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Les outils de mise en place d une démarche qualité appliquée à l'ingénierie de formation

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par Yannick Rivera
Université de Grenoble - Sciences de l'éducation - Master 2 2007
  

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Action 3.2 : Proposition d un document type d évaluation à froid et d une aide à destination des formateurs

a/ Etat des lieux des pratiques dévaluation des formations en entreprise

Nous nous baserons ici sur l étude nationale INFFOLOR de 2006 : La formation est elle réellement au service du développement des compétences ?

Il était, entre autre, question de savoir dans cette étude, si, à l issue de la formation, les collaborateurs des entreprises bénéficiaient d un plan de mise en uvre planifié des connaissances acquises. A l issue de l enquête, on peut conclure que si l envoi en stage de formation reste l élément rendant le salarié « plus compétent », il n y a pas de « gestion post formation » formalisée. Les entreprises disent « ne pas planifier de temps pour la mise en uvre des acquis de la formation dans le champ professionnel » (p 4).

63% des entreprises reconnaissent que l encadrement a rarement une mission formalisée, dans l accompagnement des collaborateurs, à l issue de la formation. « Cette problématique reste donc fondamentale dans le sens où elle démontre que pour les entreprises, aller en formation, est suffisant pour développer les compétences. » (p6)

Ce constat est appuyé par l analyse des résultats sur l évaluation. Si la moitié des entreprises annonce une volonté de mesurer les résultats en formation, elles semblent peu équipées sur les critères à mesurer et les outils à disposition.

Lorsque l évaluation est pratiquée, elle se résume essentiellement à la demande

d évaluation à chaud, remise par l organisme de formation ou à un entretien avec le stagiaire, à son retour de stage, pour savoir comment il sest déroulé. Latteinte des objectifs pédagogiques ne fait pas l objet de vérifications plus poussées. En conclusion, on s aperçoit que l évaluation est peu formalisée et centrée uniquement sur l entretien avec le collaborateur mais aussi qu il persiste une confusion entre la satisfaction (60 % des entreprises la demande systématiquement) et l efficacité (30 % des entreprises s interroge sur l atteinte des objectifs). Les TPE représentent 51 % des entreprises qui évaluent à moyen terme les résultats opérationnels de la formation.

b/ Un apport théorique apporté sur l évaluation aux formateurs Comundi

Lévaluation ne porte pas de façon générale sur la session de formation mais doit se décomposer en trois cibles :

1. Les effets de la formation (ce sont les acquis et le transfert des connaissances)

2. Les bénéficiaires (les ressentis)

3. Laction de formation (l organisation de la session et l ingénierie de formation)

Si l évaluation porte sur les effets, cest qu on a une vision opérationnelle et que l on pourra rendre compte auprès du management : « Qu est-ce que cette action de formation a rapporté ? »

Si l évaluation est centrée sur les bénéficiaires, elle suppose une logique de Ressources Humaines. On apprécie des aptitudes, des satisfactions, des potentiels, des acquisitions, on certifie, on valide des parcours.

Enfin, si l évaluation porte sur l action de formation, on est dans une démarche qualité, on recherche la conformité avec le cahier des charges.

Les opérationnels, les financiers, la DRH, le Comex (Comité exécutif), les IRP (Instances Représentatives du Personnel), les salariés ; tout le monde veut savoir à quoi sert la formation.

Chaque corps de métier dans l entreprise se pose des questions sur la mesure de la portée de la formation.

Pour les opérationnels : « Quel est le rapport entre le temps investi et les nouvelles compétences acquises ? »

Pour les financiers : « Quel est le retour sur investissement de l action ? »

Pour la DRH : « Quelles sont les compétences acquises en lien avec la gestion prévisionnelle et l évolution des métiers ? »

Pour le Comex : « Quel est l apport de cette formation avec la mise en uvre de la stratégie de l entreprise ?

Pour les IRP : « Quelle est la plus-value de cette action dans la sécurisation du parcours professionnel des bénéficiaires ? »

Et enfin, pour les bénéficiaires eux-mêmes : « Quel sera le lien entre cette action et leur développement professionnel ou le maintien de leur employabilité ? »

Nous partirons, pour cette étude, du principe qu évaluer, cest mettre en relation des éléments issus d un observable ou référé et un référent pour produire de l information éclairante sur l'observable, afin de prendre des décisions (Hadji, 1990). Un référent est ce à quoi se rapporte pour devenir plus intelligible un matériel donné (Ardoino & Berger 1989). Il comporte l'objectif de l'action (les compétences visées) et les critères sur lesquels on

sappuiera pour évaluer l observable. Si on évalue un produit fini, il sagit des qualités attendues de ce produit ; sil on évalue un processus, il s agit des opérations invariantes à réaliser pour fabriquer ce produit et qui mettent en jeu les compétences visées.

Le référé, cest l observable et les indicateurs qui permettront de se prononcer en fonction des critères.

