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Développement financier et causalité entre épargne et investissement en zone UEMOA (Union Economique et Monétaire Ouest Africaine )

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par Relwendé SAWADOGO
Université Ouaga II Burkina Faso - DEA/ Master macro économie appliquée 2009
  

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II-Les études empiriques sur la relation épargne-investissement

La littérature empirique a porté essentiellement sur la corrélation entre l'épargne et l'investissement afin d'évaluer le degré d'intégration du marché financier international. Dans une économie ouverte, l'association entre épargne et investissement dépend du degré de mobilité du capital. En principe, si le capital est parfaitement mobile, les investisseurs s'intéressent uniquement aux taux de rendement sur leurs investissements quel que soit le pays. Ainsi, l'augmentation de l'épargne intérieure ne se traduit pas nécessairement par des investissements plus importants, mais par un excédent du compte courant. De plus, si la mobilité des capitaux internationaux est limitée, une augmentation de l'épargne intérieure aura tendance à stimuler l'investissement intérieur. Les études sur la corrélation sont d'abord présentées et suivent celles de la causalité.

II-1-Les développements sur la corrélation entre épargne et investissement

La corrélation entre l'épargne et l'investissement a d'abord été présentée comme un critère fondé sur la quantité d'évaluation de la mobilité internationale des capitaux par Feldstein et Horioka (1980). En effet, ils partent de l'hypothèse qu'en situation de parfaite mobilité, les capitaux devraient se déplacer là où le taux de rendement apparaît le plus élevé et qu'en conséquence le taux d'investissement domestique d'un pays devrait être totalement non corrélé avec son taux d'épargne. Dans leur étude en coupe transversale sur des données relatives à 16 des pays membres de l'OCDE entre 1960 et 1974, ils régressent le taux d'investissement sur le taux d'épargne et obtiennent des estimateurs très proches de l'unité pour le coefficient du taux d'épargne. Ils analysent ce résultat comme la preuve d'un faible degré d'intégration financière alors méme que la libre circulation des capitaux était tenue comme acquise dans la plupart de ces pays. Ce résultat signifie en plus que les pays les plus développés ne bénéficient pas de, ou en tous cas ne participent pas à l'intégration internationale, de telle façon que leur épargne nationale contraint leur investissement.

Feldstein (1994) a par la suite montré que même si les obstacles réglementaires ont diminué, les détenteurs de capitaux préfèrent conserver l'épargne dans leur pays d'origine pour se prémunir contre le risque de change et le risque politique, toutes choses égales par ailleurs. L'épargne nationale reste donc dans son pays et l'investissement intérieur s'accroît. L'interprétation que donnent les auteurs de la corrélation en termes de mobilité réduite des capitaux a été contestée en invoquant diverses raisons.

Selon Obsefeld (1986), l'hypothèse proposée par Feldstein et Horioka (1980) ne fonctionne que pour les petites économies ouvertes. Pour une grande économie ouverte comme celle des Etats Unis, l'épargne et l'investissement intérieurs pourraient aller ensemble, même si le marché international des capitaux a parfaitement fonctionné. Cela est d? au fait qu'une grande économie pourrait influer sur le taux d'intérêt réel mondial. Pour un pays suffisamment grand, dans les conditions d'une plus grande intégration des marchés financiers mondiaux, une baisse de l'épargne internationale pourrait conduire à la fois en baisse les taux d'intérêt nationaux et internationaux et évincer les investissements partout dans le monde. Il serait donc erroné de tirer une conclusion qu'une forte corrélation entre épargne et investissement implique une faible mobilité des capitaux.

Tobin (1983) et Murphy (1984) dans le même sens qu'Obsefeld (1986) plaident aussi pour un effet de taille : les variations exogènes de l'épargne dans les grands pays peuvent influer sur le taux d'intérêt mondial et donc l'investissement ; conduisant à une co-circulation de l'épargne et l'investissement. En outre, les grands pays sont en général plus fermés et les chocs régionaux sont plus susceptibles d'être absorbés au plan international.

Summers et al. (1988) ont construit des modèles dans lesquels il y a une parfaite mobilité des capitaux, mais où l'investissement et l'épargne sont corrélés en raison des perturbations qui affectent l'économie, par exemple la croissance démographique et les chocs de productivité.

