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Microfinance et développement: une mise en évidence théorique et empirique de la relation

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par Hermann-Didier TEBILI
Université Paul Cézanne Aix en Provence Faculté d'économie Appliquée - Master Institutions et Développement 2008
  

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3 Limites de la responsabilité conjointe

3.1. Le problème du défaut stratégique

Le problème du défaut stratégique a été analysé Diagne [1998]; Besley et Coate [1995]. La défaillance stratégique se définit par l'absence de volonté de la part de l'emprunteur de respecter son engagement malgré la réussite de son projet. Besley et Coate [1995] constatent un effet négatif de la responsabilité conjointe sur le niveau de remboursement. Ceci est dû à la défaillance stratégique. En effet, en raison de la défaillance stratégique de certains emprunteurs, les autres membres du groupe refusent de rembourser et ainsi faire jouer le mécanisme de caution solidaire. Donc le défaut stratégique de quelques membres du groupe peut entraîner celui de l'ensemble du groupe.

Ces auteurs ont élaboré un modèle basé sur la théorie des jeux avec deux emprunteurs homogènes au sein d'un groupe ou le choix ne porte pas sur le choix du projet mais sur la volonté de rembourser ou pas l'emprunt. Dans le cadre de ce modèle, le prêteur applique une sanction au(x) membre(s) défaillant(s). Le niveau de la pénalité augmente en fonction de la production mais reste inférieur à cette dernière. L'emprunteur maximise son utilité (lorsqu'il rembourse) par rapport à deux contraintes: l'information sur le choix potentiel de son emprunteur et le niveau de la sanction infligé par le prêteur. Pour un emprunteur dont le projet réussit, si le projet de son partenaire échoue, le premier va choisir de ne pas rembourser son prêt. Par conséquent, tout le groupe (binôme) sera défaillant. Force est de constater que l'élément principal qui occasionne cette défaillance stratégique est le fait de devoir payer pour son partenaire, ce qui est l'essence même de la responsabilité conjointe.

Le modèle de Besley et Coate [1995] démontre qu'en présence de responsabilité conjointe, les emprunteurs peuvent choisir volontairement de ne pas honorer leurs engagements afin d'éviter de venir en aide à leur partenaire.

Diagne [1998] analyse la défaillance stratégique dans une optique totalement différente de celle de Besley et Coate [1995]. Jusqu'à présent toutes les analyses théoriques que nous avons présentées mettent l'accent sur l'avantage informationnel que possèdent les membres du groupe par rapport au prêteur (l'institution de microfinance). Ce qui constitue un avantage au groupe pour la sélection, la surveillance mutuelle et la pression des pairs [Stiglitz 1990; Varian 1990 ; Ghatak 1999]. La réussite du contrat de façon individuelle est cautionnée par la réussite du projet financée [Besley et Coate 1995]. Cependant pour Diagne [1998], la défaillance stratégique est due

d'une autre forme d'asymétrie informationnelle jusqu'à la pas analysé par la théorie économique sur le prêt de groupe. Il s'agit de l'information imparfaite et asymétrique les membres au d'un groupe concernant la volonté de rembourser de leur partenaire. Diagne [1998] que la principale raison défaillance dans le prêt de groupe n'est pas l'incapacité, mais l'absence de volonté de rembourser le crédit. La volonté de rembourser étant une information privée, les membres du groupe ne sont pas sûrs des intentions de remboursement des leurs partenaires. Si un membre accorde peu d'importance aux crédits futurs et qu'il doute de la volonté de rembourser d'au moins un des ses pairs, il est optimal pour lui de ne pas ne pas respecter son contrat. En effet, s'il rembourse sa part et qu'au moins un membre est défaillant sachant que la pression des pairs n'a pas eu d'effets positifs, tout le groupe sera considéré comme défaillant. De ce fait l'utilité de l'emprunteur s'en trouve réduite. Par contre si l'emprunteur décide de ne pas rembourser, il ne bénéficiera pas des crédits futurs, mais dans ce cas son utilité reste intacte. Donc l'emprunteur préfère ce deuxième cas de figure car elle maximise son utilité.

À la différence de Besley et Coate [1995], c'est le fait que les emprunteurs n'accordent pas d'importance aux crédits futurs qui entraîne la défaillance stratégique pour Diagne [1998]. Or, l'accès au crédit futur est une des incitations utilisées dans les prêts de groupe avec caution solidaire pour pousser les emprunteurs à rembourser.

Ces deux papiers montrent que l'incapacité de la responsabilité conjointe à améliorer la performance du prêt du groupe réside même dans les règles qui la fondent.

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