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Organisation du dispositif RMI et impact sur le parcours d'insertion professionnelle des allocataires RMI. Quels sont les freins institutionnels qui influent sur les parcours d'insertion ?

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par Dominique BOURIEZ
Université de Lille III - Master Sciences Humaines et Sociales, option Conseil en développement des compétences et valorisation des acquis ( CDVA) 2007
  

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B -Le rôle des instances locales

Il est nécessaire de rappeler ici que l'organisation territoriale dépend des acteurs et que chaque territoire à une organisation particulière. Aussi, cette partie s'appliquera à décrire les instances locales susceptibles d'intervenir et les champs d'action qui les concernent.

1 - Le rôle des communes dans les politiques d'insertion professionnelle.

Les actions des communes peuvent prendre différentes formes :

- Insertion et réinsertion des publics en difficulté par les contrats de travail aidé (CA/CAE...)

- Mise en place de lieu d'information et d'action de formation

- Actions pour le développement des entreprises et de l'emploi

- Soutien des EI

- Soutien aux infrastructures telles que les MDL, les PLIE...

Les communes investissent selon leurs moyens dans les équipements, les moyens humains, les emplois aidés et l'apprentissage public.

Elles peuvent aussi aider les entreprises par des prêts, des bonifications, des exonérations fiscales, une augmentation des primes à la création d'entreprise, par l'achat ou la location de locaux, etc....

Les communes peuvent signer une convention avec l'état afin d'élargir leurs compétences en matière économique.

Enfin, les communes peuvent aussi jouer un rôle concernant l'attribution des marchés publics par l'intégration des clauses d'insertion dans le cahier des charges, qui prévoient des engagements en matière de création d'emploi, de condition de formation ou de statut des personne embauchées, etc.

Les structures intercommunales revêtent trois formes principales :

- Les communautés de communes

- Les communautés d'agglomération - Les communautés urbaines

Ce sont des établissements publics de coopération intercommunale. La loi permet cependant un transfert des compétences communales en matière économique vers cet établissement public.

Ces structures permettent d'organiser de façon commune les politiques d'insertion, d'emploi et de formation sur le bassin de l'emploi.

La politique de la Ville, dont le cadre à été rénové par la loi pour l'égalité des chances et le comité interministériel de la ville du 9 mars 2006, vise à apporter une solution globale à des territoires urbains connaissant une fracture sociale et territoriale, en réinsérant les quartiers difficiles dans le tissu urbain.

L'Etat a dirigé son action en faveur des quartiers en difficulté et de leurs habitants sur 5 axes prioritaires :

> L'accès à l'emploi et le développement économique > L'amélioration de l'habitat et du cadre de vie

> La réussite éducative et l'égalité des chances

> la citoyenneté et la prévention de la délinquance > L'accès à la santé

Il y a plusieurs acteurs intervenants dans la politique de la Ville : Au niveau national :

> La délégation interministérielle à la Ville, le comité interministériel des Villes et le conseil national des villes.

> Six préfets délégués à l'égalité des chances sont nommés et représentent les services territoriaux de l'Etat

Au niveau local :

> Les maires et les élus

> Les acteurs de terrain tels que les associations, les services publics etc. > L'observatoire national des zones urbaines sensibles

La politique de la Ville s'effectue dans le cadre du contrat urbain de cohésion sociale depuis janvier 2007.

Conclu entre l'Etat et les communes pour une période de trois années, il est reconductible après évaluation. Il permet la mise en oeuvre contractualisée des interventions de l'Etat en faveur des territoires les plus en difficulté.

Elaboré par les communes, en partenariat avec les départements et les Régions, il met en place un projet local de cohésion sociale en complément des projets de rénovation urbaine, selon des programmes pluriannuels précisant des objectifs précis et évaluables.

L'Agence Nationale pour la cohésion sociale et l'égalité des chances signe les conventions avec les communes pour l'accompagnement des actions en faveur de la politique de la Ville.

L'accès à l'emploi et le développement économique se font au travers des dispositifs de type Zone Franche, ou « défense deuxième chance » (écoles de la deuxième chance), parmi eux, deux programmes spécifiques : accès aux métiers du sport pour 2500 jeunes en 2006 et Parcours d'insertion professionnelle pour 6000 jeunes sous main de justice.

2 - Le conseil de développement :

C'est l'une des innovations de la loi d'orientation pour l'aménagement et le développement durable du territoire du 25 juin 1999, confirmé par la loi Urbanisme et habitat du 2 juillet 2003.

