WOW !! MUCH LOVE ! SO WORLD PEACE !
Fond bitcoin pour l'amélioration du site: 1memzGeKS7CB3ECNkzSn2qHwxU6NZoJ8o
  Dogecoin (tips/pourboires): DCLoo9Dd4qECqpMLurdgGnaoqbftj16Nvp


Home | Publier un mémoire | Une page au hasard

 > 

L'obligation in solidum en matiere de délits civil

( Télécharger le fichier original )
par RAHMEH Pierre
Université La Sagesse -  2006
  

précédent sommaire suivant

Bitcoin is a swarm of cyber hornets serving the goddess of wisdom, feeding on the fire of truth, exponentially growing ever smarter, faster, and stronger behind a wall of encrypted energy

§ 2 : CODE DES OBLIGATIONS ET DES CONTRATS

62 - Le code des obligations et contrats Libanais est inspiré du code civil français. La France étant un pays influent dans le domaine législatif et qui était présent à tous les niveaux au Liban.

Un comité consultatif de législation a été institué dans le but d'instituer le projet du Code des obligations et contrat. Une fois le projet terminé, le Code fut traduit à l'arabe et approuvé par l'arrêté 154/LR Liban le 7 novembre 1932. Ce comité a pris en considération les règles du Code civil français et les nouveaux principes ainsi que la législation et les coutumes libanaises(105).

63 - Le Code civil français ne traite pas le cas où plusieurs personnes commettent un délit civil. Ce comité voulait combler cette lacune en droit libanais. Il rend les coauteurs d'un délit civil solidairement responsables sous le visa de l'article 137 COC.

L'avant-propos ne mentionne pas les motifs de l'article 137 et tout ce qu'on peut déduire c'est que le comité était sous l'égide du Doyen Luis Josserand, qui était un des auteurs qui ont considéré que le dommage généré par plusieurs personnes les rend solidairement responsables, à condition qu'il y ait complicité dans le fait dommageable ou que chaque fait est la cause totale du dommage.

Cet article prononce la solidarité passive contre les personnes qui causent le même dommage :

<< 1 - s'il y a eu communauté d'action ».

<< 2 - s'il est impossible de déterminer la proportion dans laquelle chacun de ces personnes a contribué au dommage ».

64 - Un problème s'est posé concernant les deux alinéas de l'article 137. Est-ce que chaque alinéa est un cas propre à lui et suffit pour une condamnation solidaire, où il faut que le fait dommageable renferme les deux conditions.

La plupart des auteurs libanais spéculent que les deux cas disposés par les alinéas 1 et 2 sont des cas différents, et il suffit que le fait dommageable renferme l'un d'eux pour que la solidarité soit prononcée. Les arrêts de la cour de cassation libanaise se divisent en deux voies. Ceux qui considèrent chaque alinéa comme un cas autonome suffisant pour condamner solidairement(106) et ceux qui exigent les deux conditions(107).

(105) Avant-propos du code des obligations et contrats, Beyrouth, 31 décembre 1930.

(106) Cass. civ. lib., ch. I, 30 octobre 1969, revue Baz 1969, arrêt no120, page 206 ; Cass. civ. Lib., ch. III, 31 mai 1972, revue Baz 1972, arrêt no65, page 284.

65 - La cour de cassation le 4 mai 1971 déclara que la solidarité passive disposée par l'article 137 exige les deux conditions. Elle ajoute que « si le fait de chacun de ces personnes, qui ont commis le dommage, était indépendant et distinct de l'autre et s'il était possible de se renseigner de la responsabilité de chacun, dès lors il n'y a aucune solidarité passive entre eux à l'égard de la victime, il reste chacun d'eux responsable seulement de la part causée par son propre fait ». Cette analyse de la cour de cassation n'est pas acceptable car elle rejette la solidarité lorsque le dommage est généré par des faits distincts.

66 - D'un côté on approuve que la solidarité est une garantie de paiement pour la victime lorsqu'il y a communauté d'action(108), et d'un autre on l'a rejetée lorsque les faits sont distincts. Cette garantie doit être attribuée ou doit être rejetée dans les deux cas. En outre, il faut scruter la jurisprudence française antérieure à la mise en ceuvre du Code des obligations et contrats, puisque le conseillé, charger de mettre le projet, avait pris comme référence les solutions jurisprudentielles françaises. La cour de cassation française et pendant tout le XIXe siècle et une partie du XXe siècle prenait la communauté d'action comme cas distinct de l'impossibilité de déterminer la part contributive. Le premier était pour les faits communs(109) le deuxième pour les faits indépendants et distincts(110). D'ou les deux alinéas 1 et 2 sont des conditions distinctes et il suffit que l'un des deux soit en cause pour condamner l'un des coauteurs à réparer intégralement le dommage.

67 - Quant à la solidarité disposée par l'article 137, les auteurs libanais l'ont considérée comme un axiome sans explorer le fondement de cette solidarité. Le problème n'est pas logomachique, solidarité ou in solidum. Effectivement, c'est le fondement de chaque institution. Est-ce que le fondement d'une condamnation solidaire selon l'article 137 est en harmonie avec celui de la solidarité proprement dite? Précisément, la communauté d'action ou l'impossibilité de déterminer la part contributive est reliée à la solidarité ou à l'obligation in solidum(111).

68 - Puisque les deux conditions se distinguent l'une de l'autre, on aborde premièrement le premier alinéa en essayant de démontrer l'insuffisance de la communauté d'action, puis après le deuxième alinéa en prouvant que l'impossibilité de déterminer la part contributive concerne l'obligation in solidum.

(107) Cass. civ. Lib., ch.2, 4 mai 1971, revue Hatem, tome 19, 1971, arrêt no 47, G119, page 38, revue Baz, 1971, arrêt no 47, page 271 ; Dans le même sens: Cass. civ. Lib., 8 juillet 1969, revue Hatem, arrêt no 106, tome 93, page 30 ; Appel Beirut, 2 février 1967, revue Hatem, arrêt no 198, tome 78, page 48.

(108) Appel Mont-liban, 13 janvier 1973, revue Hatem, arrêt no 45, G147, page 51.

(109) Voir la troisième étape de l'évolution de la solidarité, Supra no 44 et s.

(110) Voir la troisième étape de l'évolution de la solidarité, Supra no48 et s.

(111) Infra, no 85.

précédent sommaire suivant






Bitcoin is a swarm of cyber hornets serving the goddess of wisdom, feeding on the fire of truth, exponentially growing ever smarter, faster, and stronger behind a wall of encrypted energy








"Soit réservé sans ostentation pour éviter de t'attirer l'incompréhension haineuse des ignorants"   Pythagore