WOW !! MUCH LOVE ! SO WORLD PEACE !
Fond bitcoin pour l'amélioration du site: 1memzGeKS7CB3ECNkzSn2qHwxU6NZoJ8o
  Dogecoin (tips/pourboires): DCLoo9Dd4qECqpMLurdgGnaoqbftj16Nvp


Home | Publier un mémoire | Une page au hasard

 > 

La créativité en musicothérapie auprès de personnes schizophrènes comme re-création de soi d'un point de vue phénoménologique


par Aude Cassina
Université des Arts de Zurich (Suisse) - Master of Advanced Studies en musicothérapie clinique 2010
  

précédent sommaire suivant

3.3. Monsieur N.

Monsieur N. est né en 1976. Son père est peintre indépendant et il est l'aîné d'une fratrie de deux enfants. Il suit une scolarité obligatoire normale à la suite de laquelle il entreprend un apprentissage dans une imprimerie. Entre 18 et 19 ans, il fume du cannabis avec des amis pendant les week-ends. A 20 ans, il se referme de plus en plus sur lui-même et ne peut terminer son apprentissage.

En 2002, ses parents, inquiétés par son comportement étrange le font hospitaliser de force. A la suite d'un premier séjour en hôpital psychiatrique d'une durée de trois mois, il retourne vivre auprès de sa famille.

En mai 2005 sa maman décède de métastases généralisées d'un cancer du sein. En décembre de la même année, monsieur N., dont l'aspect général inquiète les proches, est à nouveau hospitalisé et séjourne pendant six mois dans un service de psychiatrie adulte. On pose alors un diagnostic de schizophrénie paranoïde continue (F.20.0), selon trois modes : des hallucinations auditives angoissantes et des symptômes négatifs avec une tristesse importante accompagnée d'idées noires. A sa sortie de l'hôpital, il part vivre chez son père avec lequel il quitte la maison familiale pour un appartement situé dans le même village et travaille momentanément dans une ferme à rénover. Suite à un arrêt de sa médication, subissant une recrudescence des hallucinations auditives, il est amené à séjourner une troisième fois dans le même service.

Lors de ses diverses hospitalisations, on relève que le patient est conscient et collaborant, qu'il fait son âge bien que sa maigreur et sa pâleur soient frappantes. On note une tenue vestimentaire et une hygiène corporelle correctes, un visage hypomimique, une expression verbale sur un ton monocorde ainsi qu'un discours flou. On remarque des barrages et des attitudes d'écoute. Le patient allègue donc des hallucinations auditives, mais présente une grande difficulté à verbaliser son vécu. Il relate cependant des idées suicidaires et se plaint de souffrir d'angoisse sans objet. La pensée est ralentie et on relève une très importante perplexité. Il est triste et nie toute consommation d'alcool, de nicotine ou de cannabis. Contrairement aux deux précédents séjours, il fait preuve lors de la troisième hospitalisation de conscience quant à sa maladie (conscience morbide) et, au vu de sa souffrance, décide de suivre et de respecter son traitement.

Il intègre l'institution La Miolaine en décembre 2006.

En 2009, alors qu'il commence à reconnaître ses difficultés, à accepter son traitement et à se sentir un peu mieux, son père décède.

Depuis 2010, monsieur N. travaille trois demi-journées par semaine dans une imprimerie, retournant à ses premières amours.

Traitement

Afin de maintenir une stabilité psychique satisfaisante, le traitement de monsieur N. est composé des médicaments suivants: 1. Un neuroleptique atypique de type thienobenzodiazépine. 2. Un antidépresseur de type inhibiteur sélectif de la recapture de la sérotonine. 3. Un anxiolytique de type benzodiazépine anxiolytique.

Il prépare avec une infirmière un semainier en début de semaine et gère de manière autonome ses prises quotidiennes de médicaments.

précédent sommaire suivant