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Peuples autochtones et droit au développement au Cameroun. Cas des pygmées Baka de l'est

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par Marielle KOLOKOSSO
Université catholique d'Afrique Centrale Yaoundé - Master en droits de l'homme et action humanitaire 2010
  

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II. Les conséquences des actions de développement sur les pygmées baka

Telles que menées au Cameroun, les actions de développement ont plusieurs conséquences sur les pygmées baka, mais il convient d'en relever deux plus importantes permettant de percevoir l'impact de ces actions. Il s'agit de la dépendance vis-à-vis des donateurs (A) et l'acculturation (B).

A- La dépendance vis à vis des donateurs

Les pygmées baka de Missoumé et de l'Est Cameroun en général, bénéficient de financements importants émanant des bailleurs de fonds divers, nationaux et internationaux tels que les ONG, les organismes d'appui au développement et des Eglises, les catholiques notamment. Cela permet la mise en oeuvre de nombreux projets dont ils sont les bénéficiaires directs, dans le but d'améliorer leurs conditions de vie. Mais, en ce qui concerne cette aide, le revers de la médaille est que les baka deviennent dépendants de ces apports financiers ou en nature. Malgré les efforts qui sont faits pour les rendre plus autonomes, les baka eux-mêmes se rabaissent et se sous-estiment. Cette attitude paternaliste de la part des donateurs est une manière de leur nier la capacité de prendre en main leur propre destin. Ils n'ont à aucun moment intégré qu'il leur revient de se prendre en charge pour obtenir ce qu'ils désirent. Les donateurs se substituent le plus souvent à eux dans la recherche d'une satisfaction aux besoins. Ainsi, ils ont été habitués à tendre la main et à recevoir, sans que soient fournis d'efforts particuliers. C'est pour cette raison que l'on observe une réelle paresse au sein des villages baka. Ils désirent obtenir de l'argent facilement, sans efforts considérables tant sur leur force physique que sur la durée. Les baka négligent par exemple des palmeraies qui s'étendent sur des hectares importants, car ils estiment qu'elles sont pénibles à entretenir et ne rapportent pas de l'argent de manière immédiate.

En dehors de la paresse causée par la dépendance, l'on observe que de par toute cette aide reçue, l'on arrive à les maintenir dans une nouvelle forme de pauvreté, en voulant lutter contre la pauvreté. En effet, certains projets s'étendent sur une longue période et sont durables, à l'instar de la création d'un centre de santé, d'une école. Or, une pompe tombe en panne, le bâti en béton des margelles d'un puits se détériore, les outils agricoles s'abiment, et les populations n'ont pas souvent les compétences et les moyens de pouvoir réparer ces dommages. Cela les pousse à retourner à la situation de départ, qui les poussait par exemple à consommer de l'eau non potable. L'abandon de l'habitat de forêt les contraint à vivre dans une insalubrité permanente, ce qui amène à penser que les interventions qui sont faites aggravent leur situation de pauvreté, en la remplaçant par une autre encore plus néfaste.

Cette pauvreté nouvelle qui s'impose aux baka est causée par le fait que les acteurs du développement se contentent de plaquer sur eux les modèles de développement qu'ils ont observés ailleurs et qui le plus souvent, sont propres à améliorer les conditions de vie du groupe majoritaire. Pourtant, les baka ne peuvent pas se développer de la même façon que les bantous. Les programmes qui ont été définis et présentés ci haut n'apparaissent pas être des solutions plausibles aux attentes des baka du fait de l'inadaptation des méthodes utilisées. C'est pour cette raison que, malgré les nombreuses initiatives et l'importance des moyens qui ont été déployés, les acteurs du développement ne semblent pas atteindre leurs objectifs d'amélioration des conditions de vie et de lutte contre la pauvreté. Les baka demeurent malgré les nombreuses années durant lesquels les actions sont menées, plus que jamais vulnérables, car, ils assistent sans le vouloir à leur acculturation progressive.

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