D'autres analyses s'appuient sur les flux internationaux des capitaux et les politiques économiques qui entrainent une forte corrélation entre l'épargne et l'investissement. Dooley et al. (1987) ; Isaksson (2001) qui expliquent le résultat de forte corrélation par l'aide étrangère tandis que Wong (1990) montre que la taille du secteur des biens non échangeables peut expliquer la corrélation.

Bayoumi (1990), Artis et Bayoumi (1991) et McClure (1994) ont quant à eux montré que la
corrélation positive peut être due au ciblage des comptes courants par le gouvernement. A leur

avis, les gouvernements imposent des contraintes sur les flux transfrontaliers des capitaux lorsque le déficit (ou excédent) du compte courant dépasse un niveau prédéterminé. Les gouvernements peuvent aussi influer sur le compte courant en ajustant le taux d'épargne et d'investissement du secteur public pour compenser l'écart entre l'épargne et l'investissement privé.

Enfin, Miller (1988) en utilisant les données en séries chronologiques pour la période 1946 à 1987, a constaté que dans le cas des Etats Unis que le taux d'épargne et le taux d'investissement sont cointégrés pour les données antérieures à 1971 (période de taux de change fixes), mais pas pour cointégrées pour la période qui suit 1971. Baxter et Crucini (1993) qui constatent que les petits pays de l'OCDE ou les pays en développement présentent une mobilité de capital plus accrue que les grands pays. Mamingi (1997) a estimé la entre l'épargne et l'investissement pour cinquante huit pays en développement et évalué le degré de mobilité du capital dans le sens de Feldstein-Horioka (1980) pour ces pays en développement. Il a constaté que la relation entre épargne et investissement dans les pays à revenu intermédiaire a tendance à être faible à celle des pays à revenu faible.

Levy (1998) quant à lui, a examiné la relation à court terme et à long terme et a trouvé la preuve de la forte corrélation en faveur du long terme et la relation cyclique entre épargneinvestissement. Cette étude a également révélé une forte corrélation entre l'épargne et l'investissement dans la période post-guerre que durant la période de l'avant guerre. Jansen (1998) estime que la corrélation entre l'épargne et l'investissement à long terme est déterminée par un ou plusieurs de ces facteurs : mobilité limitée des capitaux, ciblage du compte courant par le gouvernement, contrainte temporelle inter budgétaire à court terme etc. En outre l'étude montre que la corrélation à court terme semble varier d'un pays à l'autre et est déterminée par les cycles d'affaires spécifiques du pays.

Une autre interprétation des résultats de Feldstein et Horioka s'est imposée récemment avec Corbin (2001). Ce dernier, en utilisant trois différentes procédures d'estimation des données de panel et un groupe de 10 pays de l'OCDE sur la période 1985-1992, confirme dans son étude qu'un coefficient élevé de l'épargne n'est pas dü à la faiblesse de la mobilité des capitaux mais plutôt aux spécificités individuelles des pays en question.

Ang (2009) quant à lui a examiné la dynamique de la relation entre épargne et investissement
intérieurs en Inde au cours de la période 1950-2005 en contrôlant le niveau de libéralisation
financière a l'aide d'un modèle Vectoriel Autorégressif (VAR). Les résultats indiquent qu'une

plus grande libéralisation financière permet de mobiliser davantage de ressources internes pour être acheminées vers les activités d'investissement.

Cependant la plupart de ces travaux ont été menés dans les pays développés et ceux de l'Asie. La majorité des investigations économétriques ont été effectuées avec des modèles de panel et en coupe transversale, ce qui impose une homogénéité transversale sur les coefficients qui, en réalité, peuvent varier en raison des différences de structures institutionnelles, sociales et économiques. En effet, lorsque le panel est considéré dans sa globalité, les hétérogénéités ne sont pas suffisamment bien décrites par les effets fixes et peuvent entrainer un biais d'estimation lorsque celle-ci porte sur la totalité de l'échantillon Jansen (1988) et Jansen (1991). En plus, ces études n'ont pas pris en compte la dynamique de long terme alors que la plupart des variables macroéconomiques sont non stationnaires à niveau Nelson et Ploser (1982). Jansen (1997) affirme que « la cointégration détruit le contenu informatif de l'analyse de Feldstein et Horioka ».

Enfin ces études n'ont pas pu trancher le débat entre le rôle de l'épargne dans la croissance économique car elles n'ont étudié que le sens de la causalité entre épargne et investissement et ne tranche pas le débat sur le rôle de l'épargne.

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