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Etude bibliographique sur les bio-indicateurs et biomarqueurs des effets des perturbations des ecosystèmes par les pesticides

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par Mathias KAYALTO
Institut agronomique et vétérinaire Hassan II du Maroc - Diplome de 3ème cycle d'ingénieur agronome 2011
  

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4.3. Abeille et bioindication

Plusieurs caractéristiques éthologiques et morphologiques font des abeilles un détecteur écologique fiable et irréprochable. Cela s'explique par le fait que l'abeille prélève ses aliments dans presque tous les secteurs environnementaux (sol, végétation, eau et air) lors des activités de butinage, fournissant ainsi plusieurs indicateurs pour chaque saison.

4.3.1. Modèle d'une surveillance écologique

La bioindication des pesticides avec les abeilles est une technique très importante non seulement pour identifier les risques potentiels de l'empoisonnement des abeilles, mais aussi pour déterminer le degré de la contamination de l'environnement causée par les pesticides. Dans plusieurs cas, la pollution est causée par des applications erronées, abusées ou même illégales des pesticides. La surveillance écologique de l'environnement se base généralement sur des paramètres simples et des valeurs chiffrées disponibles dans des bases de données scientifiques. Plusieurs scientifiques révèlent qu'il y a deux façons principales de détecter la pollution de l'environnement par les abeilles : i) soit par l'analyse du risque qui se traduit par la mortalité des abeilles à la suite du non respect des paramètres techniques des traitements, ii) soit par l'analyse dans le laboratoire de ses produits (miel, pollen et nectar).

En effet, un modèle de surveillance écologique, plus souvent fait intervenir des opérations mathématiques, pour agréger des variables afin de fournir une valeur indicatrice qui renseigne sur le risque que peut engendrer pour un environnement, l'utilisation des insecticides.

4.3.2. Méthodologie adaptée

Notre approche suivie pour construire un indicateur biologique (cas d'abeille) s'inspire des ouvrages, rapports et bases de données disponibles (système de décision pour l'évaluation des effets non intentionnels des produits phytosanitaires sur l'environnement (les abeilles), Fiche ECOBAG , Programme ADEME « Bioindicateurs de qualité des sols », 2009 ; SGS, 2007 ; guide pour l'utilisation des tests écotoxicologiques du GTTE/CIPRL, 2002). Elle est simple et consiste à comparer les données de terrain avec les valeurs de références. Ainsi donc, lors des pulvérisations, on ne peut pas a priori exclure que l'utilisation des produits chimiques ne puisse pas présenter un risque pour plusieurs espèces non-cibles dont les abeilles. C'est pourquoi, il conviendrait d'examiner plus profondément le risque qu'il peut représenter pour les organismes récepteurs biologiques (bioindicateurs) au niveau du terrain.

4.3.3. Evaluation des effets des pesticides sur les abeilles

La surveillance écologique des écosystèmes naturels est fondée sur un ensemble de méthodes d'essais (sur le terrain ou au laboratoire) déjà disponibles dans la littérature scientifiques. Les données référencées aident à comparer les résultats obtenus. Cette comparaison prouvera si les abeilles sont exposées aux insecticides utilisés pendant les opérations de traitement. Le risque peut être évalué en comparant le danger c'est-à-dire des valeurs toxicologiques de référence pour cette espèce, à l'exposition c'est-à-dire à la contamination potentielle de l'espèce (Bolduc, 2003). Une surveillance efficace doit considérer quatre niveaux : i) Etat de santé des écosystèmes : cela concernera : Les observations sur le terrain de risques d'exposition ; ii) la connaissance des propriétés physico-chimiques des insecticides c'est-àdire références bibliographiques de la toxicité (DL50) et la persistance (DT50) des insecticides ; iii) un modèle conceptuel qui prendra en compte les indicateurs écologiques spécifiques aux insecticides donnés, iv) La mesure ou l'appréciation du danger et du degré de l'exposition à travers le taux de mortalité observé suite à l'utilisation sur le terrain ou au laboratoire des doses variées des insecticides. Dans ce cas, on procède à : a) l'évaluation du risque à travers : le danger probable ; l'exposition ; l'indice du risque dont on pourra apprécier le degré de dangerosité à travers cinq classes ;

b) l'élaboration des principes de la gestion du risque encouru par les abeilles dans son environnement par : i) la fixation des seuils du risque (5 classes : 1ère classe : négligeable, 2ème classe : faible, 3ème classe : moyen, 4ème classe : dangereux et 5ème classe : très dangereux) ; ii) la fixation des zones de traitements sans risque (zone tampon ou zone à risque) ; l'apport des mesures réparatrices en cas des intoxications immédiates ou différées. Pour ce faire, il sera nécessaire de considérer certains principes d'identification et de caractérisation du problème qui pourrait surgir lors des traitements et qui pourrait influencer l'état de santé des écosystèmes : i) l'identification de la zone à traiter c'est-à-dire le territoire concerné par le traitement qui regroupe la végétation, l'état phénologique et la période) ; ii) la surveillance environnementale (mortalité et le déclin des populations des abeilles etc.) ; iii) l'analyse au laboratoire du risque en utilisant différentes doses des insecticides ; iv) les plaintes des apiculteurs (signalement des symptômes observés) ; v) les études écotoxicologiques des insecticides ; vi) la vérification des doses recommandées ou dose de repère admise (SGS, 2007). Cela pourra nécessiter des enquêtes au préalable sur les dangers potentiels et sur l'exposition de la population des abeilles. Cette enquête pourra élucider les effets de perturbation et la fixation de seuils de danger (Bolduc, 2003). De façon générale, l'évaluation du risque pour la santé des écosystèmes comprendra quatre étapes principales : i) l'identification du danger (analyse du risque à travers l'exposition) qui permettra de reconnaître et à présenter une situation ou un insecticide pourra comporter un risque pour les abeilles dans leur milieu (voies d'exposition, effets etc.) ; ii) la caractérisation du danger qui servira principalement à définir les doses de l'insecticides pour lesquelles des effets néfastes sur les abeilles sont susceptibles de se manifester ; iii) l'estimation de l'exposition nous permettra de calculer les doses auxquelles les abeilles sont exposées en raison de la contamination en tenant compte des différentes voies de pénétration de l'insecticide dans l'organisme de l'insecte ; iv) l'indicateur de risque permet d'estimer quant à lui le seuil du risque et son incertitude en mettant en relation les informations sur les caractéristiques toxicologiques ou écotoxicologiques de l'insecticide et les doses d'exposition.

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