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Peuples autochtones et droit au développement au Cameroun. Cas des pygmées Baka de l'est

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par Marielle KOLOKOSSO
Université catholique d'Afrique Centrale Yaoundé - Master en droits de l'homme et action humanitaire 2010
  

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B- Les activités génératrices de revenus

Les activités pratiquées par la population Baka de la zone d'étude sont dominées par la chasse pratiquée par 94,1% des personnes, la cueillette 91,6%, la pêche 89,7%, l'agriculture 89,2%, le petit élevage 42,9% et l'artisanat 3,4%72(*). Toutefois l'activité principale qui permet de gagner de l'argent est l'agriculture.

Avec l'appui du CADDAP et des experts du MINADER, les baka ont reçu des des formations en techniques agricoles, leur permettant de se livrer de leur propre initiative à l'agriculture. De plus, des GIC ont été créés, comprenant un comité de gestion constitué des membres de la communauté baka. Dans le village de Missoumé, le GIC AFEME est très actif. Les baka disposent d'un champ communautaire qu'ils exploitent en y cultivant des produits tels que le maïs, la banane-plantain, et l'arachide. Mais, la présence du champ communautaire ne dispense pas les membres du GIC d'avoir leurs propres plantations. C'est d'ailleurs une des conditions d'adhésion au GIC. Leur pratique de l'agriculture est satisfaisante, mais ils ont de sérieux problèmes pour écouler les produits. Ils sont obligés pour la plupart de se rendre à Abong Mbang à moto dans l'espoir d'écouler la marchandise.

Aux côtés de l'exploitation agricole, ils pratiquent aussi l'élevage et particulièrement l'élevage des poulets. Le CADDAP reste étranger dans la gestion des activités du GIC, mais celui-ci est tenu de rendre tout de même compte au cours de rencontres appelés « réunion de mise à niveau ». C'est au cours de ces réunions que les conseils sont donnés par les experts pour améliorer la rentabilité et la gestion du GIC au sein du village. Lors du dernier bilan, le GIC contenait dans ses caisses déjà plus d'un million de francs CFA. Cet argent est conservé dans la caisse communautaire et sert non seulement à alimenter l'achat du nouveau stock de production (poussins, engrais, graines), mais aussi à alimenter la mutuelle de santé et la boutique communautaire. Cette dernière a été construite par une ONG dans le but de fournir aux baka de Missoumé des produits de première nécessité, leur évitant ainsi la pénible tâche de se rendre en ville pour se ravitailler.

Pour ce qui est de la cueillette et du ramassage, c'est une activité féminine qui permet de ravitailler les bakas en ignames sauvages, mangues sauvages (fruits et amandes), champignons, feuilles d'emballage de bâtons de manioc, poteaux et nattes de raphia pour construire, et en chenilles, escargots, et bois de chauffe. Les hommes pratiquent la cueillette de miel. Les produits sont saisonniers et la non maîtrise de la production soumet les baka à la «grâce de la nature». En cas d'abondance, ils éprouvent beaucoup de difficultés de conservation et de transformation des produits de la cueillette et du ramassage qui constituent un complément dans l'occupation des Baka. La domestication de certaines cultures et l'apiculture constituent des opportunités certaines pour les Baka.

Concernant la chasse, elle est une activité liée à l'existence de la forêt et réservée surtout aux hommes. Les produits de la chasse permettent les échanges contre les vivres, l'alcool, une partie est vendue contre espèces. Mais, du fait des restrictions réglementaires et de l'adoption d'autres systèmes de production, cette activité connait des freins et n'est plus pratiquée comme le faisaient les ancêtres baka.

Le domaine économique des baka tel qu'on le constate, a connu des changements importants. Ils se sont tournés vers de nouvelles stratégies de production et d'acquisition de revenus. Il en est de même sur le plan social, où les baka ont adopté de nouveaux modes de vie au nom de l'amélioration des conditions de vie et de la lutte contre la pauvreté. Il convient de relever que ces changements émanent de l'action des ONG et des missionnaires. L'Etat camerounais n'a mis en place aucune politique permettant le développement des pygmées baka de l'Est Cameroun. Il se contente de poser des actions ponctuelles telles que la remise de dons et de matériel agricole aux pygmées baka lors du 9 août 2009 à l'occasion de la JIPAII73(*).

Mais le droit au développement ne se limitant pas à ce domaine, il est nécessaire de se pencher sur la prise en compte de la dignité humaine des baka et sur l'impact des actions d'amélioration de leurs conditions de vie.

* 72 Données tirées du Rapport sur le Développement intégré des minorités Socio démographique Pygmées et Bororos au Cameroun : le cas des Baka de l'Est, du Ministère de la recherche scientifique et de l'Innovation, 2009, inédit,

* 73 Deuxième édition de la Journée Internationale des Peuples autochtones

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9Impact, le film from Onalukusu Luambo on Vimeo.