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Facteurs déterminants la faible utilisation des services des soins curatifs dans la zone de santé de Karisimbi

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par Affable IZANDENGERA ABINTEGENKE
Institut Supérieur des Techniques Médicales de Goma - Licence en santé publique 2011
  

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CHAPITRE QUATRIEME. DISCUSSION DES RESULTATS

Ce quatrième chapitre sera consacré à la comparaison de nos résultats avec ceux des autres études réalisées ailleurs.

Nous parlerons respectivement des résultats relatifs aux facteurs socio culturels, facteurs socio économiques, facteurs démographiques et facteurs organisationnels

IV.1. Résultats relatifs aux facteurs socioculturels

Dans cette section, les variables qui ont été considérées dès le départ étaient le niveau d'instruction du chef de ménage, l'appartenance à une mutuelle de santé, la confiance envers le personnel, l'automédication et la fréquentation d e la médecine naturelle. Il convient de signaler que quatre de ces variables se sont avérées déterminantes pour l'utilisation des soins curatifs après usage du test de khi-deux.

1. Niveau d'instruction du chef de ménage

Le tableau n °7 montre que les enquêtés de niveau secondaire et plus sont au nombre de 303 parmi lesquels 168 ont utilisé le service contre 135 soit 55.4% tandis que les enquêtés de niveau primaire sont au nombre de 69 parmi lesquels 17 ont utilisé le service contre 52 qui n'ont pas utilisé soit 24.63%.

En utilisant le test de khi-carré de Pearson, le niveau d'instruction a été trouvé déterminant pour recourir aux services de santé. (Figure n°III)

Ceci corrobore les résultats de P Kebela dans son étude de l'identification des facteurs explicatifs de l'accessibilité aux soins de santé à Kinshasa selon lesquels il y a relation entre le niveau d'instruction et l'accessibilité aux soins(23)

2. Appartenance à une mutuelle de santé

Le tableau n°8 montre que 56 enquêtés sur 65 qui appartenaient à la mutuelle de santé soit 86.15% ont utilisé le service des soins contre 129 soit 42.01% qui ont utilisé parmi les non mutualistes.

Le test de Khi-carré nous a confirmé la relation qui existe entre l'appartenance à la mutuelle et l'utilisation des services des soins (Figure n°IV)

Le rapport du ministère de la santé du Rwanda confirme cette dépendance en disant que le taux d'utilisation des institutions s'est multiplié de plus de 4fois dès l'adoption du système de prépaiement basé sur les mutuelles de santé (27)

L'Oms recommande aux Etats qui ont un problème d'utilisation des soins de santé d'adopter le système de prépaiement. (25)

3. La confiance envers le personnel soignant

Dans le tableau n°9 nous remarquons que 51 enquêtés sur 99 qui affirment avoir confiance envers le personnel ont utilisé le service à 51.51% contre 134 parmi 273 enquêtés qui n'avaient pas confiance envers le personnel soignant, soit 48.48%.

Le test a révélé l'indépendance entre cette variable et l'utilisation des services.(Figure n°V)

De leur part J. Courte joie et D. Fountain dans l'ouvrage intitulé « l'infirmier comment bâtir la santé » disent ceci : les malades restent chez eux, ne viennent ni à l'hôpital ni au dispensaire parce que soit l'hôpital est trop loin ou soit parce qu'on n'a pas confiance dans le traitement. (29)

4. L'automédication

Du tableau n° 10, nous remarquons qu' aucun individu n'a utilisé le service des soins parmi ceux là qui font l'automédication soit 0% contre 185 soit 75.51% qui affirment avoir utilisé le service des soins.

Cette variable est révélée déterminante pour l'utilisation des services des soins par le test.(Figure n°VI)

Ceci conduit à coup sûr à la faible utilisation des services car les malades qui tirent les médicaments dans les officines pharmaceutiques sans ordonnances médicales ne sont pas notifiés à la zone de santé.

Une étude menée en Guinée par Dr Itama et Mbainajina avaient prouvé aussi que l'automédication influence négativement l'utilisation des services des soins.

Dans leur étude ils montrent que 59% de personnes vivants en milieu rural faisaient l'automédication et 20% en milieu urbain(230)

5. Fréquentation de la médecine naturelle

Dans le tableau n° 11, Il apparait qu'aucun individu n'a utilisé le service des soins parmi ceux là qui font recours à la médecine naturelle quand ils tombent malades soit 0% contre 185 sur 292 soit 63.35% qui fréquentent les services des soins lors de la maladie.

.De même ces malades non notifiés à la zone de santé peuvent être à la base de la sous utilisation des services des soins et le test a confirmé cette dépendance. (Figure n°VII)

Ces résultats corroborent ceux de SADIO et DIOP au Sénégal dans leur étude intitulée « utilisation et demande des soins » selon la quelle le revenu insuffisant et la fréquentation excessive de la médecine naturelle sont à la base de la faible utilisation des services. (32)

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