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Savoirs et savoir- faire locaux face aux politiques agraires: diagnostic d'un système agraire dans un village Khamou ou du Nord Laos

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par Pierre- Yves Heurtier
Université Aix-Marseille 1 - Master 2 anthropologie sociale et culturelle 2006
  

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4.3.12. Les récoltes :

La récolte de paddy se fait en septembre, en règles générales, 90 jours après avoir semé, c'est à dire après les trois mois de la saison des pluies. Elle dure 10 à 15 jours et demande 3 à 5 travailleurs par jours. Pour ce travail, il n'y a que des hommes salariés. Ni les femmes ni les enfants n'y participent.

Généralement la récolte est mure et prête à être ramassée sauf si les aléas climatiques et les prédateurs en ont décidés autrement. Les animaux sauvages et domestiques mangent et piétinent parfois les récoltes si les clôtures sont défectueuses. Il peut s'agir de buffles, des cochons forestiers ou des insectes.

Les récoltes de paddy ou de riz pluvial équivalent généralement à 650 kg pour un semis en association avec le maïs et des légumes ou 1300 kg pour un essart totalement voué au paddy.

Les meilleurs outils pour la récolte sont de petits couteaux de 30 à 40 cm de long fabriqués par les villageois, des paniers en bambous de 40 cm de diamètre sur 60 cm de hauteur.

Les couteaux coûtent entre 10.000 kips et 15.000 kips pièce pour approximativement 5 années d'utilisation et les paniers coûtent entre 3000 et 5000 kips pour 20 à 30 jours d'usages.

Les récoltes sont placées dans des greniers familiaux à l'extérieur des foyers pour éviter la propagation d'incendies potentiels.

La comparaison des performances des systèmes de cultures explique l'intérêt des paysans pour la riziculture inondée, plus intéressante que la culture en essart-jardin de maïs, elle même plus intéressante que la riziculture d'abattis-brûlis sur friche forestière jeune ou sur savane. La recherche d'une sécurité alimentaire est l'élément primordiale pour les paysans. Produire assez de rendements pour l'année qui suit est plus important que de conserver des pans de forêts

inexploités et donc moins rentables.

Le niveau de performance dépend néanmoins des moyens de production dont disposent les paysans. Une plus grande sécurité alimentaire nécessite l'accès à la traction attelée ou au motoculteur et un investissement plus important dans l'aménagement des rizières irriguées.

4.3.13. La friche171 :

La friche nécessite que le paysan s'en occupe pour qu'elle redevienne arbustive et fertilise la terre172. Les villageois doivent construire des barrières de protections contre les animaux qui viendraient manger les jeunes pousses arbustives. Une fois ces pousses devenues arbrisseaux et ayant atteins une taille supérieure aux herbes, les paysans amènent les cochons et bovins paître les herbes et déféquer dans la friche pour qu'ils apportent leurs contributions à la fertilisation. Les arbrisseaux sont alors au-dessus des herbes qui ne leurs feront plus ombrage pour se développer.

La friche de longue durée permet aussi de limiter le stock de graines en dormance dans les sols lors de la défriche et ainsi de limiter l'invasion des adventices173.

Selon la famille de Thon, la friche la plus ancienne du village serait de 15 ans et la moyenne des friches familiales d'essarts pluviaux seraient de 4 à 5 ans, avec des troncs aux diamètres de 8 à 10 cm, malgré les tentatives des responsables agroforestiers de les réduire à 3 - 4 ans.

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"Enrichissons-nous de nos différences mutuelles "   Paul Valery