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La créativité en musicothérapie auprès de personnes schizophrènes comme re-création de soi d'un point de vue phénoménologique


par Aude Cassina
Université des Arts de Zurich (Suisse) - Master of Advanced Studies en musicothérapie clinique 2010
  

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b) Monsieur F.

Pour rappel, il souffre d'une schizophrénie chronique de type désorganisé - syndrome autistique prédominant - en phase résiduelle. Il bénéficie d'un traitement assez conséquent, alliant un neuroleptique, un anxiolytique et un stabilisateur de l'humeur. La médication soutient monsieur F. dans ses efforts pour maintenir un contact avec la réalité. Sujet à des hallucinations visuelles et auditives, ses perceptions sonores en sont fortement modifiées.

Au regard du déroulement des séances, on relève que son excellent sens de la musique et que son oreille musicale l'aident à s'affirmer et à s'ouvrir aux autres en intégrant un ensemble instrumental. Suite à une embolie cérébrale, il souffre d'une recrudescence d'hallucinations auditives et visuelles qui perturbent ses sens. Percevant des visages qui se déforment et entendant des voix malveillantes, monsieur F. se referme sur lui et devient verbalement agressif. La perception sonore de la production d'autrui est modifiée, et l'être-soi musical se construisant en fonction des représentations négatives qu'il se fait de l'extérieur, il monte le volume sonore de son clavier et dit ne plus s'entendre en groupe. Par compensation, il maintient des productions publiques, tout en restant replié sur lui par rapport aux autres membres de la chorale. Ce qu'il vit lors cette expérience schizophrénique n'est que peu témoigné musicalement sinon par une absence de recherche de sons personnels et d'imitation de sons d'autrui. Monsieur F. respecte l'ensemble, chante de manière discrète au sein de la chorale mais « suit le mouvement » musical. Il est cependant confirmé que la perception sonore de soi, marquée par l'absence de recherche de sons personnels, ainsi que la perception sonore des autres, à en juger par la propre discrétion sonore du patient, se sont momentanément modifiées à la suite de l'atteinte neurologique.

c) Monsieur N.

Pour rappel, il souffre d'une schizophrénie paranoïde continue. Actuellement, sa situation s'est stabilisée, et il travaille dans une imprimerie trois demi-journées par semaine. Son traitement est composé d'un neuroleptique et d'un antidépresseur qu'il prend une fois par jour ainsi que d'un anxiolytique à doser quotidiennement en fonction des besoins. La médication est prise de manière autonome et il est au bénéficie d'un traitement relativement léger.

Au regard du déroulement des séances, on observe, malgré une personnalité plutôt introvertie, une belle expression sonore de soi. Etant donné une certaine stabilité psychique permettant de développer ses capacités d'apprentissage, grâce à un intérêt certain pour la musique et les arts (l'écriture), la progression sonore effectuée est harmonieuse. Le son amené comme expression de sentiment est envisagé et l'aide à s'ouvrir aux autres, à ressentir et à exprimer des émotions. D'abord discret et doux, mélodique et harmonique, le son devient percussif et rythmique, plus fort et plus

marqué. La perception sonore de l'autre s'avère souvent plus clémente que de raison, à l'inverse de la perception de soi qu'il juge sévèrement.

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