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Etude bibliographique sur les bio-indicateurs et biomarqueurs des effets des perturbations des ecosystèmes par les pesticides

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par Mathias KAYALTO
Institut agronomique et vétérinaire Hassan II du Maroc - Diplome de 3ème cycle d'ingénieur agronome 2011
  

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Chapitre IV. Modèle de surveillance biologique de

l'environnement acridien : l'Abeille comme Bioindication

4.1.Importance des abeilles

L'environnement et l'agriculture sont tributaires de nombreuses et diverses espèces pollinisatrices dont 20 000 espèces d'abeilles dans le monde qui contribuent à la survie et à l'évaluation de plus de 80 % des espèces végétales (AFSSA, 2008). Par ailleurs, la FAO estime que sur 100 espèces végétales qui fournissent 90 % des approvisionnements alimentaires de 146 pays, 71 sont pollinisées par les abeilles principalement par les abeilles sauvages (Napakatbra, 2010). Elles sont connues par les produits de la ruche, du miel, du pollen et de la cire etc. leur rôle d'auxiliaire de l'agriculture (pollinisateurs) est de plus en plus considéré. Les abeilles jouent un rôle de détective privé et révèle des données très pertinentes sur l'environnement. L'abeille domestique (Apis mellifera) de poids moyen d'environ 0,1 gramme vit avec ses congénères en colonie constituée d'une reine, d'ouvrières et des fauxbourdons. Pour satisfaire leur besoin en nourriture, les abeilles butinent pour récolter le nectar et le pollen, tant pour les adultes que pour les larves. Le butinage peut se dérouler sur de larges territoires (4 à 6 km). Grâce à la pollinisation, les abeilles participent grandement au maintien de la diversité des végétaux. Ce qui fait des abeilles des indicateurs très importants de la qualité de l'environnement. Ainsi donc, par leur sensibilité aux insecticides, les abeilles jouent un rôle vital pour les écosystèmes dont l'être humain. C'est pourquoi Albert Einstein déclarait "si l'abeille venait à disparaître il ne resterait que quelques années à vivre pour l'être humain" (Laramée, 2007).

Cela signifierait que si les abeilles disparaissaient cela engendrait la diminution de l'alimentation ; ceci menacerait en outre l'existence de plusieurs espèces animales, de nombreux écosystèmes seraient alors déséquilibrés et l'évolution de l'humain pourrait être éventuellement affectée.

4.2. Effets des pesticides sur les abeilles

Beaucoup de pesticides au moment la lutte antiacridienne peuvent se retrouver dans le pollen et le nectar sources de nourriture des abeilles. Par contre, les abeilles sont souvent victimes d'une utilisation abusive d'un produit chimique ou qu'elles soient affectées par un produit qui ne les ciblait pas. Malheureusement, la population de ces insectes importants peut varier au gré de plusieurs facteurs ; plusieurs études et publications font état du déclin des populations des abeilles. Parmi les principales causes, on note les usages abusifs et intempestifs de pesticides et notamment les insecticides.

Au moment des traitements par pulvérisation, les insecticides peuvent atteindre la cible par plusieurs manières : i) Ils peuvent tomber directement sur l'insecte et traverser le tégument si elles se trouvent dans la zone traitée ou lorsqu'elles marchent sur les résidus du produit déposé sur les végétaux, ii) La contamination peut se faire si les abeilles consomment les aliments contaminés (nectar contaminé) ; iii) Un autre mode insidieux de contamination est à considérer : le transport au nid par les butineuses, des aliments pollués qui vont servir de nourriture pour leurs congénères adultes et larves (RAP, 2008). Les effets peuvent surgir de manière immédiate ou différée : i) L'effet immédiat est observé après quelques heures durant 2 à 4 jours aboutissant très souvent à l'extinction totale de la population (Belzunces et al., 1993). Le symptôme fréquemment observé ; c'est le dépeuplement rapide des nids suite à la mort des adultes ou des larves. Les adultes peuvent aussi mourir à l'entrée du nid ou au sein même de la végétation traitée.. ii) D'autres symptômes peuvent être identifiés suite à des réactions sub-létales qu'on peut obtenir expérimentalement par l'application des doses de moins en moins faibles. Il a été constaté que les traitements aériens ont un effet plus brutal car la possibilité des abeilles d'échapper aux gouttelettes de produit est réduite. La majorité des pesticides est utilisée en traitement des parties aériennes des végétaux par pulvérisation. Certains d'entre peuvent également être utilisés dans le traitement du sol ou des semences. Ces modalités d'emploi ainsi que le comportement des substances et de leurs résidus dans les compartiments de l'environnement conditionnent les modalités (voies et durée) d'exposition des abeilles et autres pollinisateurs. (Maisons-Alfort, 2009).

Depuis les années 1990, dans les pays industrialisés où on pratique l'agriculture intensive, les abeilles disparaissaient mystérieusement. Les ruches étaient vides sans traces des insectes morts à proximité c'est le phénomène qu'on appelait « CCD : syndrome d'effondrement des colonies d'abeilles ». Dans les régions les plus touchées par ce phénomène, le taux de niches abandonnées était de 70% (Fiches Pratiques// automne, 2010). Les études ont montré que le facteur principal de cette disparition est l'utilisation massive des pesticides qui affecteraient la faculté d'orientation des abeilles, les empéchant de retrouver le chemin de la ruche. Ainsi l'agriculture intensive a fragilisé l'équilibre naturel induisant une réaction tout au long de la chaîne. Cette agriculture a besoin de milliards d'abeilles pour la pollinisation, mais les abeilles ne peuvent pas survivre dans un environnement pollué (Fiches pratiques//automne, 2010). Plusieurs témoignages ont rapporté que l'affaiblissement et la mortalité constatée chez les colonies d'abeilles en France ont entrainé une baisse de production du miel dans l'ordre de 22 % entre les années 1995 et 2001. Le taux de mortalité pouvait atteindre 90% voir 100% du cheptel des abeilles lors d'une reprise d'activités en hivers et début printemps. On a souvent rapporté les effets néfastes de deux pesticides (imidaclopride « Gaucho » et Fipronil « Regent Ts) qui troublent le comportement des abeilles (AFSSA, 2008 et 2009).

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9Impact, le film from Onalukusu Luambo on Vimeo.