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Développement financier et causalité entre épargne et investissement en zone UEMOA (Union Economique et Monétaire Ouest Africaine )

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par Relwendé SAWADOGO
Université Ouaga II Burkina Faso - DEA/ Master macro économie appliquée 2009
  

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II-2-Le problème de la surliquidité du système bancaire

Les systèmes bancaires de l'UEMOA ont connu à partir du milieu des années 80 deux principales réformes : l'une liée à la restructuration des établissements bancaires, et l'autre au changement de politique monétaire. S'inscrivant dans un contexte de libéralisation financière, ces réformes avaient pour objectif de restaurer la liquidité des banques sinistrées par la crise bancaire des années 1989 et de permettre un meilleur financement de l'économie. Si le premier objectif a été atteint, le deuxième à l'évidence reste loin des ambitions des réformateurs. Un des effets de la libéralisation financière a été de produire un excès de liquidités du système bancaire. Ce phénomène, apparu au milieu des années 1990, souligne l'existence d'un problème d'adéquation entre l'offre et la demande de crédit en Afrique subsaharienne.

Dans la zone UEMOA, la surliquidité du système bancaire peut être observée à travers le niveau de ces réserves excédentaires 16 . Ce qui permet d'apprécier l'importance de la surliquidité constituée par les banques (tableau 2), même si cela connait une baisse depuis 2005, elle demeure non négligeable. Cependant, cette mesure néglige une partie de la surliquidité que les banques pourraient conserver elles-mémes. Si l'on retient dans le contexte de l'UEMOA, elle montre sans conteste la surliquidité de son système bancaire.

16 Il s'agit des réserves constituées par les banques dans les comptes de la BCEAO hormis les réserves obligatoires.

Tableau 2 : Evolution des Réserves Excédentaires (RE) de l'UEMOA

2000 2001 2002 2003 2004 2005 2006

Année

R.E en milliards de FCFA

288 233 391 418 478 360 205

Source : Rapports Annuels de la Zone franc 2003-2006.

Les crédits accordés par les banques sont effectivement inférieurs aux dépôts (131,4% en 2003) dans l'ensemble des pays membres de l'UEMOA (tableau 3). Ce qui signifie qu'elles ont globalement une préférence pour la liquidité.

Tableau 3 : Ratio dépôts /crédits accordés aux pays de l'UEMOA (en %)

Année Benin Burkina Côte Mali Niger Sénégal Togo UEMOA

Faso d'Ivoire

2002

172,9

120,1

100,5

123,4

125,9

123,8

139

109,5

2003

137,8

120,8

102,3

125,9

126,8

131,5

131,5

131,4

2004

138,9

116,7

102

122,4

131,3

135,5

129,4

109,3

Source : Construit par l'auteur à partir des données de la BCEAO

Cependant, même si Éboué (1998) attribue la surliquidité au manque d'opportunités d'investissement dans le secteur privé et au comportement passif des banques, on peut retenir quelques facteurs qui permettent d'expliquer cet état de fait : la préférence pour les banques à financer le court terme et la nature des dépôts auprès du système bancaire.

Les graphiques 1 et 2 permettent d'avoir une idée sur la surliquidité bancaire de la zone. En effet le système bancaire ne disposant que des dépôts majoritairement à vue, et dans un environnement d'asymétrie information ne peut que se contenter du financement des activités de court terme.

Graphique 1: Crédits à l'économie ventilés selon leur durée initiale(en milliards de FCFA)

Milliards de FCFA

4000

2000

6000

8000

0

Crédit a l'economie ventilée selon leur durée

Années

crédit

crédit à court terme

crédit à moyen et long terme

Source : Construit par l'auteur à partir des données de la BCEAO

Ainsi, de façon générale les banques de la zone UEMOA manquent de capitaux de long terme. Ce qui fait qu'aujourd'hui ces institutions éprouvent des difficultés à convertir leurs liquidités en des projets risqués, précisément le financement des activités du secteur informel.

Graphique 2: Structure des dépôts du secteur bancaire de la zone UEMOA (en milliards de FCFA).

Structure des dépots du secteur bancaire de la zone UEMOA de 2006
à 2009

Milliards de FCFA

5000
4000
3000
2000
1000
0

 

Depot à vue Depot à terme

Années

Source : construit par l'auteur à partir des données de la BCEAO

En plus de ces principales causes de la surliquidité bancaire, on peut aussi noter l'afflux important des capitaux. En effet, le système bancaire étant favorable au financement des entreprises tournées vers l'extérieur, celles-ci se sont développées et ont plus ou moins contribué à l'augmentation de la liquidité d'ensemble de la zone à travers le commerce extérieur et en fonction de l'environnement international (cours des matières premières et cours des monnaies de cotation de ces matières). En outre, les transferts des émigrés constituent une part importante aussi des entrées de capitaux (environ 400 milliards en 2007 au Sénégal17).

En somme, il est évident que la surliquidité du système bancaire de l'UEMOA constitue un obstacle important à l'activité économique. Depuis 2003, son recyclage est amorcé. Il est essentiellement imputable aux recours des États à l'endettement interne à travers les émissions des bons du trésor et d'emprunts obligataires. La question du financement des entreprises, particulièrement les PME et du secteur agricole, reste donc entière.

Pour les théories de la libéralisation financière, le désengagement du gouvernement du secteur
financier permettra une concurrence accrue qui aura pour conséquence l'harmonisation des

17 Source : UEMOA, 2009

taux d'intérêt, mais également la réduction de la marge bancaire. Qu'en est-il de la zone UEMOA ?

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