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Usage des symboles dans Syngué Sabour Pierre de Patience d'Atiq Rahimi

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par Nadia Fatima Zohra SATAL épouse CHERGUI
Université Abdelhamid Benbadis Mostaganem - Algérie - Magistère, option sciences des textes littéraires 2011
  

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CHAPITRE II : LECTURE SYMBOLIQUE DU ROMAN

1- Attention un mot peut en cacher un autre !

1-1- Enclenchement du processus interprétatif

1-2- Les Indices textuels

1-2-1- Indices syntagmatiques

1-2-2- Indices paradigmatiques

2- Symboles et société : vers une interprétation socio-symbolique du roman

2-1- La sociocritique

2-2- Lecture de la socialité et symboles

2-2-1- Sociogramme de l'oppression

2-2-2- Sociogramme de la guerre

2-2-3- Médiations entre réalité et fiction

2-2-4- Sociogramme du conflit : le silence

Suite à une partie quasi-théorique du sujet, nous souhaiterions à présent procéder à une analyse directe de notre corpus, ce deuxième chapitre consistera donc, en une partie pratique de notre projet. Nous y étudierons dans un premier temps, l'enclenchement du processus d'interprétation et les motivations de la décision d'adopter une stratégie interprétative dans une lecture. Dans un deuxième temps, nous progresserons vers une interprétation proprement dite des symboles que nous aurons au préalable relevés, nous y étalerons d'abord, la méthodologie à suivre et y présenterons les différents outils opératoires à employer, suite à quoi, nous passerons à l'application des outils théoriques sur notre corpus.

1- ATTENTION UN MOT PEUT EN CACHER UN AUTRE !

Appartient-il au texte de se révéler aux lecteurs ? Ou leur revient-il d'aller à la recherche de son sens et de sa signifiance ?

Il semblerait que ces deux actions soient valables dans les deux directions et que l'une proclame indéniablement l'autre : Le texte propose et met en évidence ses clés et le lecteur s'y soumet au profit d'une quête du sens originel.

Sous peine de passer à côté du vrai sens, le lecteur serait dans le devoir de suivre les mises en évidence qu'offre le texte, des mises en évidence, à partir desquelles, il se forgerait au fur et à mesure de sa lecture une plus nette signifiance.

La présente partie de notre étude aura pour objet de clarifier les moyens par lesquels le texte se soumet à la compréhension et les marques auxquelles le lecteur devrait s'en tenir pour lui attribuer un sens, des marques qui lui serviront à déceler l'implicite du texte.

1-1- L'ENCLENCHEMENT DU PROCESSUS INTERPRÉTATIF

Supposer une lecture symbolique à une oeuvre ne peut s'effectuer dès un premier moment car ce niveau de lecture relève de la relecture ou de ce qu'appelle Althusser la lecture symptomâle57(*) ; ce qui signifie une lecture dont l'objectif est de capter les symptômes de ce qu'une première lecture n'aurait laissés paraitre. Ainsi, la deuxième lecture du texte permettra de percevoir ce que les mots cachent dans un premier abord et de leur attribuer une éventuelle proportion symbolique. Todorov aborde le sujet dans Théorie du symbole, en expliquant la définition que donne Goethe au symbole, il écrit : « Dans le cas du symbole, il y a comme une surprise due à une illusion : On croyait que la chose était là simplement pour elle-même ; puis on découvre qu'elle a aussi un sens (secondaire).»58(*) Cette expérience vécue par le lecteur est le résultat du caractère obscur et indirect du symbole, ce dernier ne pouvant atteindre son sens plus ou moins complet que dans une seconde approche, car dans un premier moment, un lecteur n'a aucun soupçon quant à la présence d'un terme ou d'une expression dans le texte ; ce n'est qu'en le redécouvrant qu'ils se révèlent à lui quelques traits sous-jacents qui lui avaient échappé auparavant. La seconde lecture devient par conséquent un moment de révélation où l'acte de lire ne consiste plus à découvrir ce que disent les mots mais à découvrir ce qu'ils ne disent pas clairement.

Gilbert Durand qualifie ce moment de révélation du symbole d'apparition, si précisément cette notion est introduite c'est qu'au préalable il y avait de la non-apparition, c'est-à-dire que ce phénomène est une suite logique à une non-perception immédiate, sa perception intégrale recoure à l'effort visant la recherche du sens ; Durand écrit : « Le symbole est, [...] par la nature même du signifié inaccessible, épiphanie, c'est-à-dire apparition, par et dans le signifiant de l'indicible.» 59(*) Ceci rend compte de la nécessité d'une deuxième tentative de lecture qui à travers le repérage d'un symbole et plus précisément le symbolisant (signifiant de l'indicible) pourrait apporter de nouvelles informations quant aux sens cachés des mots soit le ou les symbolisés (signifié inaccessible).

Consentir à une lecture symbolique du texte ne pourrait-être effectué que si nous admettions au préalable le caractère symbolique de certains éléments du texte. Mais à partir de quel moment pourrions-nous enregistrer un terme ou une expression quelconque dans le champ des symboles ? Quel élément enclenche-t-il cette éventualité de lecture ? D'où émerge ce sentiment de devoir chercher autre chose que le sens littéral d'un mot ? Qu'est-ce qui amorce cette opération et qu'est-ce qui la provoque ? Le suivant propos de Todorov propose une réponse à ces questions : « Un texte ou un discours devient symbolique à partir du moment où, par un travail d'interprétation, nous lui découvrons un sens indirect60(*)De là, nous pourrons avancer qu'un lecteur peut prétendre à une lecture symbolique d'un écrit dès qu'il aura décelé ou soupçonné un sens non dévoilé explicitement dans le texte. Un facteur primordial agit sur cette décision de se livrer à ce type de lecture : La pertinence.

Cette pertinence (qui s'avèrera par la suite comme étant de la non-pertinence) est celle relative aux indices textuels que comprend le texte. Ces indices, dits textuels sont tous les éléments du texte desquels, le lecteur ne comprend pas l'utilité, tout ce qui ne devrait pas être-là, mais qui y est pour une raison ou pour une autre. C'est la quête visant à expliquer leur présence qui pourrait définir leur fond symbolique.

* 57 Cité dans Le dit et le non-dit à propos de l'Algérie et de l'Algérien chez Albert Camus, ouvrage ayant constitué l'objet de soutenance de D.E.A à l'université d'Alger en 1981 par Tayeb Bougherra. Office des Publications Universitaires. Alger, 1989, p.15.

* 58 Todorov, Tzevetan, (1977), op.cit. p. 238.

* 59 Durand, Gilbert, op. cit., p. 12.

* 60 Todorov, Tzevetan, (1978), op. cit., p. 9.

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