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Les débats autour de la guerre d'Algérie à  travers le journal Le Monde


par Philippe SALSON
Université Michel de Montaigne Bordeaux III - Maà®trise d'Histoire contemporaine 2001
  

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c) L'encadrement de la mobilisation des rapatriés

En première ligne de la querelle, se trouvent les associations de rapatriés et d'anciens combattants qui font pression sur les directeurs de salle : l'A.N.F.A.N.O.M.A., l'U.N.C.- A.F.N., l'Association des combattants de l'Union Française et le F.N.R. (cf. glossaire dans les annexes) ont ainsi indiqué dans une déclaration commune que la projection de La Bataille d'Alger était une « véritable provocation de nature à troubler l'ordre public »54. Il est notable qu'il s'agisse d'associations nostalgiques de l'Algérie française. Cette agitation a bel et bien un but politique : affirmer la capacité de mobilisation, montrer la force de ces associations et s'assurer une certaine publicité pour ne pas être oublié des pouvoirs publics. La polémique se déroule en effet en pleine négociation d'une indemnisation pour les rapatriés, loi qui est votée le 30 juin 1970. Par cette loi, le gouvernement reconnaît que la nation est redevable à ses concitoyens ayant vécu en Algérie, de ce qu'ils ont laissé là-bas. L'Etat admet implicitement qu'il est responsable de l'exode de 1962, cette indemnisation est une réparation pour le dommage subi. Les pieds-noirs ne sont plus, comme le pensait le général de Gaulle (cf. infra), les seuls fautifs de leur situation, au contraire, ils en sont les victimes.

L'enjeu est, du point de vue des rapatriés, de s'afficher unis et mobilisés pour faire pression sur le gouvernement afin que celui-ci se montre généreux, politique qui se poursuit jusqu'à la loi d'amnistie de 1982. Cette volonté d'union est d'autant plus difficile à mettre en pratique que la population pied-noir est traditionnellement très « éclatée » politiquement. Toutefois, se met en place une association qui se veut unitaire, bien qu'affichant sa sympathie pour l'Algérie française55 : le F.N.R. dirigé par Edmond Jouhaud et créé en 1969. L'unité n'est que partielle mais elle permet aux rapatriés d'apparaître plus crédibles sur la scène

publique. La mobilisation autour de La Bataille d'Alger a valeur de test en la matière.

On peut remarquer que les association qui se sont indignées de la projection du film de Pontecorvo, appartiennent toutes à la sphère idéologique de l'Algérie française. Elles ne sont donc pas représentatives de l'ensemble de la population rapatriée et encore moins de l'ensemble des anciens combattants de l'Algérie française. C'est leur forme de mobilisation, une agitation « musclée », qui donne une grande résonance à leur action. L'extrémisme de cette minorité n'est en fait pas généralisé.

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