Cette instance permet d'associer les acteurs socio-économiques d'une agglomération pour l'élaboration et la mise en oeuvre du projet territorial.

Il est librement organisé par les élus des établissements publics de coopération intercommunale (EPCI) ou des communes.

Les membres sont nommés directement par les élus, par des organismes jouant le rôle de relais et de mobilisateur de leur secteur d'activité, ou par recours à une élection par famille d'acteurs.

Il comprend des représentants des milieux économiques, sociaux, culturels et associatifs.

Le conseil de développement est consulté par les agglomérations lors de l'élaboration du projet d'agglomération, et pour toute question relative à l'agglomération (aménagement et développement de celle-ci).

Le conseil peut être appelé à développer d'autres missions de type formation, développement de projets d'action sociale...

C'est pourquoi nous l'évoquons ici.

3 - Le rôle de l'ANPE dans le dispositif du RMI

Le 6 décembre 2005 l'ANPE a signé un accord cadre avec l'Assemblée des Départements de France pour l'insertion des allocataires du RMI. Il souligne l'importance de partenariat entre les conseils généraux, l'ANPE et encadrent les échanges locaux pour les actions mises en oeuvre.

Mobilisée au titre de l'État, l'ANPE met à disposition des agents affectés à l'insertion professionnelle du RMI, qui disposent de prestations spécifiques sur ce dispositif.

Ces prestations sont déclinées sur :

- Connaissance du réseau professionnel insertion du territoire

- Outils opérationnels destinés aux employeurs des demandeurs d'emploi - Outil informatique

- Connaissance du public et secteur d'activité et économique
- Adaptation des interventions aux besoins des départements

L'ANPE propose d'assurer les services spécifiques de RMI afin d'optimiser l'efficacité du dispositif en répondant au contexte local et aux besoins des départements. La mise en oeuvre des services emploi sur les compensations financières établies au niveau national est basée sur l'intervention de deux types de profils : les conseillers RMI et les conseillers chargés d'emploi RMI.

L'ANPE affecte des agents basés sur l'agence locale dédiée au RMI. Le financement du Département est calculé sur une base annuelle au prorata des équivalents temps pleins avec des niveaux de forfaits intervention.

L'ANPE finance les emplois hors agence des agents basés dans des services du Conseil Général ou sur une plate-forme dans laquelle est exécutée une action RMI.

Le Département rémunère en partie ses agents. Le Département peut subventionner l'informatique de l'ANPE ou de ses agents.

L'ANPE finance un volume de service réalisé au programme action. Elle peut solliciter le département pour le subventionnement de ses actions si le Département a fait appel à la concurrence.

4 - Les métiers de l'insertion professionnelle :

Cette dernière sous partie nous permet de faire un tour d'horizon succinct des métiers rencontrés dans le monde de l'insertion sociale et professionnelle, puisque ces deux notions sont intimement liées.

Aussi la description des intervenants du point de vue de l'organisation comme des professionnels, nous permet d'avoir une vision complète du contexte dans lequel ce travail de recherche se situe.

Nous présenterons par conséquent deux types de professions : les métiers du social et les métiers de l'insertion professionnelle. En effet, si chaque métier peut se retrouver mandaté par le département en tant que référent RMI, la formation initiale et les rôles principaux ne sont pas toujours en corrélation avec la demande du Département en termes d'insertion professionnelle des allocataires du RMI.

a - Le référent Généraliste de Parcours/ Référents RMI :

Le référent RMI est souvent un travailleur social dont la spécialité est de gérer le service RMI d'une structure. Il est donc assistant social, Conseiller en Economie Sociale et Familiale, Educateur ou Conseiller en Insertion professionnelle.

La fonction principale du référent RMI est d'assurer le suivi des personnes allocataires du RMI et de leurs ayants-droit, en leur facilitant les démarches d'insertion sociale et professionnelle.

Toutefois, le Conseil Général, dans son « Guide du RMI » insiste lourdement sur le volet insertion professionnelle que sont sensé appuyer les référents.

C'est pourquoi nous ne présenterons pas le métier de référent mais les métiers des référents, avec leurs approches et leur culture propre, qui peuvent nous aider à comprendre les entretiens qui seront proposés dans la partie empirique de ce travail.

b - Assistant(e) de service social :

L'assistant de service social contribue à créer les conditions pour que les personnes, les familles et les groupes avec lesquels il travaille, aient les moyens d'être acteurs de leur

développement et de renforcer les liens sociaux et les solidarités dans leurs lieux de vie.

