ours insuffisante. « Cette période de notre histoire n'a pas la place qu'elle mérite », a déclaré récemment M. Michel Sabourdy, secrétaire national de la F.N.A.C.A. »178

Or, le déchaînement de passions qu'a provoqué et provoque encore le conflit peut

paraître incongru à la jeune génération. Claude Sarraute constate ainsi , à propos de l'émission Apostrophes consacrée à la guerre d'Algérie, que le débat s'est limité à un « affrontement véhément, passionné entre des points de vue inconciliables et souffrant, du coup, aux yeux de

nos enfants, de l'absence de toute crédibilité »179. Cette volonté éducative que l'on avait relevée dans les émissions télévisées, est donc une tâche ardue.

Les associations d'anciens combattants et de rapatriés entendent, par la commémoration compléter l'instruction civique de ces nouveaux électeurs - un citoyen né en 1962, à la fin du conflit, peut en effet voter à partir de 1980. Or, une commémoration ne met en valeur qu'un événement précis, un seul type d'engagement sans que l'esprit critique ne soit engagé. Sa portée instructive est moindre qu'une histoire de la guerre d'autant plus qu'elle risque de léguer à la jeune génération une mémoire partisane et biaisée. Mais l'enjeu est considéré comme primordial, d'où les querelles sans fin sur la commémoration du 19 mars. Cependant, de telles polémiques ne vont pas dans le sens d'une mission éducative, elles ne peuvent que laisser perplexe une génération qui n'a pas vécu « les événements ».

En outre, ces commémorations sont aussi l'occasion de solliciter une reconnaissance de la guerre d'Algérie par l'Etat et, à défaut, par la société. En effet, la spécificité des ces commémorations, par rapport à celles en l'honneur des morts d'autres guerres, tient en ce qu'elles sont organisées par des associations et se déroulent en dehors de toute voie officielle. Une reconnaissance de ces combats favoriserait le devoir de mémoire et permettrait d'inscrire les faits dans la mémoire collective.

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