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Les débats autour de la guerre d'Algérie à  travers le journal Le Monde


par Philippe SALSON
Université Michel de Montaigne Bordeaux III - Maà®trise d'Histoire contemporaine 2001
  

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c) Un enjeu éminemment politique : la pratique parlementaire de la Vème République par la gauche

Si le gouvernement reste sur sa position, c'est aussi parce que François Mitterrand a eu l'impression de recevoir un camouflet et n'apprécie guère que son autorité ne soit pas respectée. En effet, ses mots d'ordre n'ont pas été suivis d'effet et les députés ne se sont pas sentis concernés par ses promesses électorales. C'est que l'enjeu est avant tout politique.

Dans le fonctionnement de la Vème République, les partis se partagent en deux blocs : la majorité et l'opposition. Le gouvernement est issu de la majorité, qui comme son nom l'indique possède la majorité des sièges à l'Assemblée, et peut donc compter sur les voix de ses députés pour faire passer ses projets de loi. Le général de Gaulle avait, par exemple, tendance à considérer l'Assemblée Nationale comme une chambre d'enregistrement. Les députés de la majorité étaient accusés par ceux de l'opposition de jouer le rôle de « godillots », d'être « à la botte » du gouvernement. François Mitterrand a longtemps ironisé sur ce travers de la Vème République. Or celui qui a combattu le régime, se retrouve chef d'un Etat dont la Constitution n'a pas, ou peu, changé depuis l'époque où il la critiquait avec violence247. Dès lors, l'enjeu de cette crise consiste aussi à déterminer la marge de manoeuvre,

l'autonomie que peuvent escompter les députés socialistes par rapport aux mots d'ordre de leur président. C'est la question de la coordination politique entre l'exécutif, le parti et le groupe parlementaire socialiste qui est en jeu.

Dans ce bras de fer, le P.S. entend montrer qu'il ne tient pas à être une simple force d'appui mais qu'il est prêt à donner son avis, même s'il est contraire à celui du gouvernement. C'est à un changement de la pratique parlementaire qu'aspire le parti socialiste : les députés refusent d'être de simples « godillots ». Ironie de l'histoire, en modifiant le texte de loi, les socialistes sont restés fidèles à la volonté affichée par Mitterrand de rendre tout son pouvoir au Parlement.

Dès lors, il apparaît inconcevable que les député fassent machine arrière. Cependant, le président ne peut laisser l'impression qu'il a subi un « revers ». Il perdrait de la crédibilité envers les citoyens et, en particulier, envers les rapatriés. La seule solution pour sortir de cette crise intra-socialiste reste alors le passage en force...

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