Dans ce cadre, l'assistant de service social agit avec les personnes, les familles, les groupes par une approche globale pour :

- améliorer leurs conditions de vie sur le plan, social, sanitaire, familial, économique, culturel et professionnel,

- développer leurs propres capacités à maintenir ou restaurer leur autonomie et faciliter leur place dans la société,

- mener avec eux toute action susceptible de prévenir ou de surmonter leurs difficultés. L'assistant de service social est également force de proposition pour la conception des politiques sociales, les orientations générales et les missions développées par l'organisme qui l'emploie.

L'assistant de service social opère dans des conditions souvent difficiles. Il agit en tant qu'intermédiaire entre demandeurs et services sociaux pouvant répondre à la demande. Cela nécessite un travail administratif important : rédaction de rapports, compte-rendu d'enquêtes, tenue de dossiers, organisation de réunions et d'entretiens avec les ayants droit. Il est appelé également à se déplacer.

c - Le Conseiller ESF :

LE CESF aide à résoudre des problèmes divers d'ordre social, administratif, socioéconomique, posés par différents publics en quête d'une meilleure insertion sociale (personnes, familles, salariés...).

Il informe, conseille et propose les dispositifs d'aide existants les mieux adaptés. Il analyse la situation (diagnostic) et engage les interventions de médiation nécessaires (courriers, enquêtes, démarches, accompagnement...).

Le CESF peut être spécialisé sur des champs d'intervention ou des publics particuliers, comme par exemple, dans le cadre de la gestion du service instructeur RMI d'une structure.

Les champs d'actions entre l'AS et le CESF sont très flous et s'adaptent aux fonctions qui leur sont déléguées.

La formation de CESF aboutit au diplôme d'état ESF.

Et enfin, n'oublions pas qu'il existe des référents RMI dans les ANPE :

d - Conseiller de l'emploi (ANPE) :

Il participe, met en oeuvre ou organise les différents services offerts par l'agence aux employeurs et demandeurs d'emploi. Il informe et conseille dans le recrutement, la recherche d'emploi, l'insertion professionnelle et l'aide à l'orientation.

Le travail s'effectue principalement en agence. Mais le conseiller de l'emploi peut être amené
à se déplacer dans une entreprise ou chez un partenaire, sur une zone géographique

déterminée. La fonction s'exerce dans le secteur public. Elle peut également être pratiquée dans le secteur privé ou associatif, mais le métier et les conditions d'accès sont différents.

Il n'existe pas de formation spécifique à ce métier, toutefois certains diplômes de chargé ou conseiller d'insertion peuvent y mener. L'accès au métier, dans le secteur public, est réglementé. Il s'effectue par voie de concours sous certaines conditions de recrutement et de niveau de formation. Les niveaux exigés vont de Bac à Bac + 3. A l'ANPE, il existe deux niveaux de conseiller de l'emploi : conseiller et conseiller référent. A chaque fonction correspond un degré plus ou moins grand de responsabilité et de mise en oeuvre du métier de conseiller de l'emploi.

e -Le Conseiler en Insertion Professionnelle (CIP)

Le conseiller en insertion professionnelle travaille auprès de jeunes ou d'adultes à la recherche d'un emploi. Il a une mission d'aide à l'orientation professionnelle, à l'insertion ou à la réinsertion dans le marché du travail. Pour cela, il mobilise des techniques ou sollicite des services et des partenaires dans les domaines de l'évaluation, l'orientation, la formation, l'emploi...

Il reçoit le plus souvent les personnes en entretien individuel et les aide notamment à :

· Faire le bilan de leurs acquis professionnels ou personnels

· Évaluer leurs aptitudes et leurs compétences

· Réfléchir sur eux-mêmes et à faire des choix professionnels.

Le conseiller peut aussi être amené à monter des projets locaux autour de la question de l'insertion (participation à la mise en place d'un chantier d'insertion, par exemple). Dans certains cas, il intervient sur des questions d'insertion sociale avant de traiter l'insertion purement professionnelle (il est parfois amené à résoudre des problèmes de santé, de logement...).

Il peut, enfin, démarcher certaines entreprises pour les mettre en relation avec les personnes dont il assure le suivi.

