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La créativité en musicothérapie auprès de personnes schizophrènes comme re-création de soi d'un point de vue phénoménologique


par Aude Cassina
Université des Arts de Zurich (Suisse) - Master of Advanced Studies en musicothérapie clinique 2010
  

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CHAPITRE 3
TROIS SITUATIONS CLINIQUES EN MUSICOTHÉRAPIE

Dans ce chapitre, trois situations en musicothérapie vont être amenées. Elles sont issues d'un travail effectué auprès de personnes schizophrènes vivant dans un centre de réhabilitation psychosocial nommé La Miolaine. Un encadrement infirmier et éducationnel est présent de manière quotidienne, et forme le soutien indispensable à des personnes en perte d'autonomie et de reconnaissance. Au point de vue occupationnel, si certaines d'entre elles bénéficient d'ateliers semi-productifs, chacune est tenue de choisir d'autres activités lui permettant de rythmer ses journées, de développer ses habilités et de maintenir ou de recréer des liens sociaux. Les personnes nommées ciaprès, à la recherche de repères et d'un mieux-être, ont toutes trois choisi de participer à des séances individuelles ou collectives de musicothérapie.

3.1. Monsieur K.

Monsieur K. est né en 1950. Le diagnostic principal posé à son sujet est celui de schizophrénie résiduelle (F20.5) ; autre diagnostic supposé : épilepsie type grand mal. On relève trois symptômes prioritaires et récurrents chez monsieur K. : une baisse de la thymie, des idées suicidaires ainsi que de forts sentiments de persécution. On note également qu'un cadre serré et ritualisé est nécessaire à son bien-être et qu'il se montre dépendant d'un lien très personnalisé avec ses soignants.

Il est normalement décrit comme étant un patient calme, collaborant, capable de tenir une hygiène corporelle correcte et de revêtir une tenue adéquate. Monsieur K. a intégré l'institution en décembre 2006. Le rapport effectué lors de son entrée dans l'institution stipule que monsieur K. est triste mais sans idées noires ni suicidaires et que son discours est pauvre et peu informatif, mais cohérent.

Au fil du temps, il se plaint, de manière épisodique, d'entendre des voix et le personnel de l'institution remarque de grandes difficultés motrices à la marche, des pertes d'équilibre, des pertes des notions spatio-temporelles ainsi qu'une détérioration de ses capacités mnésiques. Afin de pallier à ses difficultés motrices, il dispose d'un

déambulateur dont il ne fait guère usage. Il préfère se déplacer très lentement, et parfois de manière incertaine, dans les couloirs. Il trouve que les journées sont longues, et montre peu d'investissement dans les ateliers thérapeutiques, malgré un intérêt certain pour l'activité bois et la musicothérapie. Il peine à rester concentré au-delà d'un quart d'heure, se montre parasité par des hallucinations auditives et tend à se sentir persécuté lorsque d'autres personnes assistent et participent aux séances d'ateliers. Les horaires sont également difficilement respectés, monsieur K. oubliant le jour ou l'heure de ses activités.

Traitement

Afin de maintenir un état stationnaire, il bénéficie du traitement suivant : 1. Un neuroleptique atypique de type dibenzothiazépine. 2. Deux stabilisateurs de l'humeur de type anticonvulsivant. 3. Un Antiparkinsonien de type anticholinergique. 4. Un neuroleptique conventionnel de type butyrophénone. 5. Un anxiolytique de type benzodiazépine anxiolytique. 6. Un antihypertenseur. 7. Un anti-acidité, inhibiteur de la pompe à protons.

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