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Développement financier et causalité entre épargne et investissement en zone UEMOA (Union Economique et Monétaire Ouest Africaine )

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par Relwendé SAWADOGO
Université Ouaga II Burkina Faso - DEA/ Master macro économie appliquée 2009
  

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I-3-Le dualisme financier

Les systèmes financiers des pays en développement se caractérisent de façon générale par leur dualisme, marqué par l'existence deux secteurs financiers : formel et semi-formel ou informel.

Le système formel est celui des banques et des intermédiaires financiers agréés. Dans la plupart des pays en développement et notamment ceux de l'UEMOA, il y a un sous développement évident du système financier formel. Les pays d'Afrique subsaharienne ont un désavantage par rapport à d'autres pays du Tiers-Monde en ce qui concerne l'état de développement de leurs institutions financières formelles. Alors que les économies en développement d'Amérique Latine et d'Asie montrent des taux de densité bancaire de 8000 à 30 milles habitants par succursale bancaire, les taux de l'Afrique subsaharienne sont de l'ordre de 100 milles à 420 milles habitants par succursale bancaire Soulama (2005). Cette situation favorise le développement d'un système informel d'une part et d'un système financier semi-formel, appelé aussi système financier décentralisé d'autre part.

Le système informel peut être défini comme un ensemble d'activités financières se déroulant en dehors de toute réglementation ou supervision des autorités monétaires et financières. Ses caractéristiques distinctives sont : la prédominance des transactions en espèces, l'absence d'enregistrement et de réglementation, une échelle restreinte des opérations, la facilité

d'entrée, l'échange d'actifs hors des cadres juridiques, un fonctionnement qui s'appuie sur des relations personnelles ou sur des solidarités communautaires14.

Le système financier décentralisé est constitué d'intermédiaires financiers légaux et formalisés, parfois établis comme institutions financières à part entière ayant pour vocation de collecter l'épargne et/ou de faire du crédit aux micro-entreprises et aux ménages exclus du système financier officiel, et en utilisation des techniques inspirées de celles mises en oeuvre par la finance informelle.

Les deux dernières catégories, peuvent être regroupées dans une catégorie plus large, celle de la microfinance. Dans les pays de la zone Franc et en particulier de l'UEMOA, le système financier se caractérise par le fonctionnement parallèle des deux systèmes financiers: la finance formelle et la microfinance. C'est ainsi que le système financier est qualifié de dual.

Selon les théoriciens de la libéralisation financière, la présence d'un secteur informel à côté d'un secteur formel serait la conséquence de l'inefficacité du secteur financier formel. Cette inefficacité est due en grande partie à la rigidité du secteur formel et l'omniprésence des pouvoirs publics, principalement en matière de fixation des taux d'intérêt, au niveau des institutions du secteur formel, empêchant celles-ci de s'adapter aux conditions spécifiques de l'économie des pays en développement. La finance informelle est le signe du sousdéveloppement financier de ces pays.

Selon les structuralistes, par contre, l'une des causes du dualisme financier est la complémentarité intrinsèque des structures économiques et sociales et l'attachement de la population aux valeurs et coutumes traditionnelles15. Ils ajoutent que l'accès aux crédits bancaires, difficil pour les petites entreprises du secteur informel qui ne possèdent pas les garanties nécessaires, favorisent l'émergence des tontines.

Les caractéristiques des économies de l'UEMOA permettent d'expliquer le développement important de la finance informelle. Le secteur informel apparait comme une panacée car il est basé sur la confiance et la solidarité. Par exemple le volume des dépôts collectés par les institutions de microfinance a augmenté de 175% entre 1996 et 2000 (UEMOA, 2002). Cette forte croissance du volume des dépôts s'accompagne aussi d'une hausse similaire du volume

14Cité par Soulama S. (2005) « Microfinance pauvreté et développement », éditions des archives contemporaines, Agence Université de la Francophonie.

15Rappelons que ce courant de pensée soutient l'idée selon laquelle l'économie des pays en développement se caractérise par la coexistence de deux secteurs distincts : un secteur moderne capitaliste et urbain et un secteur traditionnel non capitaliste et rural.

des crédits (168%) et du taux de pénétration, c'est-à-dire de la proportion de la clientèle bénéficiaire des services des institutions de microfinance par rapport à l'ensemble des ménages, de plus de 200%. Ces résultats font des institutions de microfinance des opérateurs économiques performants et une alternative au secteur bancaire dans la fonction d'intermédiation Lelart (2002).

A côté de cet inventaire des causes du dualisme financier qui caractérise le système financier de l'UEMOA, il est tout aussi important de s'interroger sur les voies et moyens visant à sa réduction ou à sa suppression puisque ce dualisme financier peut avoir un impact négatif sur le développement par ses effets sur le processus d'accumulation et de répartition des ressources des pays en développement et donc sur le taux de croissance. En effet le dualisme financier introduit des distorsions sectorielles et régionales entre la collecte de l'épargne et son affectation (l'épargne rurale drainée vers les centres urbains). Il entrave également la poursuite par les pouvoirs publics de politiques économique monétaire et financière cohérentes en raison de la méconnaissance des agrégats économiques. Par nature, le secteur financier informel échappe aux différents impôts, tandis qu'il est difficile d'identifier les sources de création monétaire et de fixer des objectifs monétaires dans les structures dualistes.

En définitive, l'environnement financier de l'UEMOA est particulier. Il est non seulement segmenté mais aussi fragmenté, dans la mesure où le secteur formel et informel évoluent et fonctionnent séparément et s'adressent à des catégories particulières de clients. Les banques ne s'adressant uniquement qu'aux secteurs formels et les institutions informelles du fait de leur proximité financent un type particulier de clients exclus du système formel et menant des activités dans les secteurs agricole et informel.

La libéralisation financière entamée depuis les années 1990 par les pays de l'UEMOA, a eu pour objectif global la réduction du coüt d'intermédiation financière et l'augmentation de l'épargne par la hausse des taux d'intérêt et son allocation à l'investissement, n'a pas été atteinte. La réussite d'une telle politique peut être évaluée à travers ses objectifs. Ainsi quel bilan peut-on faire de la libéralisation financière des pays de la zone UEMOA?

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