Selon le lieu d'exercice (secteur public, associatif ou privé), la dimension commerciale est plus ou moins développée.

Il n'existe pas de formation spécifique pour ce métier mais un niveau universitaire est exigé.

f - Le médiateur à l'emploi

Le médiateur à l'emploi est chargé de prospecter les entreprises afin de révéler le marché caché de l'emploi. Il négocie les conditions d'embauche avec les entreprises et propose une sélection préalable des candidats. Il met en balance les offres et les demandes mis à sa connaissance.

Son objectif principal est la remise au travail des personnes ayant des difficultés particulières d'accès à l'emploi. Son action vise, de façon plus générale, à modifier le comportement des recruteurs, en adaptant les critères d'embauche aux candidats potentiels,

par l'évaluation juste et objective des besoins réels des entreprises.

Ainsi, le médiateur à l'emploi doit lever les freins à l'embauche. En outre, le médiateur à l'emploi doit s'assurer du bon déroulement de la phase de recrutement et d'accueil du salarié dans l'entreprise.

Le métier de médiateur à l'emploi n'exige pas de formation spécifique mais on retrouve plus particulièrement des CIP (Conseiller en Insertion Professionnelle) ou des travailleurs sociaux ayant une bonne connaissance du territoire concerné.

Cette sous partie ne décrit que les métiers principaux de l'insertion professionnelle. Nous pouvons y ajouter les chargés de mission, les formateurs et les conseillers en insertion, en formation, à l'emploi, CIBC...

Nous ne voyons pas l'intérêt ici de faire une liste exhaustive des métiers relatifs à l'insertion professionnelle. Ceux préalablement détaillés permettent en effet d'avoir une vision assez précise des rôles et fonctions des métiers que l'on peut rencontrer lors d'une rencontre avec le monde de l'insertion professionnelle en direction des allocataires du RMI.

C - L'instruction d'une demande de RMI : conditions d'attribution, montant, contrat d'insertion.

1 - Les conditions d'attribution et montant au 1er janvier 2007 :

Le RMI est attribuable à toute personne de 25 ans au moins, ou à toute personne de moins de 25 ans qui a un enfant à charge (ou est enceinte).

Les ressources avant RMI ne doivent pas dépenser le montant du RMI calculé en fonction de la composition familiale.

De plus, la personne ne peut cumuler le RMI et l'équivalent retraite des ASSEDIC. Enfin, le contrat d'insertion doit être signé dans les trois mois après obtention du RMI.

Les montants :

Le montant mensuel est égal à la différence entre le montant du RMI et les ressources mensuelles.

L'aide au logement sera par ailleurs déduite en partie, du montant du RMI à percevoir.

Ce forfait déductible s'élève à :

52,90€ pour une personne seule 105,81€ pour deux personnes

130,94€ pour trois personnes ou plus

Le montant du RMI s'élève à :

Nombre d'enfants

 

Vous vivez seul(e)

 

Vous vivez en couple

 

0

440,86

661,29 €

1

661,29

793,55 €

2

793,55

925,81 €

Par enfant en plus

176,34

176,34 €

 

Figure 1 Montants du RMI jusqu'au 31 décembre 2007, Source CAF.

Le calcul du RMI est trimestriel. Aussi, les allocataires sont tenus de renvoyer une déclaration de ressources tous les trimestres pour une évaluation de l'allocation.

La reprise d'activité :

En cas de reprise d'emploi ou de formation rémunérée, le RMI reste entièrement versé durant les trois premiers mois. Toutefois, ce travail ne doit pas excéder 78 h par mois (idem pour une activité non salariée), sauf pour les contrats aidés tels que le CIRMA et le Contrat d'Avenir.

La prime forfaitaire peut être versée à la reprise d'un emploi de plus de 78 h par mois (sauf pour les CIRMA et les Contrats d'Avenir). La prime forfaitaire se situe entre 150 et 225 € selon la situation familiale.

Si l'activité dure quatre mois consécutifs, la prime de retour à l'emploi sera versée. Elle est de 1000€ et concerne les CDD, les CDI et les Travailleurs indépendants.

Pour les personnes qui travaillent moins de 78h par mois, seuls 50% de leurs revenus seront pris en compte pour le calcul du RMI.

Dans le cadre d'un CIRMA ou d'un contrat d'avenir, les revenus ne sont pas pris en compte pour le calcul du RMI. Toutefois, le montant du RMI est versé à l'employeur qui reverse la somme à son employé.

