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La créativité en musicothérapie auprès de personnes schizophrènes comme re-création de soi d'un point de vue phénoménologique


par Aude Cassina
Université des Arts de Zurich (Suisse) - Master of Advanced Studies en musicothérapie clinique 2010
  

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1.3.2 Syndrome autistique

L'être n'arrivant plus à être soi-même et ayant donc une difficulté majeure à l'identité, ses rapports avec le monde sont profondément altérés. Deux phénomènes de compensation face à l'expérience indicible et effrayante de la dislocation de la personnalité sont possibles : soit l'attitude de retrait avec tous les éléments du syndrome autistique tel que précisé ci dessous soit une attitude de reconstruction coûte que coûte de la réalité, au prix d'une déformation délirante détaillée ultérieurement. On observe une attitude générale de repli sur soi, un appauvrissement de l'insertion sociale, une perte d'initiative, un appauvrissement de la communication interrelationnelle, une aboulie (incapacité à exécuter des actes prémédités) ou un apragmatisme (insuffisance, diminution voire disparition de la volonté qui empêche le sujet de mener à bien une action non-préméditée), un repli sur soi et une rupture plus ou moins complète des communications avec l'extérieur et avec autrui.

1.3.3 Syndrome délirant

Dans ce domaine, face à la perte d'identité et la dislocation, le sujet tente de maintenir un contact avec une réalité sans pouvoir la percevoir de manière adéquate. La reconstruction s'avère alors délirante mais permet de tenter de maintenir un contact avec l'extérieur, le monde et autrui. Le sujet va développer toutes sortes d'idées erronées, de convictions fausses, d'erreurs de perception ou de jugement.

a) L'organisation du délire se tisse de manière paranoïde (mal ou non systématisée, décousue, sans cohérence interne), faisant opposition aux délires dits paranoïaques (délires systématisés, organisés, voire crédibles tel que les délires érotomaniaques ou de jalousie).

b) Les modalités du délire se comptent au nombre de quatre et explicitent les processus à partir desquels le délire se construit :

1. Modalité intuitive (je le sens, vous me voulez du mal)

2. Modalité interprétative (de faits et de paroles)

3. Modalité imaginative (adhère à l'imagination avec conviction)

4. Modalité hallucinatoire (hallucinations auditives, visuelles, olfactives et cénesthésiques).

On considère que l'automatisme mental (Clérambault) déclenche encore d'autres types d'hallucinations psychiques : écho de la voix, vol de la pensée, mots fortuits, autonomisation des voix - voix qui discutent entre elles.

c) Différents thèmes viennent alimenter les délires paranoïdes, avec une prédominance pour la persécution, l'homosexualité, la pédophilie, le vol ou l'imposition de la pensée.

En conclusion, les délires paranoïdes sont constitués de la juxtaposition des différentes idées délirantes et de différentes modalités, sans organisation interne rigoureuse. La fréquence de la thématique de persécution a été à l'origine de la caractéristique paranoïaque mais l'absence d'ordre, de logique, et de clarté leur donne la caractéristique de paranoïde.

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