La compétence peut être définie comme un ensemble de savoir-faire conceptualisés dont la maîtrise implique la mise en uvre combinée de savoirs formalisés (connaissances scientifiques et techniques), de savoirs pratiques et comportementaux, d opérations mentales (Vergnaud, 1995). La compétence se développe et s évalue à travers la réalisation de tâches et des effets qui en résultent (i.e. la performance). Campanale (1997) précise que l on peut distinguer compétences générales ou transversales (dégager l essentiel, problématiser, travailler en équipe ) et des compétences spécifiques à une discipline (savoir-faire métier).

Dans le cas particulier de la formation d adultes, plusieurs modalités sont envisageables pour mesurer les acquis :

Tests de connaissances auto et hétéro évalués

Evaluation des dernières mises en situation

Cartes conceptuelles

Questionnaires sur les pratiques donnés à remplir avant, à la fin et plus tard. Evaluat ion de projets.

Parmi ces modalités, l autoévaluation nous semble intéressante en formation pour adulte. Il sagit dune évaluation interne, conduite par le sujet sur sa propre action et sur ? ce qu elle produit.

Cest un processus d'altération de son référentiel d action au cours de confrontations entre son propre référentiel et celui ou ceux d autrui (Campanale, 1997). Elle se traduit par un dialogue de soi à soi, une réflexion métacognitive (Allal, 1999). Lautoévaluation délibérée, qui amène le sujet à interroger, réguler, transformer son action (produit, démarche, conceptions implicites sous-jacentes) ne peut être imposée. Elle favoriserait le transfert d un apprentissage (Jorro, 1999).

Allal (1999) distingue trois types de modalités d organisation de situations d autoévaluation :

1. Lautoévaluation au sens strict, où le sujet contrôle sa production avec une grille de référence.

2. Les évaluations mutuelles réciproques (faites sur des productions émanant des stagiaires-évaluateurs) et non réciproques (faites sur des productions externes aux stagiaires-évaluateu rs).

3. Les co-évaluations, évaluations conjointes du stagiaire et du formateur, à partir d une grille de critères.

c/ Le modèle de Kirkpatrick

1. Une évaluation du ressenti et des effets

Nous distinguerons aussi ici 4 niveaux des effets de l action de formation selon le modèle de Kirkpatrick (1998). Ces quatre niveaux d évaluation permettent de balayer les effets de la session de formation du ressenti à la rentabilité.

Niveau 1 : Evaluer les réactions (Vécu de la formation, ressenti, utilité pour les participants en fin de stage)

Niveau 2 : Evaluer les apprentissages (savoirs et savoir-faire durant le stage sous les formes d évaluation cités plus haut)

Niveau 3 : Evaluer les applications/transferts des acquis sur le terrain (Observation, entretiens téléphoniques impromptus à postériori du stage)

Niveau 4 : Evaluer les résultats (Rentabilité, retours sur investissements pour l entreprise)

Tous ces niveaux donnent des indices d efficacité de la formation (de la satisfaction à la rentabilité pour le client). Le Boterf, (1998) propose une carte conceptuelle afin de

représenter graphiquement la satisfaction des stagiaires suivant certains critères (cf annexe 10 Exemple d une carte de satisfaction des apprenants).

Quelques critères de satisfaction (niveau 1) :

Prestation du formateur

Accueil des participants

Qualité de la salle de formation Matériel de formation

Supports pédagogiques

Contenu de la formation par rapport aux objectifs initiaux Qualité des repas

Quelques critères d impacts ou de transfert de la formation en situation de travail (Niveau 3) :

Atteinte des objectifs opérationnels énoncés en amont de la formation

Utilisation de la formation en cours d emploi (comment ce qui a été transmis pendant la formation est applicable en situation de travail)

Impacts sur le travail des formés

Satisfaction avec du recul

Les évolutions de poste (polyvalence, nouvelles responsabilités, évolution de poste )

2. Des critiques déterministes

Ce modèle à quatre niveaux présente des limitations. Bates (2004) propose trois limitations du modèle de Kirkpatrick qui ont des implications sur la capacité des évaluateurs à produire de l information au client sur les avantages et les intérêts de la formation pour les stagiaires et l entreprise.

Il s'agit notamment du caractère incomplet du modèle, de l hypothèse de causalité, et de la croissance de l importance des informations au fur et à mesure que les 4 niveaux progressent.

Ce modèle quaternaire présente une vue trop simplifiée de l'efficacité de la formation qui ne tient pas compte de l influence individuelle ou du contexte dans l'évaluation de la formation. Bates (ibid.) précise qu un courant de la recherche au cours des deux dernières décennies a documenté la présence d'un grand éventail de facteurs qui peut influencer l'efficacité de la formation avant, pendant ou après le stage. Ces facteurs peuvent provenir des organisations, des individus, de la conception ou de l'exécution du stage.

L'hypothèse de liens de causalité du modèle de Kirkpatrick suppose que les 4 niveaux de critères représentent une chaîne de causalité telle que des réactions positives à la suite de la formation produisent plus de transfert et donc plus d apprentissages et par là même, plus de résultats positifs dans l organisation de l entreprise.

