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La conception cartésienne de léhomme selon René Descartes


par Placide IPAN MOLOUASHUNI
Institut supérieur de philosophie Saint-Joseph MUKASA Yaoundé Cameroun - Baccalauréat 2011
  

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II. 4. EXISTENTIALISME CARTESIEN

La question de l'homme est au coeur du mouvement philosophique du XVIIème siècle dont Descartes fut la figure emblématique. C'est une philosophie qui essaie de se passer radicalement de l'hypothèse de Dieu, et qui affirme un immanentisme fondamental ou la supériorité de la raison.

L'existentialisme est un : «  terme (qui) rassemble toutes les « philosophies de l'existence » qui, mettant l'accent sur l'expérience humaine vécue par les individus, sont par là même d'une grande diversité »60(*). Ce terme existentialisme s'applique clairement à son inventeur, Jean Paul Sartre et à ses disciples. Il implique une systématisation qui est paradoxale quand il s'agit de l'existence. SARTRE utilise le vocabulaire de HUSSERL, de HEIDEGGER, mais aussi de HEGEL et de DESCARTES pour décrire un homme qui n'a ni nature, ni essence et pour qui, selon une formule célèbre, « l'existence précède l'essence [...] l'homme n'est rien d'autre que son projet, il n'existe que dans la mesure où il se réalise, il n'est rien que l'ensemble de ses actes, rien d'autre que sa vie »61(*). En ceci, l'existentialisme dans sa version sartrienne, est une philosophie de la liberté absolue sans Dieu, une philosophie de l'action et de l'engagement, c'est-à-dire que, l'existentialisme sartrien ramène tout à l'être humain, le rendant absolument responsable de son sort, et l'homme qui est acculé à l'action, doit s'engager dans son existence pour prendre en main le cours de sa vie. C'est un existentialisme athée qui a pour point de départ la conviction que Dieu n'existe pas. Ne peut-on pas dire que sans le vouloir la conception de l'homme chez Descartes a quelque chose de semblable ?

L'existentialisme de Descartes commence avec son affirmation célèbre : « je pense donc je suis » ou le « cogito » dont Roger LEFEVRE dira à propos que :

«  Le sens de l'existence, c'est de découvrir à la fois ce qu'elle est et ce qu'elle fait, sa nature et sa visée. L'existentialisme proclamé, ce n'est pas son moindre mérite que pour un être agissant, le but fait partie de la vie : l'orientation s'incorpore à la signification. Sans doute est-il excessif de professer que Descartes a « révélé la pensée ». Mais son cogito le désigne, plus rigoureusement que Socrate (dont, commet Kierkegaard, il s'inspire), pour être le chef de file de la pensée subjective. Explorant son «  intérieur », transportant dans sa doctrine le poids de son intimité, il n'établit pas seulement le statut du sujet pensent, il analyse son destin : ce que montre excellemment le lieu de la personnalité et de la temporalité»62(*).

Chez Descartes, la promotion du sujet qui est « je » apparaît inséparable de la connaissance de l'objet. Et Roger LEFEVRE ajoutera: « la pensée, c'est le sujet déterminant les objets qui conditionnent sa conduite »63(*). Il s'agit donc chez Descartes d'un existentialisme pur qui valorise avant tout le sujet. Cet effet, que le sujet qui est « je » qui pense est un acte de penser qui doit révéler la pensée en acte et la saisie existentielle. Et Roger LEFEVRE réaffirmera que : «  le sujet est le premier principe, parce que l'expérience du doute, forcée par le malin génie, certifie sa primauté. Mieux que toute façon, de penser, l'acte de douter révèle la position du sujet dans la négation de l'objet, car il relève d'un pouvoir qui relève d'une existence »64(*). Que Descartes pour Roger LEFEVRE, prône la primauté du sujet qui pense par rapport à l'objet qui doit être pensé.

Mais, contrairement au matérialiste Hobbes, Descartes, dans son existentialisme, veut prouver que : « la chose qui pense est capable de se connaître, et qu'elle ne peut se connaître sans se distinguer du corps »65(*). Et c'est en partant de cette conception existentialiste que Descartes pose son anthropologie, va réajuster ou réaffirmer que la pensée qui est le propre de l'âme est supérieure au corps qui est simplement étendu et la vraie connaissance est la connaissance intellectuelle et Descartes cité par Paul FOULQUIE dira : « l'entendement seul peut donc nous faire connaître la nature et même l'existence des choses. Il n'y a qu'une connaissance qui donne lumière et certitude. La connaissance intellectuelle »66(*).

Cependant, à l'inverse de l'existentialisme sartrien, nous pouvons dire que l'existentialisme de Descartes affirme que Dieu existe avec cette différence que l'homme mieux la raison au centre de tout, « Cogito ergo sum ».

En résumé, dans cette partie, nous avons essayé de montrer ce que Descartes a pu constater comme désordre dans les sciences de son époque. Pour y arriver, il part du doute méthodique qui est un jugement posé sur un objet ou une chose à connaître puis, qu'il s'agit aux yeux de Descartes d'un point de départ de la connaissance vraie. Ensuite, nous avons montré la nette distinction qu'il y a entre le doute cartésien et le doute des sceptiques. De cette démonstration, Descartes affirme le rôle du cogito qui est une pensée et non seulement une simple suspension du jugement. Cette pensée ou le cogito met tout en doute et cherche une connaissance qui soit vraie et certaine. En plus, nous avons parlé de l'existentialisme cartésien qui est une affirmation du cogito car dans la pensée cartésienne tout part du cogito ergo sum qui est une affirmation authentique du moi qui pense. Ce moi qui pense, est un sujet concret, visible qui veut toujours affirmer son existence. C'est cela que Descartes va apporter comme nouveauté par rapport à la philosophie médiévale qui affirmait jusque là, la primauté de Dieu au point que Jacques Maritain a pu dire : « Descartes a séparé la philosophie de toute sagesse supérieure, de tout ce qui dans l'homme vient de plus haut que l'homme »67(*). En ceci, nous pouvons penser comme Jacques MARITAIN que Descartes avait bien rempli le rôle d'un philosophe dans la cité car en effet,

« le philosophe dans la cité témoigne de la dignité suprême de la pensée, il montre ce qui en l'homme est éternel, il stimule notre soif de pure connaissance, de connaissance désintéressée, de connaissance de ces réalités fondamentales-concernant la nature des choses, la nature de l'esprit, l'homme lui-même, Dieu qui sont au-dessus et indépendantes de tout ce que nous pouvons faire, produire ou créer- et auxquelles toute notre activité pratique est suspendue, parce que nous pensons avant d'agir et que rien ne peut limiter le champs de la pensée »68(*).

En substance, c'est l'ère de la philosophie moderne. Car c'est de ce « cogito ergo sum » ou du moi pensant qu'on arrivera à plusieurs révolutions scientifiques.

* 60 Ibidem, p.184.

* 61 Jean Paul SARTRES, l'être et le néant, Essai d'ontologie phénoménologique, Ed. Gallimard, Paris, 1943, p. 23.

* 62 Roger LEFEVRE op.cit, p.p.30-31

* 63 Ibidem, p.10.

* 64 Ibidem, p.31.

* 65 Ibidem, p.33.

* 66 Paul FOULQUIE, op.cit, p.75.

* 67 Jacques MARITAIN, op.cit, p.27.

* 68 Ibidem, p.p. 12-13.

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