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La créativité en musicothérapie auprès de personnes schizophrènes comme re-création de soi d'un point de vue phénoménologique


par Aude Cassina
Université des Arts de Zurich (Suisse) - Master of Advanced Studies en musicothérapie clinique 2010
  

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1.5. Symptômes positifs et symptômes négatifs

Il me semble essentiel de détailler une subdivision, établie à la suite d'une publication de Strauss, Carpenter et Bartko (1974), que l'on exerce entre divers symptômes que l'on relie à deux groupes distincts de symptômes dits positifs et de symptômes dits négatifs. On regroupe d'un côté les symptômes positifs témoins d'une désinhibition fonctionnelle (Bottéro, 2008, p.188) se caractérisant par une sémiologie productive, par exemple les délires, les hallucinations, les illusions, les interprétations et les intuitions et de l'autre côté les symptômes négatifs accompagnant à l'inverse une restriction fonctionnelle (Bottéro, 2008, p.188) comprenant un émoussement de l'affectivité, une alogie (difficulté de converser), une avolition (perte d'intérêt et d'énergie), une anhédonie, une asocialité et un déficit d'attention (Aucour, 2009, p.7-8). Parmi les symptômes négatifs,

on distingue les symptômes dits primaires, directement liés à la maladie et à ses conséquences pathologiques, des symptômes dits secondaires, liés à des conséquences neuro-psycho-sociales de la schizophrénie et de ses traitements, notamment des effets indésirables des neuroleptiques. Les symptômes négatifs primaires sont soit transitoires lorsqu'ils sont liés à une décompensation psychotique, soit permanents lorsqu'ils témoignent d'un déficit neurocognitif ou neuro-développemental, parfois prémorbide (antédatant le début de la maladie). Au départ, cette distinction entre symptômes positifs, en sus du fonctionnement psychique habituel, et symptômes négatifs, en manque par rapport au fonctionnement psychique usuel, a été dictée pour des impératifs de recherche, notamment pharmacologique.

1.6. Formes cliniques

Les formes de schizophrénie les plus fréquemment rencontrées en clinique et dans les manuels de psychiatrie comprennent : la schizophrénie paranoïde, la schizophrénie hébéphrénique ou désorganisée, la schizophrénie catatonique, la schizophrénie « simple », la schizophrénie dysthymique ou schizo-affective, la schizophrénie pseudopsychopathique (ou héboïdophrénique), la schizophrénie pseudo-névrotique, la schizophrénie indifférenciée et la schizophrénie résiduelle (Aucour, 2004, p.37).

1.6.1 Schizophrénie paranoïde

Elle est reconnue comme la forme la plus répandue et la plus productive quant à la symptomatologie. Le délire paranoïde est à l'avant scène du tableau, et cette forme de schizophrénie débute de manière plus tardive que les autres, notamment hébéphrénique et catatonique. La maladie s'installe souvent suite à une ou plusieurs bouffées délirantes aigües. L'évolution se fait par poussées dites processuelles, entrecoupées de rémission plus ou moins complète du délire. Cependant, elle peut aussi présenter une évolution continue avec incrustation du délire. Cette forme répond bien aux neuroleptiques et permet au sujet de maintenir une certaine qualité de vie psychique, malgré des modalités hallucinatoires intuitives et imaginatives qui envahissent souvent tout le champ de

conscience de l'individu. La schizophrénie paranoïde est répertoriée dans le DSM-IVTR (295.30) et dans la CIM-103 (F20.0).

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