Limportance croissante de l'information donnée par le modèle de Kirkpatrick suppose que chaque niveau de l'évaluation fournit des données plus informatives que la précédente. Cette hypothèse a généré la perception chez les évaluateurs que la mise en place au niveau quatre du modèle résultats donnera les informations les plus utiles sur l'efficacité du programme de formation.

Ces trois reproches formulés sur le modèle détaillé au-dessus ont tous en commun le caractère déterministe sous-jacent à ce type d évaluation. Les critiques sont donc d ordre éthique car l évaluation porte majoritairement sur les stagiaires eux-mêmes sans considération des facteurs extérieurs.

d/ L évaluation du processus de formation

Le troisième type d évaluation possible est celui de l évaluation du processus de formation (vs effets et satisfaction).

En ingénierie de formation d adultes, cette évaluation du processus comprend (Campanal, 1997) :

L évaluation de l action par le formateur (critères : Conformité au cahier des charges,

Pertinence à la situation réelle, Cohérence, Efficacité de l action de formation)

L évaluation du dispositif global par le responsable Formation d une entreprise pour les actions qu il a commanditées.

Dès lors que l on parle d évaluation de la conduite de la séquence, plusieurs types de critères de réussite seront identifiés (ibid.).

Les critères d évaluations sont des dimensions abstraites, qualitatives d un objet sur lesquelles on s appuie pour se prononcer sur l objet. On distinguera alors des critères de réussite et critères de réalisation. Ces critères sont faiblement inclus dans le modèle de Kirkpatrick. Nous nous proposons ici de les développer et d en soumettre quelques uns.

Les critères de réussite sont des caractéristiques du produit attendu, retenues pour l estimer et l apprécier, en fonction d un référent préétabli (conformité à la consigne, exactitude, complétude, cohérence, pertinence, rigueur, communicabi lité, originalité, efficacité...)

Les critères de réalisation ou opérations invariantes impliquées par la réalisation de la tâche découlent d une analyse de la tâche. Ils servent aux stagiaires pour se guider dans la réalisation et améliorer leur action, autrement dit pour la réguler, et aux formateurs pour repérer où se situent les erreurs et produire un feedback en cours d apprentissage.

Ces critères sont déclinés en indicateurs mesurables. Un indicateur est la version ou conversion concrète d un critère, un indice pris dans l observable qui permet de dire si l objet répond au critère (ex. les idées présentes dans le résumé, l enchaînement de ces idées ; le pourcentage de réussite des étudiants aux tests de contrôle ...). A un même critère, correspondent, en général, plusieurs indicateurs qui se combinent.

Critères de réussite d une situation de formation :

Présentation des objectifs, du déroulement,

Prise en compte des attentes et des questions des apprenants

Interventions orales pertinentes, précises et concises,

Maintien de l attention

Feed-back et Régulations

pertinents

Gestion souple mais maîtrisée du temps en fonction des aléas Gestion ferme des comportements / des règles de vie

Temps ménagés pour la structuration des connaissances

Utilisation pertinente de supports de communication

Alternance pertinente apports et situations de production

Modalités d évaluation formative pertinentes, différenciées et « économiques »

Modalités d évaluation sommative adaptées

Critères des conditions de travail :

Conditions matérielles Informations préalables sur le contexte

Accueil

Déjeuner

Relation avec les autres personnels

Critères de réussite de la préparation d une séquence :

Conformité de l objectif général aux I.O.

Degré de généralité de l objectif adapté au niveau réel des stagiaires

Cohérence objectifs spécifiques- objectif général

Pertinence des contenus et des situations d apprentissage / l objectif et aux stagiaires

Variété des activités

Organisation temporelle

pertinente et équilibrée

Clarté et pertinence des supports Clarté et précision des consignes de travail prévues

Prévision de modalités

dévaluation formative et
som mative

A la suite de ces observations, une note de synthèse est rédigée à l intention des formateurs. Elle doit permettre de niveler vers le haut les pratiques en matière d évaluation à chaud et donc d améliorer la qualité des formations Comundi. Cette « note

d accompagnement des formateurs dans les modalités d évaluation des formations Comundi. » est proposée en annexe 12.

e/ Les 9 étapes d un système dévaluation

 

AMONT

EN COURS

AVAL

EFFETS

A. Objectifs Opérationnels

D. Mobilisation

G. Ecarts

BENEFICIAIRES

B. Ciblage

E. Appropriation

H. Validation

FORMATION

C. Cahier des

charges

F. Qualité

I .Mise en uvre

Définitions à partir du tableau :

A. Objectifs opérationnels : Ce sont les bénéfices attendus et mesurables (référents)

B. Ciblage : Le positionnement, la sélection des stagiaires

C. Cahier des Charges : Description de l action de formation

D. Mobilisation : Leffet d entraînement en cours de formation ainsi que la satisfaction

E. Appropriation : les acquis des stagiaires (évaluation durant le stage)

F. Qualité : la conformité au cahier des charges

G. Ecarts : le bilan opérationnel de la formation (référé)

H. Validation : La constatation de la valeur ajoutée aux participants

I. Mise en uvre : La transposition de la formation à l exploitation

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"Ceux qui vivent sont ceux qui luttent"   Victor Hugo