La CMU :

Le RMI inscrit automatiquement la personne dans le cadre de la couverture maladie universelle, et de la couverture complémentaire qui prend en charge totalement les frais médicaux et d'hospitalisation.

Toutefois, il y a des sommes plafonnées concernant les matériaux utilisés, par exemple en dentisterie ou en ophtalmologie.

D'autre part, notons que la CMU n'est pas acceptée par tous les praticiens et qu'il existe une réelle discrimination en termes de santé envers les affiliés de la CMU, dont l'argumentation réside dans les difficultés de remboursement des praticiens par la sécurité sociale.

2 - Le contrat d'insertion :

L'élaboration du contrat d'insertion suppose l'adhésion du signataire, par la signature de celui-ci, et son engagement sur un projet qui lui a été proposé ou que la personne a formé, et dont les conditions ont été convenues avec elle.

Ce contrat doit être adapté aux handicaps de la personne et être pensé en termes d'étapes de parcours et non d'objectif final.

Avant toute chose, il est nécessaire d'établir un diagnostic de la situation de la personne (situation familiale globale effectuée sur du déclaratif avec le bénéficiaire) et valoriser les atouts, les compétences, les acquis sur lesquels s'appuiera la démarche d'insertion.

Ce diagnostic est effectué par les référents RMI, avec l'appui des conseillers professionnels, les médecins, les spécialistes du logement, etc.

On peut les trouver dans les missions locales, les PLIE, à l'ANPE, dans les UTPAS, ou des

associations/structures d'insertion.

a - La construction du parcours d'insertion

Les parcours d'insertion sont constitués d'étapes en cohérence avec l'objectif final du contrat d'insertion, avec des orientations telles que :

- le rétablissement de la confiance en soi

- la réorientation

- la solution aux problèmes urgents etc.

Les types d'insertion proposées sont diverses et variées : action d'évaluation, d'orientation, de remobilisation, d'autonomisation, de participation à la vie familiale, à des activités de toute nature.

L'accompagnement social est renforcé et la mise en oeuvre du contrat est effectuée par le référent qui coordonne l'ensemble des mesures proposées, fait le bilan de l'exécution du contrat, veille à ce que les moyens soient mis à la disposition des bénéficiaires et les soutient lors des évènements négatifs.

Le contrat est évolutif au même titre que le projet de la personne et des réajustements peuvent être mis en place (article 16 de la loi), en fonction de la progression du projet de la personne.

Dans cette deuxième partie, nous avons pu constater la multiplicité des instances qui composent le dispositif RMI, ayant un objectif commun : le retour à l'emploi des allocataires.

Si la décentralisation a permis une redistribution des compétences de l'Etat vers les Départements, c'est dans le but de répondre au plus près des besoins locaux.

La mise en oeuvre du dispositif RMI, gérée par les Départements, passe par les actions d'insertion professionnelle et sociale en faveur des allocataires.

Le prochain chapitre traitera de la question de l'insertion professionnelle des allocataires du RMI, en définissant ce qu'est l'insertion professionnelle, puis en décrivant les modèles d'insertion proposés depuis les années 80, pour s'intéresser plus particulièrement à l'insertion par l'économie (IAE), au travers les outils et les actions proposées par une plateforme

réunissant une majeure partie des acteurs de l'insertion professionnelle : le PLIE (Plan Local d'Insertion par l'Economique)

III - L'insertion professionnelle des allocataires du RMI : A - Qu'est ce que l'insertion professionnelle ?

L'insertion professionnelle se concrétise au travers l'immersion en lieu de travail, la mise en activité ou la réduction du coût de la main d'oeuvre qualifiée par les formules en alternance, les contrats aidés ou encore les exonérations fiscales.

Elle se résume à l'exercice d'un emploi et à l'appartenance sociale qui lui est subordonnée. Pascal Noblet (quel travail pour les exclus ? pour une politique de l'insertion durable, Paris, Dunod, 2005) note que l « 'on conçoit l'insertion par l'accès de tous les exclus à l'emploi marchand stable et à temps plein, postulant ainsi sur une différenciation des publics, avec un objectif commun : chacun doit y parvenir coûte que coûte ».

La mise en place des dispositifs d'insertion professionnelle est pensée par l'institution comme une offre d'insertion devant répondre à une demande sociale formulée par des individus en référence à des contextes locaux (S. Ebersold, p 49).

1 - Une histoire :

Le début des années 80 montre une vision éducative de l'insertion, mettant en corrélation chômage et sous-qualification. Les actions privilégient alors les plans de qualification au travers des formations, sensées apporter une connaissance de l'entreprise, de ses attentes et de permettre une meilleure orientation professionnelle des publics concernés.

En fait, comme le rappelle Ebersold, l'objectif était de minimiser l'écart entre l'offre et la demande sur le marché de l'emploi, par une adaptation de l'offre au travers un système éducatif répondant aux exigences du marché.

La qualification est à ce moment précis, un outil primordial sensé participer à la réduction du chômage.

Néanmoins, la signification sociale de la notion d'insertion a radicalement changé à partir de la fin des années 1990, car elle n'est plus apparentée à la lutte contre le chômage mais elle est désormais rattachée à la notion d'exclusion et devient un outil de cohésion sociale bien plus qu'un instrument de qualification « la lutte contre le chômage cède la place à la lutte contre l'exclusion » (Ebersold, p 33).

L'insertion cible des populations dont l'accès à l'emploi est entravé par des difficultés sociales avant de résulter d'un manque de qualification. (S. Ebersold, p 77-78).

Aussi la loi du 29 juillet 1992 érige au rang d'insertion, « Toute action susceptible de mobiliser l'individu, de le responsabiliser et de contribuer à sa resocialisation » (op.cit., p 79). La législation vise les publics en très grande difficultés d'insertion et tente de « pallier aux conséquences engendrées par l'absence d'emploi et la précarisation professionnelle en renforçant les aides sociales et en favorisant le développement des mesures d'accompagnement (Ebersold, p33)

2 - Le lien travail insertion :

C'est pourquoi l'insertion signifie la mise au travail et au contact direct avec le milieu du travail.

Par conséquent, l'insertion est conditionnée par l'exercice d'une activité professionnelle, d'où la création de dispositifs par l'IAE (Insertion par l'Activité Economique).

L'insertion par l'économique devient le principe structurant la prise en charge des sans emplois. Dès 1992, l'accompagnement Social Individuel (ASI) devient la mesure phare pour l'accès à l'emploi des chômeurs très longue durée. La vision économiste de l'insertion se traduit par un soutien particulier aux entreprises et aux dispositifs adaptés à leurs besoins économiques.

Les actions en faveur de l'IAE apparaissent en 1987 en conjuguant l'insertion professionnelle des plus éloignés de l'emploi avec le développement d'initiatives économiques et la création d'activité. L'idée principale étant que le chômage devait trouver sa récession dans le développement local des emplois familiaux, des renforcements des entreprises d'insertion et des associations intermédiaires. Aussi, ces instances locales peuvent proposer aux plus démunis un travail précaire qui répond toutefois à l'exigence de l'activité économique.

Les allocataires du RMI se distinguent, comme le rappelle Serge Ebersold (la naissance de l'inemployable ou l'insertion aux risques de l'exclusion, Paris, PU de Rennes, 2001), de difficultés dites d'insertion sociales et professionnelles plus ou moins importantes et apparaissent être, à ce titre, à des degrés divers « inemployables ». Invalidés sur le marché de l'emploi, il est nécessaire de mettre en place des dispositifs favorisant une réintégration sur le secteur marchand, leur apportant expérience et formation nécessaire à leur retour à l'emploi.

Aussi, selon S. Ebersold, l'insertion serait un outil de gestion de l'inemployabilité, de régulation des sans emplois « inemployables » et « une vision occupationnelle et socialisatrice de l'insertion ». Les dispositifs mis en place au travers l'insertion professionnelle serait alors des instruments de ré affiliation sociale, rétablissant des liens sociaux jusque là inexistants. (p 93).

Aujourd'hui, le droit à l'insertion préconisé par la loi sur le RMI, est, selon P.Noblet, « un discours politique qui se traduit par un panel de prestations diverses ». (Op, cit.P13-14)

Ce chapitre permet de décrire quels sont les dispositifs mis en place en faveur de l'insertion professionnelle au niveau local. En effet, le partenariat institutionnel doit se faire au niveau territorial, offrant un terrain d'intervention adapté aux populations ciblées.

Le maillage territorial est donc indispensable pour créer une dynamique d'insertion grâce à une mobilisation forte des acteurs.

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"Soit réservé sans ostentation pour éviter de t'attirer l'incompréhension haineuse des ignorants"   Pythagore